‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 90 sur 369 · OEUVRÉ · texte numérisé non relu

OEUVRÉ

de longueur et 24 à 30 pouces (65 à 71 cent.) de diamètre. Les matreaux ont depuis 40 jusqu'à 70 pieds (14 à 23 mètr.) de longueur, et seulement depuis 15 jusqu'à 22 et 24 pouces (40, 60, 65 cent.) de diamètre. Toutes les autres pièces moins considérables sont des espars. La longueur et le diamètre des vergues qui servent à étendre les voiles varient suivant la grandeur de ces dernières.

Les constructions maritimes exigent des bois de dimensions et de formes variées, qu'il est important de connaître. Nous allons donner celles des principales pièces qui entrent dans la construction d'un vaisseau, en prenant pour guide l'ouvrage de M. Herbin de Halle, intitulé : Des bois propres aux arsenaux, et en les classant sous quatre formes principales.

Dans ce tableau la lre colonne contient la longueur en mètres et centimètres de la pièce, la 2e la largeur, et la 3e la hauteur ou épaisseur également en centimètres. Le chiffre placé après le nom désigne les espèces :

1° Bois droits. Ces bois servent à former les pièces suivantes.

Quitte ire (fig. 14a A.)

Etambot ire (fig. 146 A ). . . .

Chouquet 3e (fig. i 55 A). . . .

Mèche de gouvernail ire (fig. i 5 7 A) Bille (fig. i58 A)

long.

larg.

épais,'

P lançon ire (fig. i59 A).

— oe (fig. .62 A) .

Pre'ceinte ire (fig. 161 A)

Bois droit 4e (fig. 148 B),

long.

larg. 1

pais.

2° Bois courbans , ou bois légèrement courbes, et à courbures simples et régulières.

Elrave ire (fig. i44 A)

Contre-étrave ire (fig. I45A).. . . Alonge iTe (fig. i5î A)

— ae (fig. i43 B)

Lisse ou barre de hourdi ire(fig. 149 A). Genou* de porque et de fond (fig. 147 B,

Bout d'alonge 4e (fig. 147 C ). . . . Seps d'écoute de hune 3° (fig. i5oA). . Seps de drisse 3e (fig. i56 A) . .

Varangue de fond et de porque ire (fig.

Varangue de fond (fig. 1 5 1 A) . » •

Varangues accule'es de fond et de porque

>re(&r- '*' b)

— ae (fig. i56 C, iG2 B). . .

Baude tillac ir« (fig. i53 A). . . .

— de pont ire (fig. i55 B). . . .

Demi-bau ire (fig. i54A). . . . •

Alonge d'e'cubier ire (fig, i5a C). . .

Guirlande iie (fig. i56 B)

Pièce de tour ire (fig. 160 A) . .

Barot de gaillard 2e (fig. 163 A). . . — de dunette 3e (fig. i6< A). . . Bois de tors 4e (fig. 145 C, 1 53 B) . .. Bois de chaloupe 5e (fig. i5i C, i53 C).

Fig. 148.

134 AGRICULT. FORESTIERE : PRODUITS DIVERS DES BOIS ET FORÊTS, liv. v. 3° Boisa double courbure et en forme de S.

Alonges de revers 3e (fig. i 43 C). . . I 4,22

— de cornière ire (fig. 148 A) . . 7,14

Cornière ou estein ire (fig. 147 A).. . } 5,20

Genoux de revers 2e (fig. 149 B). .

- i"(fig. .61 B)..

Fig. 154.

4° Bois courbes, ou bois de fortes dimensions à 2 branches, courbés en arc, qu'on peut

diviser en 3 espèces.

a. Bois formant un angle obtus.

Courbe detillac ire (fig. 149, C) .

— de jotereau ire ( fig. 159 B).

— d'arcasse ire (fig. 145 B) .

Brion ou ringeot ire (fig. 1 43 A).

Bossoir ire (fig. i5î B) . . .

b. Bois formant un angle droit ou à peu près.

Courbe de gaillarde 3e (fig. 142 B, 164B.M 2,92 1 43 — de chambre 3e (fig. 1 54 B. 164 C.| 2,27 1 22

43 I Courbe d'ëtambot ire (fig. i$7 B 16 5). 16 | — de pont kre (fig. i59 B) . . .

c. Bois formant un angle aigu, ou ressemblant à un Y.

Courbe de capucine ire (fig. 1 44 B).

Fourcat ire (fig. 146 B, 160 B ).

Fig. 160.

Fourcat 2e (fig. i63 B) I 3,25 | V

Les bois droits sont l'ouvrage de la nature; les soins de l'homme doivent se borner à écarter autant que possible les obstacles qui peuvent s'opposer à la croissance verticale des arbres. Parmi ces obstacles on range l'action des vents, les dommages causés par les hommes, les animaux sauvages ou domestiques, les insectes, le voisinage des autres arbres, etc.

