‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 302 sur 329 · LIV. Ie · texte numérisé non relu

LIV. Ie

ou quatre fois l'année dans les parties méridionales de la France. »

Agrostis (Agrostis), genre très -nombreux que M. de Candolle a divisé en deux sections;— Tune dont toutes les espèces se rapprocheraient beaucoup des pâlurins, si leurs épillets n'étaient uniflores ; tels sont les Agrostis vulgaires y stolonlfères, etc.,' — l'autre à balles, portant une arête sur le dos et offrant par conséquent plus de rapport avec les avoines, dont elles diffèrent également par leur fleur unique, comme les Agrostis paradoxa, rubra, etc.

\J Agrostis vulgaire {Agrostis vulgaris) {fig. 653). vivace, a les tiges longues de 1 a 2

Fig. 653.

pieds, assez droi tes; les feuilles peu longues ; — la panicule finement ramifiée , ovoïde, de couleur violàtre ou roussâtre, et à pédicules sensiblement plus alongés que dans l'espèce suivante.— Elle est également commune dans les prés, les bois et les

champs. Son fourrage est fin et délicat.

YJ Agrostis stolonifère ou traçante ( Agrostis stolonijera, Lin.) {fig. 654 ) , vivace , a des tiges

nombreuses, couchées , rameuses à leurs bases, et poussant des racines de lousles nœuds qui se trouvent en contact avec le sol. Celte pla rite, vulgairement connue sous les noms de Traînas se, Terre nue, etc., n'est autre chose que le Florin^ ou du moins qu'une variélé peu distincte du Florin tant vanté des Anglais.

D'après Georges Sinclair , c'est X Agrostis stolonijera latifolla. Chez M.

Vilmorin , on cultive sous le nom de Florin deux variétés , l'une dont les pan ic ni es étalées au moment

de la floraison se resserrent ensuite, l'autre dont les panicules restent toujours ouvertes. Toutes deux ont des dimensions plus fortes que notre Agrostis stolonijera. — Dans les champs, cette plante esta bon droit redoutée des cultivateurs.— Comme fourrage, attendu qu'elle a la propriété de croître sur presque tous les mauvais terrains de nature fort diverse, et notamment dans les localités tourbeuses, froides, humides, et qu'elle procure un foin de bonne qualité, on peut en tirer un parti avantageux.

Sa graine est si fine qu'il ne faut presque pas la recouvrir et qu'on ne doit pas en répandre au-delà de 4 1/2 à 5 kilog. par hectare. —On peut la semer en septembre ou en mars.

En Angleterre, on propage généralement le florin en éclatant ses touffes ou même à l'aide de ses tiges non enracinées. Pour cela, après un labour préalable, on creuse à 9 ou 10 pouces de distance les unes des autres de petites rigoles de moins de 2 pouces de profondeur, au fond desquelles on étend longitudinalement les tiges de manière que leurs extrémités se touchent. — On recouvre au râteau et on roule la surface du sol. — Six mois après elle se trouve verdoyante, et si cette sorte de bouturage a été fait de bonne heure au printemps, on peut compter sur une abondante récolte en automne.

Quoique j'aie dit que cette plante s'accommode de presque tous les terrains, elle croît beaucoup moins dans les localités sèches et élevées ; là on ne peut guère espérer la faucher, mais elle produit encore, ainsi que la suivante, un bon pâturage.

L' Agrostis (F Amérique {Agrostis dis par, Mich.) (/%•. 655), vivace, a, comme L'espèce précédente, la tige élevée et un peu dure; — sa panicule lâche, forme une pyramide régulièrement verticillée. — C'est le

Herd - G ras s, herbe aux troupeaux , ou le Red-top-grass des Etats-Unis , où elle produit sur les terrains

humides et

tourbeux un fourrage abon-^ dant et de bonne qualité. Dans les essais qui ont été faits en France, notamment par M. Vilmorin, pour y propager cet agrostis, il a très-bien réussi sur des terres sa bio-argileuses et même

calcaires fraîches, sans humidité. Comme en Amérique, il y donne des masses de fourrage

considérables.

