tome I
AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.
taillis de 20 ans, essence de chêne et de hêtre; 30 ans après, on pratique sur les mêmes souches une seconde coupe, dite taillis sous futaie, et qui ne donne encore que des hêtres et des chênes; la 3e succède sur l'ancienne souche après un siècle de végétation, c'est ce qu'on appelle la coupe de haute- futaie. Les souches existantes depuis un siècle et demi périssent alors, et on les voit remplacer sans semis ni plantations, et même sans voisinage immédiat, par de jeunes bouleaux qui, après avoir donné à leur tour trois coupes successives d'environ 20 ans chacune, périssent et cèdent la place à des chênes nouveaux. — Près de Hautefeuiile (Seine-et-Marne), c'est le tremble qui remplace les vieux chênes; on l'y trouve mêlé, selon les localités, aux ajoncs, au saule marsault. , et surtout à l'alisier et au prunier épineux. — En divers lieux, aux chênes on n'a pu faire succéder avec avantage que les pins. — Dwight, dans son Voyage à la Nouvel le-Anglelerre, cite des exemples nombreux d'une succession analogue. Tantôt il a vu des arbres toujours verts remplaçant des essences feuillues, tantôt le contraire. — Toujours à une espèce en décadence, lors même que le terrain serait jonché de ses graines, succède une espèce ou plusieurs espèces différentes.
En présence de tels faits il était difficile de ne pas reconnaître une loi générale; — on s'est efforcé d'en chercher l'explication dans les phénomènes de la chimie et de la physique.
Et d'abord, on a avancé que des végétaux de familles différentes pourraient bien ne pas puiser dans le sol les mêmes sucs nourriciers, sans faire attention que les plantes les plus dissemblables absorbent indistinctement, avec l'eau, toutes les substances solubles qu'elle contient, loi s même que ces substances peuvent nuire à leur existence, et que si, dans l'acte de la végétation, ii se fait un choix des matières minérales tenues en dissolution ou en suspension dans le liquide séveux , ce ne peut être, ainsi que le démontrent des expériences positives, qu'à l'intérieur de la plante. — On a supposé aussi que la direction pivotante ou traçante des racines devait exercer une certaine influence en modifiant la profondeur à laquelle elles vont chercher la nourriture ; mais il est facile de comprendre que cette explicaiion pourrait tout au plus s'appliquer à des plantes qui croîtraient simultanément à la même place, ou aux lieux où les labours ne mêlent pas sans cesse la masse du sol —Lorsqu'on eut acquis la certitude que certains végétaux fatiguent la terre moins que d'autres , Tes agronomes crurent avoir trouvé une explication satisfaisante du phénomène chimique de l'alternance; toutefois il fallut reconnaître qu'elle éiaii encore incomplète; car, si eiie rendait suffisamment compte de l'appauvrissement plus ou moins grand du sol, elle laissait inexpliquée une partie des laits précités, et elle n'aidait en rien à reconnaître les causes de la difficulté marquée qu'éprouvent les végétaux même les moins épuisans à croître sur le terrain qui a fourni pendant longtemps à la végétation de leurs congénères. — Les cultivateurs son-