DES GREFFES
Fig. 21.
Fig. 22.
culture et de naturalisation.
Les greffes en couronne ( fig.
22), qui font en quelque sorte ie passage entre les greffes en écusson et les greffes en fente, n'étant employées avec un avantage particulier que pour de vieux troncs, ne sont pas utilisées dans les pépinières. — Elles peuvent l'être dans les champs pour transformer promptement en arbres à bon fruit des sauvageons de peu de valeur.
Les greffes en flûte conviennent de préférence a tous les arbres à écorce épaisse et à moelle abondante.— On les emploie dans les pépinières et les campagnes pour le châtaignier, le noyer, les figuiers et les mûriers.
La greffe Jefferson {fig. 23), sans couper la tête du sujet et à œil dormant, consiste à remplacer un anneau d'écorce enlevé sur le sujet, par un autre anneau parfaitement d'égale dimension, pris sur l'arbre qu'on veut propager, et muni au moins d'un œil.
La greffe sifflet {fig. 24), avec suppression de la télé du sujet et à œil poussant, diffère principalement de la précédente en ce que l'anneau de remplacement n'est pas fendu longiiudinalement.
La greffe de Faune {fig. 25), au moyen de
Fjg. 25.
AGRICULTURE
lanières d'écorce qu'on a laissées sur le sujet et qu'on relève après l'opération , de manière toutefois à ne pas couvrir les yeux de la greffe, offre quelques chances de succès de plus.
§ III. — Choix des sujets.
Le choix des sujets est d'une grande importance. Non seulement il doit exister entre eux et les greffes une analogie naturelle aussi complète que possible, et celte analogie, si Ion veut opérer sur des arbres iorestiers surtout, doit s'étendre à l'élévation, à la grosseur, aux époques de la végétation, au mode de développement, à la durée même de l'existence; mais il faut encore avoir égard à la propriété particulière à chaque espèce de croître dans tel ou tel terrain, à telle ou telle latitude, telle ou telle position, etc., etc. I| faut rejeter rigoureusement tous les individus mal constitués, et ne faire usage que lorsqu'on y est forcé de ceux qui ne proviennent pas de semis.
Les greffes herbacées réussissent particulièrement sur les conifères, qui offrent entre eux, par le nombre de leurs feuilles, le plus de ressemblance : — Le laricio, le weymouth reprennent à merveille sur le pin sylvestre d'Ecosse; — le pin à pignon, sur le pin maritime;— le cimbro, sur le pin du lord; — les sapinettes, sur l'épicéa, — les giléads, sur le sapin argenté , etc., etc.
L'amandier se greffe sur lui-même ; — le pêcher, sur amandier et sur prunier, particulièrement sur le damas noir et le saint-julien; — l'abricotier et le prunier, sur ces deux dernières espèces et sur la ceriselte; — le cerisier, sur franc, c'est-à-dire sur des sujets venus de semence, quand on veut qu'il s'élève ; sur griottier pour obtenir des arbres d'une moyenne croissance, et sur mahaleb si l'on désire qu'il forme des basses tiges.
Le poirier se greffe aussi sur franc ou sur cognassier. Dans le premier cas il s'élève davantage, vit plus vieux , mais se met moins promptement à fruit; dans le second cas, c'est le contraire. — Le pommier sur franc est aussi plus vigoureux et moins précoce; sur cloucin , il prend un développement moyen; sur paradis, il reste nain.
Le figuier, l'olivier, l'oranger, ne réussissent que sur eux-mêmes.
§ IV. — Choix des greffes.
Les personnes qui greffent annuellement beaucoup d'arbres fruitiers ont dès longtemps fait la remarque que le choix de la greffe influe, généralement au moins, d'une manière bien positive sur son développement ultérieur; — elles savent que les scions ou les gemmes séparés de branches faibles donnent des pousses moins belles que ceux qu'on prend sur des branches mieux développées ; — que cerlains arbres cultivés en espaliers forment difficilement une tige droite pour pyramide, si l'on choisit les greffes sur les branches basses ou inclinées de l'espalier, tandis que si on les détache de ra* meaux qui s'élèvent perpendiculairement au sol , à la sommité des plein-vents, on obtient presqu'à coup sûr un effet contraire ; — que