‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 24 sur 329 · SIGNES ET PRONOSTICS DU TEMPS · texte numérisé non relu

SIGNES ET PRONOSTICS DU TEMPS

vitesses différentes, de façon à laisser des intervalles en passant l'une sur l'autre. — Si la f)luie commence une heure ou deux avant le ever du soleil, il est à croire qu'il fera beau à midi; mais s'il pleut une heure ou deux après le lever du soleil, en général il continuera à pleuvoir pendant tout le jour, et alors la pluie cessera. Quand la pluie arrive du sud avec un grand vent pendant deux ou trois heures, que le vent cesse et qu'il continue à pleuvoir, dans ce cas la pluie se prolongera durant 12 heures ou même davantage, et cessera ensuite. Ces longues pluies durent rarement plus de 24 heures.

Indices de beau temps : Quand , au coucher du soleil , les nuages paraissent dorés ou semblent s'évanouir; que de petits nuages semblent descendre ou aller contre le vent; qu'ils sont blancs ou que le ciel est ce qu'on appelle pommelé, le soleil étant élevé sur l'horizon. On a observé que le ciel pommelé, cmi dénote un beau temps pour le jour où il se montre , est en général suivi de pluie deux ou trois jours après.

II. Tirés des brouillards. — Signes de pluie : Lorsque les brouillards semblentatlirésvers les sommets des hauteurs, il pleuvra dans un jour ou deux; si, par un temps sec, les brouillards paraissent monter plus que de coutume, pluie subite.

Signes de beau temps : Si les brouillards se dissipent ou semblent descendre peu après la pluie; si, après le coucher ou avant le lever du soleil, il s'élève, des eaux et des prairies, un brouillard blanchâtre, c'est pour le jour suivant de la chaleur et du beau temps. Le dépôt d'humidité à l'intérieur des carreaux de vitres e?t signe de beau temps pour la journée.

III. Tirés du vent. — Dans presque toute la France les vents d'ouest et du nord-ouest donnent de la pluie ou des giboulées ; celui du sud et du sud-est y dispose le temps. Le vent d'ouest donne quelquefois de petites pluies, quoique le baromètre soit fort haut.— Quand le temps est orageux, il règne dans l'atmosphère plusieurs vents opposés; la marche des nuages en divers sens, ou dans une direction contraire à celle indiquée par les girouettes , est donc signe d'orage.

§ IV. — Pronostics fournis par les végétaux.

Signes denluie: Le Liseron des champs, le Mouron des champs, le Souci pluvial et beaucoup d'autres plantes, ferment leurs fleurs aux approches de la pluie; ce qui a même fait appeler le Mouron, baromètre du vauvre homme,

§ V. — Pronostics fournis par les animaux.

L'air pénètre presque tout le corps des oiseaux, les organes de la respiration se continuant dans leurs os; il n'est donc pas surprenant qu'ils paraissent plus sensibles aux variations et aux influences de l'atmosphère que les autres animaux. Ce sont eux que le navigateur, le chasseur et toute personne obligée de passer sa vie au dehors, consulte principalement : ils nous fourniront les in- 1 aices les plus nombreux. \

Indices du -vent : Les oiseaux aquatiques se rassemblent surle rivage et s'y ébattent, surtout lematin;lesFoulques et les Canards sont inquiets et criards; les Corbeaux s'élancent dans l'air ou folâtrent sur les rivages. Les poissons de mer et d'eau douce, lorsqu'ils sautent souvent à la surface de l'eau, présagent un orage.

Indices de calme : Le retour de l'Alcyon à la mer quand le vent dure encore; la sortie des Taupes de leurs trous; le chant ordinaire des petits oiseaux; les jeux des Dauphins sur l'eau pendant l'orage.

