‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 322 sur 329 · ES EN AGRICULTURE · texte numérisé non relu

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ment le repos et la chaleur. Par le mouvement on force plusieurs de ces larves à fuir; on les amasse alors avec des balais en un tas, et on les tue avec de l'eau bouillante, ou on les écrase. — Le riz est également attaqué par une Calandre ( Curculio oryzœ ). Le Curculio sanguineus est aussi ennemi du seigle, et l'orge est atteinte par une Altica cœrulea.

En Provence, il est une autre larve qui endommage beaucoup les grains, et qu'on nomme Cadelle (Tenebrio mauritanicus, L., rangée parmi les Trogossita Fabr). Cette larve grosse et vorace, ronge également le pain, les noix, et n'épargne pas même les écorces d'arbres; mais à l'état parfait, l'insecte ne touche plus au blé. En le tenant dans des sacs, on le met à l'abri de la cadeile ou Trogossite mauritanique ( fig. 724).

Fig. 726.

Fig. 725.

Parmi les Lépidoptères funestes aux frumentacées, YAlucite des grains ou teigne des blés (fig. 725) (Jlucita granella), qui jadis causa tant de ravages dans l'Angoumois, et sur laquelle Duhamel etTiLLET ont publié un traité en 1762, est la plus connue. On sait que cette fausse teigne paraît offrir plusieurs espèces, car celle qui exerça tant de destruction sur les seigles et même l'orge en 1770, a été rangée dans le genre jEcophora, ~L^\.r.\ et une autre, aussi commune sur les fromens,est rapportée par le même entomologiste, parmi les Yponomeuta. Ces larves ou chenilles grises-blanches s'insinuent une seule en chaque grain, y dévorent toute la farine, puis lient plusieurs de ces grains ensemble, et forment des tuyaux d'une soie blanche, dans lesquels elles passent à l'état de nymphe pour se transformer en teignes. L'œuf de ce lépidoptère est insinué dans le grain par un trou imperceptible, à sa partie la plus tendre; la larve se tient renfermée dans l'enveloppe du grain, c'est la mesure de sa nourriture et de sa taille, puis elle soulève une calotte tégumentaire du son pour sortir. — On n'a encore trouvé aucun moyen bien efficace de faire périr ce dangereux ennemi dont la propagation est si énorme, sinon par la chaleur de 36 à 40 degrésRéaum.,qui peut le faire périr sans altérer le germe du blé. Les saisons chaudes favorisent la multiplication des alucites; elles fuient le grand jour et'le mouvement; c'est pourquoi il convient de remuer souvent les tas de blé et de ramasser toutes les larves qui s'en échappent pour les dé-

5ôo

AGRICULTURE : ANIMAUX NUISIBLES

tiv. Ie'.

traire. ~L&P halœnasecalina faitavorter aussi les épis de seigle.

extraient leur substance. On ne doit donc pas être surpris que la plupart des insectes

Parmi lesDiptères, on avait fait peu d'atlen- phytophages les dévastent de préférence.

Nous en verrons encore des exemples en traitant des espèces qui saccagent nos autres comestibles, également farineux ouféculens: genre de trésor dont chaque être prétend tirer sa partaux dépens del'avare dépositaire.