A cause de la irès-ffrande finesse de lagraine

ciïap. 18e. DES

et de la lenteur du premier développement de la plante, on a proposé de la repiquer comme nous avons vu qu'on le fait pour quelques autres espèces, et c'est d'autant plus facile pour celle ci que ses touffes tallent considérablement, et qu'on peut en diviser une seule en une fouie d éclats. — Si l'on aime mieux semer, il ne faut répandre que 7 à 8 livres de semences par hectare et les recouvrir fort peu.

VAgrostis des chiens (Agrostis canina,Wn.) s'élève à peu près à la même hauteur que le précédent; ses feuilles sont plus longues, mais moins nombreuses sur chaque tige. Il appartient à la section des agrostides fausses-avoines. Je l'ai vu parfois réussir passablement sur des sols assez secs, quoiqu'il préfère les prairies basses et humides. — Selon qu'il occupe la première ou la seconde position, il donne un foin remarquable, comme celui du florin, par la propriété qu'il possède de conserver longtemps sa fraîcheur après avoir été fauché, ou procure un fort bon pâturage pour les moutons.

VAgrostis paradoxale (Agrostis paradora, Lin.) s'élève davantage que les deux précédens. Dans les localités abritées des provinces du midi, où il croit spontanément, telles que la Pravence, l'Hérault, etc., il est trèsfourrageux; aussi suis-je disposé, en consultant mes souvenirs, à croire avec M. Boitard, qu'il serait plus productif que la plupart de ses congénères. — Son foin, quoiqu'un peu dur, plaît aux chevaux et aux ruminans. — Cette plante, particulièrement propre à nos contrées méridionales, se trouve cependant au-ssi dans celles du centre, et il serait facile et utile de l'essayer au moins en petit.

Jusqu'ici, sans exception, toutes les graminées dont j'ai parlé sont à épillets uniilores. On pourra facilement en distinguer les genres suivans, dont les épillets, également disposés en panicules, sont à plusieurs fleurs.

Sorgho (Sorghurn vulgare, Wild. — Holcus sorghurn, Lin. ) \Voy. pi\g. 405, Ji'g. 571.) Fleurs géminées, l'une mâle ou stérile, et l'autre hermaphrodite, dont laglumeeslà deux valves, et la balle à trois valves, la seconde aristée, la troisième portant un nectaire velu.

Lorsqu'on se propose de cultiver le sorgho comme fourrage, on le sème presque toujours à la volée, et très-épais, dès que les gelées printanières ne sont plus à craindre.— D'autres fois, après l'avoir semé en lignes ou à la volée, on éclaircit progressivement les pieds de manière a ne laisser en définitive sur le terrain que ceux que l'on destine à donner leurs graines. — Il n'est pas difficile d'obtenir ainsi, sur de petites étendues de terrain, deux récoltes différentes, l'une et l'autre assez productives dans les climats méridionaux.

Le sorgho coupé ou arraché eu vert avant que ses tiges deviennent dures, est un excellent fourrage pour tous les ruminans, mais surtout pourlesjumens nourrices, les vaches laitières et tous les jeunes animaux.

Houque {Holcus ). Gluine bivalve, tantôt à deux, tantôt à trois fleurs, dont une ne contient le plus souvent que des examines ; —balle à deux valves dont l'extérieure porte sur le dos une courte arête, sur l'une des

PRAIRIES. 490

fleurs seulement. ( Voy. les détails de la Jig. suivante. )

La Houque laineuse (Holcus lanatus, Lin. )

au premier

(7%-. 656), vivace abord par le duvet cotonneux qui abonde sur la gaîne des feuilles ; — la couleur blanche ou violâlre de la panicule, et la disposition

particulièrement velue de ses gl unies ; — ses feuilles sont larges et tendres ;— ses liges s'élèvent peu dans les lieux arides, mais elles atteignent près d'un mètre dans les près bas qui paraissent lui convenir de préférence. Elle fait le fonds des meilleures prairies d'une partie du centre de la France, où je l'ai vue fort belle, même dans des terrains très-secs, tels que beaucoup de ceux des environs de Paris.

