‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 269 sur 329 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

de célérité qu'à Roville : c'est donc là que nous chercherons nos modèles.

« Dans le mois d'avril, dit M. de Dombasle, on hersé le premier labour, et on donne le second un peu moins profond que le premier; afin de pouvoir conduire le fumier avec facilité et sans endommager le sol, on ne laboure qu'environ les deux tiers des billons ; on herse la partie labourée ; on ouvre, avec la charrue à deux versoirs, les sillons d'écoulement qui séparent les billons, et on Laisse la terre en cet état pour la conduite du fumier. Comme les billons ont environ 25 pieds de largeur, et comme ce labour s'exécute en les fendant, il reste au milieu de chaque billon un espace suffisant pour la circulation des voitures On place une roue dans le dernier sillon ouvert, et l'autre sur la terre qui n'est pas labourée, et l'on décharge le fumier sur la terre labourée. Aussitôt que cette opération est faile, on achève le labour, on herse cette dernière partie, et Ton étend le fumier sur toute la surface du billon. Le fumier reste ainsi étendu jusqu'au moment de la plantation, qui commence dans les premiers jours de mai. Le fumier se trouvant ainsi étendu sur la surface d'une terre nouvellement labourée et déjà meuble, celle-ci profite de tous les sucs qui pourraient s'en écouler par l'effet des pluies. Quant à l'évaporation des principes iertilisans de ce fumier, l'expérience démontre qu'on ne doit nullement craindre cet inconvénient. »

«Au moment de la plantation, le labour se donne en adossant ; chaque charrue prend deux billons, et elle travaille alternath ement dans l'un pendant que les planteuses fonctionnent dans l'autre; de cette manière, une femme suffit pour planter derrière chaque charrue. On plante chaque troisième raie, ce qui établit une distance de 27 pouces entre les lignes. Le labour se donne à 5 pouces de profondeur, et l'on place les tubercules non pas dans la raie ouverte, où ils seraient dérangés par les pieds des animaux, mais en les enfonçant à la main dans la terre meuble au pied de la bande de terre retournée. On doit exiger que les planteuses fichent une petite baguette ou branche d'arbre aux deux extrémités de chaque sillon planté ensuite. »

M. de Dombasle fait mettre ordinairement les tubercules à un pied de distance dans la ligne, mais je ne suis pas bien assuré que cet éloignem&nt ne soit pas trop peu considérable. Relativement à cette dernière circonstance, on a trouvé, par des expériences qui paraissent exactes, que, si l'on représente par 100 le produit de 1 hectare de pommesde-terre à 6 po. dans la raie, les rangées étant espacées de 22 pouces, le produit de l'hectare dont les tubercules auront été éloignés de 12 pouces dans la ligne sera 64; s'ils ont été éloignés de 18 pouces, le produit ne sera que de 57, pour tomber à 48 si la dislance était portée à 24 pouces. M. de Lasteyrie a cité dernièrement, à la Société centrale d'agriculture, un cultivateur anglais qui a obtenu une immense récolte en plantant ses pommes-de-terre à 6 pouces dans des lignes trèsespaeées, et exactement dirigées du nord au sud. Cela est conforme avec l'opinion émise

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