Signes de pluie: Les oiseaux d'eau quittent la mer pour venir à terre; les oiseaux de terre, et notamment les Oies, les Canards, vont à l'eau et y font de grands mouvemens et de grands cris; les Corbeaux et les Corneilles se rassemblent et disparaissent ensuite subitement; les Pies et les Geais s'attroupent et jettent de grands cris; les Corneilles crient le matin d'une manière entrecoupée ou plus que de coutume; les Hérons, les Bnses volent bas; les Hirondelles rasent la surface des eaux; les petits oiseaux oublient leur nourriture et fuient vers leurs nids ; les Pigeons gardent leurs demeures; les Poules, les Perdrix, etc., se roulent dans le sable et secouent leurs ailes; le Coq chante le soir et le matin et bat des ailes; l'Alouette et les moineaux chantent très-matin; le Pinçon fait entendre son cri de bonne heure près des maisons; les Paons et les Hibous crient plus fort et plus souvent que de coutume pendant la nuit ; etc«, etc. — Les Anes braient plus que de coutume; les Bœufs ouvrent leurs naseaux, regardent du côté du sud, se couchent et se lèchent; les Chevaux hennissent avec violence et gambadent; les Moulons et les Chèvres sautent beaucoup et sequerellent; les Chats nettoient leur face et leurs oreilles; les Chiens grattent la terre avec ardeur, et un grand bruit se fait entendre dans leur ventre; les Rats et les Souris font plus de bruit que de coutume, etc., etc. — Les Grenouilles et les Crapauds croassent dans les fossés ; les Vers sortent de terre en abondance; les Araignées travaillent peu et se retirent dans leurs coins; les Mouches sont plus lourdes et plus piquantes; les Fourmis gagnent à la hâte leur habitation, ainsi que les Abeilles; les Cousins chantent plus que de coutume, etc.

Signesde beau temps: LesMilansJesButors volent encriant; les Hirondelles volent bien haut (parce qu'alors les insectes se tiennent dans les régions supérieures); les Tourterelles roucoulent lentement; le Rouge-Gorge s'élève dans les airs et chante ; les Roitelets chantent le matin de 9 à 10 heures et l'aprèsmidi de 4 à 5 heures, etc. — Les Cousins et les Mouches jouent dans les airs après le coucher du soleil ; les Frelons, les Guêpes paraissent le matin en grand nombre ; les Araignées se montrent dans l'air et sur les

Elantes, filent tranquillement, et étendent eaucoup leurs rets.

§ VI. — Signes et pronostics divers.

Indices de pluie tirés des corps inanimés,

— Ils sont sans nombre : on peut citer le gonflement du bois, le dépôt d'humidité sur les pierres etle fer qui semblent suer; on voit alors les cordes des instrumens de musique se briser, les toiles des tableauxet les papiers de teinture se relâcher, le sel devenir humide , un cercle remarquable se montrer autour des lumières, les étangs devenir troubles et boueux, etc.

Signes d'orage : Quand le temps est étouffant et que le sol se fend, c'est toujours un présage que l'orage est proche; dans l'été, quand le vent a soufflé du sud pendant 2 ou 3 jours, que le thermomètre est élevé et que les nuages forment de grands amas blancs, comme des montagnes qui s'entassent les unes sur les autres, accompagnés de nuages noirs en dessous: si deux nuages de cette espèce apparaissent des deux cotés. On a observé que c'est le vent du sud qui amène le plus d'orages, et le vent de Test qui en amène le moins.

Signes de grêle et de neige : Les nuages d'un blanc jaunâlre et qui marchent lentement, quoique le vent soit fort. Si , avant le lever du soleil , le ciel vers Test est pâle, et si les rayons réfractés se monlrent dans des nuages épais, attendez alors de grands orages avec gre 'le. Les nuages blancs dans l'été sont signes de grêle, mais dans l'hiver, de neige, surtout quand l'air est un peu adouci. Au printemps et dans lhiver, quand les nuages sont d'un blanc bleuâtre et s'étendent beaucoup, on doit s'attendre à du grésil , qui n'est autre chose qu'un brouillard congelé.

Signes de jroid et de gelée : L'apparition prématurée des Oies sauvages et autres oiseaux de passage; la réunion des petits oiseaux en bandes; l'éclat du disque de la lune, et l'aspect pointu de ses cornes après le changement de lune ; si le ciel est brillant d'étoiles; si de petits nuages bas voltigent vers le nord; si la neige tombe fine, tandis que les nuages s'amoncèlent comme des rochers.

