‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 103 sur 329 · I. Défoncemens à bras d'hommes · texte numérisé non relu

I. Défoncemens à bras d'hommes

D'après le premier mode, quels que soient les outils dont on se sert (1), on commence ordinairement par ouvrir, sur l'un des côtés du terrain, une tranchée longitudinale dont la profondeur, une fois fixée, règle celle du défoncement entier, et dont la largeur, propor-

Fig. 136.

tionnée à cette profondeur, doit être telle que 1 ouvrier puisse travailler sans gêne au fond de la jauge. — On transporte les terres extraites à l'autre extrémité de la pièce, de manière à pouvoir eombler le dernier vide et on remplit successivement chacune des tranchées intermédiaires, en ouvrant celle qui fait suite, de manière que la terre de la superficie, rejetée la première, recouvre le soussol, tandis que celle des couches inférieures est ramenée vers la surface.

Dans les terrains de consistance moyenne on emploie avec avantage la pioche a deux dents {fig. 136), nomméedans quelques lieux bicorne, au fer de laquelle on donne communément delô àl8po.

(Om406àOm487).— Avec cet outil, dont les dents pénètrent avec facilité et dont la partie opposée est acérée de manière à couper les racines qui se rencontrent accidentellement à sa portée, on détache de grosses mottes, qu'il est ensuite très-facile de briser en les frappant une seule fois de la douille, c'est-à-dire de la partie moyenne de l'outil qui sert à recevoir un manche de 2 pi. quelques pouces (0m 704 à 0m 758), et à le fixer au moyen d'un coin de fer ou de bois. — On rejette ensuite la terre ainsi divisée avec la pelle,eton continue de la même manière jusqu'à ce que la jauge ait atteint les dimensions en tous sens qu'on désire lui donner.

Le choix des pelles n'est pas indifférent. Pour quiconque a mis la main à l'œuvre, il est bien démontré que la première condition de ces outils, c'est de pouvoir pénétrer avec facilité dans la terre ou les pierrailles. — La légèreté vient ensuite. Sous le premier de ces rapports la pelle -bêche concave (fig. 137 )

Fig. 137.

qui est tout en fer et qui sert indistinctement aux travaux de labour et de terrasse, est sans contredit une des meilleures. Sous le second, il est évident qu'une pelle en bois simplement doublée de tôle à son extrémité {fig. 138) est préférable. — Cette dernière qualité doit l'emporter sur la première dans les terres faciles.

Les dimensions des pelles sont communément de 12 à 15 po. (0m 325 à 0m 406 ) de long sur une dizaine de pouces ( 0m 271) de large.

— Le manche varie dans sa longueur, de 2 pi (0m 704) à 1 mètre; rarement il a plus de 2 pi. 6po. (0ra812). v

i) Tous ceux figurés dans cette section peuvent être mesurés sur une échelle de 17 lignes pour 3 nieds 111 043 pour 1 mètre. ) r

CHAP. 6e.

Les figures suivantes donnent une idée des variations de formes qu'on a fait subir dans différais pays à ces sortes d'outils : la fig. 139

Fig. 143. 142. 139. 140. 141.

représente une pelle entierementen bois d'aune ou de hêtre, employée, à défaut d'autres, sur des sols peu pierreux et peu consistans; la fig. 140, une pelle ferrée, ceintrée et à béquille, plus propre au même usage ; la fig. 141 , une pelle anglaise en fer; la fig. 142, une autre pelle anglaise également en fer, ainsi que la suivante, fig. 143, dont on fait un fréquent usage dans le Dauphiné.

Lorsque le sol offre une grande résistance ou contient beaucoup de pierres, à la pioche précédemment décrite on substitue la tournée déjà figurée page 115, la tournée dau- 144, dont on garnit la pointe

phinoise,

Fig. 146.

fig-

DES LABOURS. 1G1

et d'une décomposition facile, tels que diverses marnes, des tufs, des schistes argileux, etc. Du reste, l'opération se conduit de la même manière qu'avec la pioche.

Les pics, destinés à vaincre des obstacles puissans, doivent avoir plus de force encore que les tournées; aussi leur épaisseur est-elle plus considérable, comparativement à leurs autres dimensions.— Le fer des plus longs ne dépasse guère 1 pied (0 m 325). Cependant le dernier, /%\ 147, atteint parfois de 15 à 18 po. (0 m 406 à 0 m 487). — Pour faire les manches, on emploie le pommier sauvage, l'érable, le houx et de préférence le frêne.

Rarement un défoncement d'une certaine profondeur peut s'opérer à bras sans l'aide de quelques-uns des outils dont je viens de parler. Toutefois, dans des sols remarquablement faciles, de consistance légère, de nature sableuse ousablo-argileuse,sans presque aucune pierre, il arrive que M emploi de la bêche est possible. — Dans ces sortes de terrains, bien qu'on ne les travaille ordinairement que superficiellement, les pluies entraînent facilement les sucs extractifs des engrais à une profondeur telle que les racines ne peuvent plus en profiter. Il est avantageux, de loin en loin, d'atteindre les couches inférieures. Cette sorte de défoncement, pratiqué, dans divers lieux, k la profondeur d'un fer de bêche seulement, en renouvelant la terre, produit d'excellens effets, notamment sur les cultures du lin, du chanvre et des céréales, qui se succèdent à de courts intervalles sur les mêmes champs.

La dimension du fer des bêches dois être proportionnée, non seulementà la profondeur ordinaire des labours, mais aussi à la force de l'ouvrier et à la nature du terrain. — Dans plusieurs localités on lui donne d'un pied

JL

d'acier trempé, ou les pics. Le premier et second de ces outils, fig. 145 et 146, sont e> usage sur les bords du Rhône et du Rhin pour les défoncemens qui précèdent la plantation de la vigne, dans les terrains complètement rocailleux; le second surtout, qui se termine du côté opposé à la pointe par une sorte de marteau, convient également pour bêcher et pourcasser la pierre ^Le troisième, fig.147, à deux taiilans opposés, est employé en Belgique pour faire des tranchées dans les soussols d'une consistance pierreuse, homogène

(0 m 325) à 18 po. (0 m 487) de long, sur 8 à 10po.(0m217 à 0m271) de large. Dans d'autres, seulement 9 à 10 po. (0 m 244 à 0 m 271) sur 8 ^0m 217). — La longueur des manches varie de 2 pi. à 2 pi. 6 po. (0m 650 à 0m 812). — Le plus souvent il est simple; quelquefois il se termine par une poignée en forme de béquille. — Nous avons réuni dans les figures ci-jointes les principales bêches particulièrement propres aux défoncemens, telles qu'elles sont employées dans divers pays : fig. 148, bêche de Paris; fig. Fig. 148. 149. 150. 149 , bêche anglaise ; fig. 150, bêche Louchet de Picardie ; fig.

151, bêche italienne à oreilles, carrée; fig. 152, 153, 2 bêches du Puyde-Dôme;/^. 154,bêche de Normandie;y?g-. 155, bêche de Poncins ; fig.

156, bêche voma'mefig.

157, bêche belge; fig.

158, bêche à oreilles de Luccjues; fig. 159, bêche a hoche -pied de Toulouse;^. 160, bêches à chevilles du midi de la France.

Les bêches fig. 148, 149, 150 et 151, et notamment les trois premières, qui diffèrent

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