Les personnes qui ont entrepris de la cultiver seule, et qui n'ontpas craint de bien préparer le terrain, ont toujours obtenu des résultats fort satisfaisans. — On peut aussi mélanger la houque à la plupart des autres gramens, sanscraindre qu'elle ne les devance ou ne reste beaucoup en arrière à l'époque de la maturité, parce qu'elle lient le milieu entre les espèces tardives et hâtives, et qu'elle a d'ailleurs l'avantage de se conserver encore verte et succulente quelque temps après la fructification. — Toutes ces circonstances réunies en font une de nos plantes les plus précieuses pour la formation des prés et des pâturages ; — ajoutons qu'elle convient à tous les besliaux.

La Houque molle (Holcus mollis, Lin. — Avena mollis, D. C.) (fig. 657), vivace, quand on la voit en panicule, a un aspect fort différent delà précédente.

Par la disposition de ses épillets, elle ressemble aux avoines parmi lesquelles M.De Caivi)Olle l'a placée. — La gaîne des feuilles est sensiblement glabre, et les articulations des tiges sont garnies de houpes soyeuses.

Ces mêmes tiges sont éparses et traçantes ainsi que les racines.

Cette espèce, qu'on ne devrait employer qu'à défaut de la précédente, attendu qu'elle est moins productive et peut • être aussi

moins avidement recherchée des bestiaux, paraît être cependant moins difficile encore snr le choix du terrain et des expositions.

Mélique {Melica). Glume à deux valves scarieuses, renfermant le plus ordinairement deux fleurs hermaphrodites, et le rudiment imparfait d'une troisième, porté sur un pédicelle; — valves de la balle ventrues. ( Voy. les détails de la fig. 659. )

La Mélique ciliée { Melica ciliata , Lin. ) {fig. 658 ), vivace, ne s'élève pas habituel-

DES PLANTES FOURRAGERES.

L1V. Ie

Fis. 658.

lement au-dessus de 1 pied à 18 pouc. (0m 325 àO m 487). Ses tiges sont grêles, garnies de feuilles étroites, glabres ; ses fleurs sont réunies en une panicule, le plus ordinairement simple; chaque épillet en comprend deux fertiles dont l'une a les balles soyeuses, et une stérile.

Les méliques croissent naturellement sur les coteaux pierreux, arides, et c'est là leur principal avantage ; car, sur les bons terrains, il est facile de les remplacer par de meilleurs fourrages.

Celle qui nous occupe ici convient à tous les bestiaux, mais elle est peu fourraéeuse et peu nutritive.

P La Mé&ue élevée . {Melica altusima) fig. 659), vivace, se distingue aisément de

la précédente à sa panicule très-rameuse et à ses fleurs sans barbes. Elle est originaire de Sibérie.

Yvart en faisait un cas particulier. * Elle

nous paraît, disait-il, être une plante précieuse, par la vigueur et la précocité de sa végétation; elle élève quelquefois ses tiges, nombreuses et droites, jusqu'à la hauteur de 1 mètre, et elle s'accommode de terrains peu fertiles. — En somme, je la crois préférable aux espèces indigènes. »

Avoine {Avena). Glume bivalve, renfermant deux ou un plus grand nombre de fleurs hermaphrodites ou polygames;— balle à deux valves, dont l'extérieure porte une arête plus ou moins genouillée,qui manque cependant quelquefois sur une des fleurs;— fleurs en panicule.

Ce genre, dont on a indiqué ailleurs les espèces et les variétés semées en grand pour leurs grains, en renferme plusieurs autres propres à l'être plus spécialement comme fourrages. La plus importante de toutes, sous ce point de vue, est sans contredit la suivante :

L'Avoine élevée {Avena elaiior, Lin.), Fromental {fig. 660), vivace, improprement connue, sur quelques poiots de la France , sous le nom de ray-grass, s'élève à plus d'un mètre; sa tige est garnie de feuilles larges; sa panicule est longue, mais étroite; sesépillets sont à deux fleurs, dont une seule ( a ) se trouve communément fertile et à barbe nulle ou très-courte; et l'autre (6), stérile ou imparfaite, à barbe fort longue.

