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tome I

506 AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGÈRES

fourrages quelconques, le Brome des prés m'a donné des résultats plus satisfaisans qu'aucune autre espèce. Il s'y est établi vigoureusement, de manière à fournir une bonne pâture et même à devenir fauchable, mieux que le Fromenlal et le Dactyle. Il en a été de même sur des sables fort médiocres. On peut donc ranger cette plante au nombre de celles qui, par leur vigueur et leur rusticité, sont en état de réussir sur les plus mauvais terrains, et d'y offrir des ressources et des moyens d'amélioration que l'on n'obtiendrait pas d'espèces plus précieuses. Sa durée paraît être longue ; elle a été chez moi de 5 à 6 ans en très-mauvaises terres Un hectare emploie 90 à 100 livres de graines. » Vilmorin. Le Brome des seigles (Bromus secalinus, Lin.) {fg. 676), a la lige simple, haute parfois d'un mètre et plus, glabre; — ses feuilles ont aussi la gaîne glabre et le limbe à peine velu, — sa panicule est peu garnie; — les 5 ou 8 fleurs de chaque épillet sont presque cylinques et à arête moins rude que dans le Brome des prés.

Cette espèce, moins rustique peut-être que la précédente , donne un fourrage vert aussi abondant; mais en mûrissant elle devient encore plus dure.— Il est important de faire observer qu'elle est annuelle, et que, quoiqu'elle se ressème d'elle-même comme presque toutes ses congénères avec une facilité trop souvent désespérante pour le cultivateur, cette circonstance n'est pas ici à son avantage, à moins qu'on ne veuille la faire entrer dans un assolement où elle ne doit occuper le sol qu'une année. Autrement, il faudrait ou la ressemer annuellement, ou ne la faucher que beaucoup trop tard.

Le Brome doux {Bromus mollis, Lin.), qui ressemble beaucoup à celui du Seigle, en diffère cependant essentiellement par ses dimensions, en tout presque moitié moindres, par le duvet cotonneux et épais qui couvre les feuilles, les épillets et jusques aux nœuds de la lige. — C'est encore une espèce annuelle que l'on peut trouver parfois avantageux de mêler à quelque légumineuse de semblable durée, pour ajouter à la masse de fourrage vert ou coupage qu'on cherche à récolter sur des sols légers et peu féconds. — On peut en dire autant du Brome des champs {Bromus arvensis, Lin.), qui a peut-être même l'avantage d'être un peu moins dur que la plupart des autres.

Le Brome stérile {Bromus sterilis, Lin.), peu connu eu France comme fourrage, est considéré en Angleterre comme une des graminées les plus riches en matières nutritives. G. Sinclair et Davy le mettent sur la même ligne, sous ce rapport, lorsqu'il estfauchéen fleur et non en grains, que les meilleurs pâturins, la Fétuque élevée, etc.

Dactyle {Dactylis). Genre qui diffère fort peu des Bromes par ses caractères et surtout

liv. r.

ses usages comme fourrage.— La glume esta deux valves inégales, courbées en carène; elle renferme de 3 à 8 fleurs ; les valves de la balle sont aussi courbées en carène; l'une d'elles porte à son sommet une arête très-courte.

Le Dactyle pelotonné {Dactylis glomerata, Lin.) (Jig. 677), vivace, s'élève de 2 pieds à Fig. 677.

1 mètre ; ses feuilles, larges d'un centimètre environ, sont rudes au toucher; sa panicule est composée d'épillets petits, nombreux, ramassés par pelotons et tournés presque tous du même côté de chaque pédicule.

Cette plante est, comme les Bromes, fort peu propre à la formation des prairies à faucher, parce que ses tiges durcissent outre mesure après la floraison; mais, comme les Bromes aussi, soit qifon la coupe en vert ou qu'on la réserve en pâturage, elle présente l'avantage réel de réussir sur les terrains les plus médiocres et les plus secs. — Le Dactyle gloméré est robuste, précoce; de toutes les graminées, c'est une de cellesqui repoussent et se maintiennent le mieux sur de mauvais sols.

Cynosire {Cynosurus). Genre qui diffère particulièrement de ceux qui le précèdent et le suivent, p~r la présence d'une bractée foliacée et découpée qui accompagne chaque épiilet à sa base; — glume bivalve contenant de 2 à 5 fleurs ; — les valves de la balle entières.

Cynosure ou Cre telle des prés {Cynosurus cristatus, Lin.) {fig. 678), vivace ; tiges de. 16 à

2 8 po. (0,n 406 a0m487), assez feuillées;— Épillets sessiles, en forme de crête ou plutôt de peigne conique et à deux rangs de dents.

