‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 286 sur 329 · U RAGES · texte numérisé non relu

U RAGES

des îles et des vallées riveraines se fait exclusivement à bras d'hommes; les boeufs y sont à peu près inconnus; mais comme il n'en faut pas moins des fumiers, les habitans élèvent le plus possible de vaches, et nonseulement ils spéculent sur le laitage, le beurre ou le fromage qu'ils en obtiennent, mais ils font de nombreux élèves destinés au marché ou à la boucherie; or, dans tous ces cas, les pâturages, dont nous verrons plus loin qu'ils savent parfaitement utiliser les produits, ne pourraient jamais être entièrement remplacés, et ne pouri aient que rarement l'être avantageusement, même eu partie, par d'autres cultures fourragères.

Malheureusement, si la végétation des herbes oppose souvent une digue assez puissante aux efforts des eaux, il est un autre inconvénient, inhérent égalementau voisinage de certains fleuves, contre lequel elle ne peut rien. Je veux parler de l ensablement. Parfois, dans les parties basses,à la place du limon précieux qui fertilise, le courant roule et accumule à plusieurs pieds d'épaisseur des sables presque sans mélange déterre végétale;quand il se retire, une grève aride et désormais irrévocablement fixée a remplacé la terre végétale et détruit pour longtemps tout espoir âi\ cultivateur. — Dans cette fâcheuse circonstance, c'est encore aux herbages qu'on demandera les premiers produits et le retour progressif du sol à la fertilité, car dès que la couche gazonneuse aura pu s'établir au milieu des peupliers ou des saules qu'on aura préalablement plantés, la surface s'élèvera, se pénétrera de sucs nutritifs, et le s>ble se trouvera resserré entre deux épaisseurs de bonne terre dont, en dépit des obstacles, la persévérance humaine. aura su profiter, puisque, tandis que les racines des arbres iront chercher la nourriture et la fraîcheur jusque dans la première, à l'ombre de leurs feuillages les gramens prospéreront sur la seconde,

Dans les vallées dont les terres arables sont situées sur les hauteurs, les pâturages et les prairies submersibles deviennent, avec raison, la base du système de culture qu'on y suit ; plus ils sont abondans, moins on devra consacrer d'autres terres aux herbages dits artificiels et auxrécoltes racines. — Chacun sait que dans le voisinage de la mer, jusques aux dernières limites des eaux saumâtres, on trouve des pâturages, à la valeur nutritive desquels paraît ajouter beaucoup la petite quantité de sel dont ils sont accidentellement imprégnés.

Ile sujet. — Des pâturages temporaires.

On peut diviser ces sortes de pâturages en deux séries principales: 1° les pâturages des jachères, et sur les chaumes de l'assolement triennal; — 2° les pâturages d'assolement de plusieurs années d'existence.

§ Ier. — Des pâturages de l'assolement triennal.

En suivant la méthode justement qualifiée de déplorable de l'assolement triennal avec jachère, le défaut de prairies artificielles oblige les fermiers à chercher le plus souvent la nourriture indispensable à leurs

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