— Elle redoute davantage l'excessive humidité que la sécheresse; aussi, c'est une des meilleures plantes

pour les prés hauts et moyens. — Dans ces derniers, lorsqu'ils sont établis sur une terre argilo-sableuse, fertile, elle donne des produits d'une abondance remarquable, et son foin, quoiqu'un peu dur, comme celui de la plupart des graminées très-élevées, et quoique sujet à sécher sur pied, est de bonne qualité; mais cette double disposition doit engager à le faucher de bonne heure. — On a proposé avec raison de la semer dru, et de la mêler à des plantes de la famille des légumineuses, telles que le trèfle, la lupuline, le sainfoin, etc. On peut répandre sans inconvénient jusqu'à 100 kil. de graines par hectare.

L'Avoine jaunâtre {Avena flavescens, Lin.) {fig. 661), Avoine blonde, petit Jromental ;; - elle a des tiges grêles qui s élèvent

la

vivace

d'un tiers moins environ que celles de précédente, et dont la panicule ordinaire-

CIIAP

DES PRAIRIES ment moins lâche, d'une couleurqui adonné son nom à l'espèce , est composée d'épillets an moins moitié pins petits que ceux du véritable fromental, et qui renferment deux ou plusieurs Heurs hermaphrodites, dont toutes les valves externes des balles sont aristées et nettement divisées , au sommet , en deux pointes acérées.

{Voy. les détails de la fig. 661.) Cette avoine, qui croît naturellement sur les coteaux et dans les pressées, se sème rarement seule. Mêlée à d'autres herbes, dans les terrains élevés, sans aridité, elle augmente à la fois la quantité et la qualité des foins, avantage qui lui est du reste commun avec les deux espèces suivantes.— On la sème au printemps.

L' Avoine pubescente{Avenapubescens3lÂn.), Avoine velue, Avrone {fig. 662), vivace , s'élève de 2 à 3 pieds (0m650 à l mètre ); ses feuilles inférieures sont larges, courtes, molles et très-velues; — ses épillets, sensiblement plus gros que ceux de l'avoine jaunâtre, luisans, quelquefois rougeâtres ou violets à leur base, et comme argentés à leur sommet, sont d'ailleurs composés de fleurs hermaphrodites, beaucoup plus volumineuses et souvent réunies au nombre de trois dans chaque glume, comme le représente le détail de la figure.

Mieux que les précédentes, elle s'accommode des terrains secs et élevés; on l'y voit croître spontanément avec vigueur, et lorsqu'on la sème, elle produit, seule ou mélangée, un fourrage durable, particulièrement propre aux chevaux. — On peut semer, selon la qualité du sol, de 50 à 60 kilog. par hectare.

V Avoine des prés {Avena pratensis, Lin. ) {fig. 663), vivace, s'élève moins que l'avrone; ses feuilles glabres sont plus étroites et plus longues, sa touffe talle davantage. — Sa panicule est plus resserrée, presqu'en forme d'épis; — ses épillets sont encore plus alongés, panachés de blanc et de violet pâle, et composés d'environ 5 fleurs, fixées sur deux

Fig. 663.

rangs opposés l'un à l'autre.

Celte espèce habite les prés et les champs ; elle redoute l'humidité excessive , et résiste assez bien à la sécheresse. — Son fourrage est excellent et trèsrecherché de tous les herbivores. On peut la semer de même, et à peu près dans les mêmes proportions que les espèces précédentes. G. Sinclair, qui ne lui croit pas des qualités nutritives égales à celles des avoines pubescente et jaunâtre, lui a reconnu la propriété de s'accommoder particulièrement des sols calcaires.

Canche (Aira). Comme clans les avoines, la glume est bivalve; elle contient deux fleurs hermaphrodites; la balle est aussi à deux valves dont l'extérieure porte également unearête plus ou moins genouillée, mais qui part de la base et non plus du dos de la balle.

La Cancîie fiexueuse {Aira flexuosa, Lin.) 'fig, 664), vivace , a été appelée aussi Candie

Fig. 664.

de montagne, parce qu'elle'' affecte les lieux secs et élevés. C'est plutôt une plante de pâturage que de prairie. Ses tiges nombreuses, mais grêles, sont peu fourragetises. — Elle forme à sa base une touffe assez fournie de feuilles courtes, glabres et jonciformes; ses fleurs, réunies en panicule lâche et divergente, ont des balles luisantes et argentées. Celte espèce, qui forme assez fréquemment

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES

liv. r

la base des herbages très-élevés, est recherchée de tous les ruminans. Elle produit un des meilleurs pâturages pour les moutons.