Les bois courbes sont le produit de la nature ou de l'art. Les bois des arbres propres à fournir naturellement des courbes se trouvent particulièrement sur les lisières des forêts, dans les bois mal peuplés, dans les bordures, les haies, et partout où les arbres sont isolés, parce que, dans ces positions, ils poussent beaucoup de branches, s'inclinent du côté des terrains découverts pour y jouir de l'air et de la lumière, se courbent par la charge des neiges et sous l'action des vents. Parmi les arbres dont les bois sont courbés naturellement, on n'en rencontre qu'un petit nombre qui soient sans défauts et propres aux constructions navales. Cette disette a fait rechercher les moyens d'y suppléer par des moyens artificiels, et, dans ce but, on a es-

sayé un grand nombre de procédés. Mon-

TEATH, BUFFON, DUHAMEL, HASSENFRATZ, DlJ-

bois de Chemant, Becker et beaucoup d'autres ont proposé des moyens plus ou moins ingénieux pour donner artificiellement aux arbres la courbure qui les rend si précieux dans les chantiers de construction. Toutes les méthodes qu'ils ont proposées, si on était curieux de les connaître, sont exposées avec détail à l'article Marine du tome II du Dictionnaire des eaux et forêts de Baudrillart, auquel nous renvoyons. Aujourd'hui, elles ont moins d'intérêt depuis qu'on a établi dans plusieurs de nos chantiers de construction des appareils propres à courber les bois et à leur donner les formes requises par des moyens mécaniques, aidés de l'action de la vapeur d'eau bouillante.

Les bois de chêne, pour le service des arsenaux de la marine, se vendent au stère et à des prix débattus entre les propriétaires ou adjudicataires et l'administration.

Dans les constructions pour la navigation fluviale, on emploie généralement le chêne pour les grands bateaux, tels que \esfoncets, écayerSy flettes, barquettes, cabotières de la

chap. 6e. f BOIS D

Normandie; les marnais, languettes, /lûtes de l'Oise et delà Marne. Quant aux tours ou sapinesde la Haute-Loire, elles sont toutes bâties en planches de sapin, et sont assez ordinairement déchirées au lieu de leur destination. Les bois courbes pour ces constructions étant d'une dimension beaucoup moindre, sont bien plus communs et plus faciles à se procurer.

§ III. — Bois propres aux constructions civiles.

Dans les constructions civiles, on fait usage de presque toutes les espèces de bois qui croissent dans nos forêts; les uns sont employés comme bois de charpente, d'autres comme bois propres à là construction des grandes machines ou appareils usités dans les arts; d'autres, enfin, comme exclusivement propres à la menuiserie.

1° Bois de charpente.

Dans les grandes constructions civiles, telles que celles des ponts, des écluses, des ports, des grands édifices publics, les arbres de futaies dont on peut obtenir des bois de dimensions plus ou moins grandes, sont le chêne, le châtaignier et le sapin. Ces constructions exigent parfois [des arbres qui aient 30, 40, 50 et 60 pieds (10 à 20 mètres) de hauteur de tige, et 5 à 6 pieds (1 mètre 60 à 2 mètres ) de circonférence moyenne.

On fait principalement usage, dans les constructions civiles ordinaires pour la charpente des villes, des différentes espèces de chênes, du châtaignier et du sapin ; pour celles des campagnes, du bouleau, des érables, des saules, des peupliers, des arbres résineux, de l'orme, du cormier, de l'alisier, du frêne, du charme, du merisier, etc.

Dans les constructions en terrains humides ou submergés,pour les pilotis,lesgrilîages,les fondations, le muraillement des puits et des mines inondées, les pieux, etc.,on se sert, avec avantage, outre le chêne, de l'orme, des bois résineux et surtout de l'aune. C'est avec ce dernier bois que sont exécutés les pilotis sur lesquels sont fondées Venise et la plupart des villes de la Hollande. Les clôtures rurales sèches, les pieux et les planches établis pour soutenir les fossés, les terrains, le bord des mares, canaux, et les endiguages sont plus durables quand on les établit en chêne, en châtaignier, en hêtre, en acacia. Les conduits d'eau et les pompes se font particulièrement en orme, en aune, en sapin, en mélèze, etc.

La construction des grandes machines, ou celle d'appareils dans les usines, exige aussi souvent des bois de nature diverse et d'assez fortes dimensions; pour les arbres et pivots de moulin, les arbres des roues hydrauliques, par exemple, on emploie les chênes, ou, à leur défaut, le pin sylvestre, le sapin, l'épicéa qui ont depuis 20 jusqu'à 36 pieds (7 à 12 mètres) de longueur sur 20 ou 24 pouces (54 à 65 centim.) d'écarrissage; pour ceux des martinets de forge, des chênes, des hêtres, des arbres résineux de 36 à 40 pieds (12 à 13 mètres) de longueur sur un écarrissage de 40 à 42 pouces (108 à 112 centim.). Les piles pour

Page 1