Cette plante a le mérite de croître dans les terrains secs, quoiqu'elle s'accommode mieux des autres. — En général, elle ne convient pas à la formation des prairies fauchables- parce qu'en se desséchant, ses épis à bractées rudes larendentpeuagréableauxbestiaux;maiselle est assez productive et fort du goût des moutons comme pâture.

CIIAP.

Froment (Triticum). ( Voy. pag. 365.) Nous avons dit que les fromens pouvaient accidentellement, et sans diminution notable de la récolte suivante, être fauchés ou pâturés au printemps, et nous avons indiqué dans quelles circonstances une telle pratique devenait avantageuse; je dois seulement la rappeler ici, bien plus comme une exception à la règle générale que comme une coutume qu'on puisse étendre et généraliser sans inconvénient ; mais, à défaut des fromens annuels, on a recommandé de cultiver comme fourrage des fromens vivaces, et, malgré l'anathème porté contre lui par tous les cultivateurs, on a fait voir que le Chiendent n'était pas sous ce point de vue sans quelques avantages. Il n'est pas inutile d'indiquer le parti qu'on peut tirer d'une plante aussi commune.

Le Chiendent ( Triticum repens, Lin. ), dont les racines longues et rampantes poussent avec une si grande facilité des tiges de chacune de leurs articulations, s'élève parfois jusqu'à un mètre et plus; ses feuilles sont vertes, molles, velues, fort du goût des bestiaux. Il fait en partie la base des prairies justement célèbres connues sous le nom de Prévalaie, et on le retrouve communément dans un grand nombre de pâturages estimés principalement pour la nourriture habituelle des vaches laitières ou nourrices. — Il parait que les chevaux s'accoutument fort bien à manger les racines de chiendent, ramassées à la surface des champs nouvellement labourés, et qu'ils se trouvent à merveille d'une semblable nourriture, ainsi que le démontre la pratique de diverses parties de l'Espagne et de l'Italie.

Ce végétal, dont la rusticité fait si souvent le désespoir du laboureur, s'accommode surtout des terrains substantiels , plutôt humides que secs. Il résiste facilement à d'assez longues submersions, et donne, en pareille position, un fourrage aussi abondant

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et meilleur que bien d'autres plantes aquatiques ou semi-aquatiques. Sur les bords des fleuves, de toutes les eaux à cours rapides, ses longues et flexuenses racines retiennent les terres d'une manière efficace; ses tiges nombreuses arrêtent le limon qui ajoute annuellement à l'élévation du sol, et n'en donnent pas moins de fort utiles produits au moins en vert.

SEiGLE(«S'ec«/e). (Voy. pag. 383 et suivantes.)

Le Seigle d'hiver, ainsi que le froment et surtout l'orge, peut être cultivé spécialement comme fourrage. Semé en automne, il procure l'une des premières, et, dans quelques lieux, la principale nourriture verte dont on puisse al fourrager les bestiaux après la consommation des racines hivernales. — Il donne même un assez bon coupage pendant les hivers doux, et l'on sait que, dans ce dernier cas, une pareille récolte n'exclut pas celle des grains.

Le Seigle de la Saint-Jean, semé vers l'époque dont il a pris le nom, est particulièrement propre à cette destination. Dans les contrées où l'on en fait usage, notamment en Saxe, on commence à le faucher en automne; on le fait ensuite pâturer jusqu'à la fin de l'hiver, puis on le laisse monter au printemps.

La précocité du seigle, et la facilité avec laquelle il pousse dans les terres légères qui ne conviennent ni au froment ni même à l'or

ge, devrait le faire rechercher plus généralement pour créer des fourragères semblables à celles que l'on remarque encore fréquemment en Italie et aux environs de quelques-unes de nos grandes villes, pour la nourriture des vaches que les nourrisseurs tiennent à l'étable.

Ivraie (Lolium). Epillets aplatis, solitaires sur chaque dent de l'axe, et à peu près parallèles à cet axe; glume bivalve contenant un grand nombre de fleurs.

\] Ivraie vivace (Lolium perenne , Lin.) (fig. 679), — ray-grass d'Angleterre, a les tiges droites , hautes de 1 à 2 pi. ( 0 m 325 à 0 m 650 ), à feuilles glabres, longues , assez étroites; les épillels sans barbes. — C'est le gazon anglais utilisé si fréquemment dans nos jardins pour former ces tapis

de verdure qu'aucune autre graminée ne pourrait égaler *\],,.ik en finesse et en fraîcheur. 11 est moins employé dans la grande que dans la petite culture, et paraît mieux convenir aux climats du Nord qu'à ceux du sud de l'Europe.

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