La Candie aquatique { Aira aquatica, Lin.)- — Voy. Pâturin canche (Poa airoïdes, D. C). La Canche. élevée {Aira cœspitosa, Lin.)? vivace, qui est un peu plus feuillue que la précédente, forme un gazon assez épais sur les terrains ombragés; mais il lui faut de la fraîcheur. — Dans les clairières où elle réussit, elle est fort recherchée des vaches, et on lui a reconnu la propriété de repousser plus épaisse et de s'améliorer par l'effet du pâturage.

Fétuqve {Festuca). Ce genre, qui se rapproche des poa ou pâturins, et des bromes, diffère des premiers par ses balles très-acérées, le plus souvent munies d'arêtes; et des seconds, parce que l'arête de la valve externe de la balle, lorsqu'elle existe, est aiguë et part du sommet. —Ce dernier caractère le distingue aussi du genre Aira.

La Fétuque des prés { Fcstuca pratensis, Lin.) {fig. 665), vivace, a des tiges qui s'é- Fig. C65. lèvent parfois à plus

d'un mètre.— La panicule est généralement peu considérable, et composée d'épillets plus volumineux que ' lessuivans;ces épillets contiennent de sept à un plus grand nombre de fleurs.— Les valves des balles sont dépourvues d'arête. {Voy. les détails de la figure.

Cette plante, une des meilleures que l'on puisse employer pour l'ensemencement des présbas,à cause del'abondance et de la bonne qualité du fourrage quelle produit, n'a d'autre défaut que d'être un peu tardive ; aussi a-t-on recommandé, avec raison, de ne l'associer qu'à des espèces de la seconde saison. — Semée seule, elle doit l'être à raison d'une cinquantaine de kilog. par hectare.

La Fétuque élevée {Festuca elalior, Lin.) (fig. 666 ), vivace s'élève davantage que la précédente; — ses feuilles sont plus larges et plus nombreuses encore; ses panicules plus amples, à épillets de grandeur moyenne; ces derniers contiennent un moindre nombre de fleurs. Les valves, membraneuses sur les bords, portent de courtes arêtes qui se brisent facilement, et disparaissent en grande partie dans les herbiers.

Cette espèce se rapproche beaucoup de celle qui précède, par ses qualités et ses inconvéniens. — Elle est cependant encore plus tardive et donne un foin un peu plus dur; mais, d'un autre côté, on a remarqué qu'elle est plus durable et sensiblement plus

Fig' 666.

Fig. 667,

productive. E comme une

des graminées

il (a ut la regarder les plus utiles

pour concourir à la formation des prairies permanentes.— Elle croît naturellement sur les pâturages montagneux,et réussit cependant fort bien dans les plaines fraîches et abritées, et dans des terrains de diverses natures.

La Fétuque ovine { Festuca ovina , Lin. ) , grande jétuque ovine, fétuque rouge {fig. 667 ), vivace, a été souvent confondue avec l'espèce suivante, dont elle diffère cependant plus encore par ses qualités que par ses caractères botaniques. — Ellea les feuilles plus longues et plus larges ; — les panicules plus volumineuses;— les balles portent des arêtes visibles à l'œil. ( Voy. les détails de la figure.)

« Cette espèce, signalée par Linné comme une plante par, excellence pour la nourriture^ des moutons, a failli plus tard perdre entièrement cette réputation, parce que les botanistes lui avaient réuni , à titre de variété , une

plante fort voisine d'elle, mais qui est réellement une espèce distincte et que les moutons ne mangent pas. C'est sur cette dernière qu'avaient porté très-généralement les essais de culture, et de là étaient nées les préventions défavorables. Une observation faite en 1826, ayant reproduit les doutes avec plus de force qu'auparavant, j'ai fait de nouvelles recherches pour les éclaircir, et, avec l'aide principalement de M. J. Lindley, botaniste très-exact, qui a bien voulu faire pour moi, dans l'herbier de Linné, les confrontations nécessaires, je suis parvenu à connaître que, non seulement notre fétuque ne se rapportait pas à l'échantillon de celle de Linné,

CHAP. 18e.

Page 1