Signes du dégel : La chute de la neige en gros flocons tandis que le vent souffle du sud, lescraquemensqui se font entendre dans la glace; si le soleil paraît baigné d'eau, etles cornes de la lune émoussées; si le vent tourne au sud ou est très-changeant. On voit que ce sont en général les mêmes indices que pour l'humidité.

Section vin. — Du climat de la France.

L'Anglais Arthur Young rend ce témoignage en faveur du climat de la France, que de toutes les contrée» de l'Europe il n'en est peut-être pas une qui soit dans des conditions pareilles de prospérité. Sachons donc profiter des avantages naturels de noire situation. Ceux qui tiennent au climat sont aussi essentiels que la qualité du sol, et il est impossible d'avoir une idée exacte de l'abondance et des ressources d'un État, si l'on ne connaît pas les avantages et les désavantages naturels de ses différens districts. Mais il faut avouer que, pour le cultivateur praticien, il n'en est pas tout-à-fait ainsi : des généralités sur le climat des différens bassins de la France auraient pour lui peu d'utilité,

CLIMAT. liv. 1er.

et il trouvera plus de profit à méditer les considérations consignées dans les sections précédentes, afin de les appliquer à la localité qui l'intéresse.

Qu'il nous soit permis de dire seulement que le climat général de la France est tempéré, et que, considéré dans l'ensemble , il n'est ni sec ni humide; il se prête merveilleusement à toutes les tentatives des cultivateurs,qui le verront récompenser leurs efforts s'ils savent choisir avec discernement les cultures convenables à chaque localité. En effet, le territoire français est trop \aste et trop varié pour qu'il soit possible d'y prescrire une culture uniforme. Ainsi, la Normandie et une partie de la Bretagne sont mises, par le voisinage de la mer, dans des conditions analogues au climat de l'Angleterre, et il en résulte que l'air est plus humide et plus favorable aux pâturages, que la température y est plus égale, c'est-à-dire les étés moins chauds, et les hivers moins froids.

D'un autre côté, Arthur Young dit qu'en Angleterre, le fermier qui, ayant labouré en automne, sème en février, jette les semailles dans un bourbier; tandis qu'il sème dans une terre de jardin , si après avoir labouré en février, il confie immédiatement ses semences à la terre. Il en est tout autrement dans la culture du midi: l'homme qui laboure en hiver et sème en février, travaille dans une terre de jardin; celui dont les labours sont exécutés en février, ne sème le plus souvent que dans des mottes à peine brisées, et est obligé à un grand nombre de travaux préparatoires. La sécheresse de l'été oblige les cultivateurs des terres fortes en Provence à se servir beaucoup du rouleau après chaque labour; un hersage qui suit l'action du rouleau, émiette parfaitement la terre ; lorsque les printemps sont secs, on est obligé d'employer d'énormes rouleaux de pierre, dont le travail difficile et pénible reste quelquefois imparfait. Les seconds labours d'été offrent dans ces régions un autre genre de difficultés, lorsqu'il ne pleut pas ou que les pluies estivales sont peu abondantes, ce qui est le plus ordinaire: un labour fait imprudemment gâte la terre, et y fait croître une multitude de coquelicotset de crucifères qt.i épuisent le sol et le couvrent pour plusieurs années de leurs semences abondantes. — Ces considérations font sentir combien on doit insister sur l'influence des climats dans l'application des principes de l'agriculture.

Rozier fait remarquer que la France est divisée en 14 bassins , dont 4 grands et 10 petits : on entend par bassin tout le pays qui a | our ses eaux une même voie d'écoulé ment; ainsi la portion du terrain qui sépare un bassin d'un autre est nécessairement plus éle\ée, puisqu'elle détermine la pente des eaux. Nous nous bornerons ici à nommer ces bassins.

Les 4 grands sont ceux du Rhône, de la Seine, de la Loire et de la Garonne, qui doivent être subdivisés chacun en un assez grand nombre d'autres. Les lo petits bassins admis par Rozier, sont ceux de la Basse- Provence ou du Yar; du Bas-Languedoc, formé par plusieurs petites rivières, et principalement par l'Aude et l'Hérault; de la

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