tion à ces petites espèces de mouches qui causen t des ravages secrets dans les moissons, avant Olivier. Ce savant entomologiste a commencé cette importante recherche, quoique déjà Linné avait dit (Jeta Stockholm, 1750, p. 182 ) que la seule espèce décrite par lui sous le nom deMusca frit détruisait, chaque année, la cinquième partie de toute la récolte d'orge du royaume de Suède, ou plus de cent milles tonnes, d'une valeur de plusieurs millions. Olivier s'est assuré que diverses mouches du genre Oscina ( les Ose. pumilionis, lineata, etc. de Farricius) piquent, soit les collets des tiges, soit le chaume tendre du blé, y déposent leurs œufs, elles jeunes larves dévorant la substance interne, interceptent ainsi la sève nourricière, en sorte que l'épi demeure sec et stérile. On ne saurait dire combien les moissons perdent ainsi de grains. II parait que la Tephritis strigula, Farr. , cause les mêmes dommages. Quant aux espèces de Sapromjza (de Fallen el Meigen), mouches trèspetites, noires ou cendrées, lisses, avec de fortes pattes et de gros yeux, leurs larves s'insinuent aussi dans le chaume des céréales et d'autres graminées, à l'époque de la sève sucrée, ou avant la fructification qui est ainsi empêchée. Cette étude n'a pas été encore bien approfondie, car on doute même si l'ergot du seigle n'est point une maladie engendrée par l'effet de la piqûre d'une mouche, comme L. Martin, agronome anglais, l'a pensé.

Nous pourrions joindre à ces faits ceux concernant d'autres graminées, soit des pays chauds ( comme la Canne-à-Sucre, attaquée par des Coléoptères, etc.), soit de contrées tempérées et même froides qu'infestent les Phalœna calamitosa, mcsomelay panthera, secalina, etc.

On sait aussi que les sorghos, millets, les semences des pauics et autres frumentacées, sont la proie des Anobium paniceumei minulum, Fabr., que les Ténébrions, les Blaps détruisent les farines ( Blaps mortisaga, (fig. 726); la larve du Tenebno molitorest fréquente dans les moulins, y dévore la farine et le son; elle est recherchée pour nourrir les rossignols. h'Hispa atra concourt à disséquer aussi diverses tiges de graminées. Enfin nous n'énumérons point ici les funestes passages des sauterelles qui, loin d'épargner les moissons, semblent les dévorer avec plus de prédilection que les autres végétaux. Nous devons renvoyer ce genre de calamité aux causes générales qui multiplient immensément, en certaines années, les insectes, surtout dans les climats secs et chauds, comme après des hivers trop doux, qui en oni épargné les larves, ou chenilles et œufs : il en est parlé plus loin.

D'ailleurs, les graminées produisent deux principes essentiellement nutritifs, la fécule, dans leurs graines ou périsperme, et la matière sucrée dans leurs tiges les plus succulente. Si elles président surtout à l'alimentation de l'homme, elles attirent pareillement un grand nombre d'autres animaux qui en

§ II. — Insectes attaquant les cultures potagères et autres.

Nous sommes loin de vouloir exposer ici l'histoire complète de la multitude de ces ennemis cependant il importe d'appeler l'attention journalière sur desespècesd'insectes qu'il serait dangereux d'ignorer, puisqu'on leur livrerait en quelque sorte le champ de bataille sans défense.

Ce qu'on nomme plantes oléracées consiste en herbes dont les racines, les tiges et feuilles, non moins que les fruits ou fleurs, servent à notre nourriture. Elles sont également ravagées sous terre, dans leurs racines, par les Courtilières ou Taupes-grillons (Grjllus gryllo-talpa (fîg.721), et par les vers-blancs des Hannetons (Melolontha vulgaris), comme par une foule d'autres scarabéides. Tous les agriculteurs connaissent ces races si détestables pour les jardins. On ne peut y porter remède qu'en s'efforçantd'en écraser le plus possible. Les Scarabéides lamellicornes (à antennes en feuillets ) sont particulièrement dangereux aux plantes potagères; les Géotrupes fouillent les fumiers et terreaux; le Lœthrus cephalotes, Fabr., avec ses mandibules tranchantes, coupe les jeunes pousses, les germes des \)\an\es;\es Scarabœus s tercorarius et vernalis, \eTrox horridus, Fabr. ; l' Oryctesnasicorne (Oryctes nasicornis, fîg.728), sous Fig. 729. Fig. 728.

Fig. 731.

les couches de tan, ne blessent, ne déchirent, n'arrachent, ne rongent pas moins déjeunes plantes que les autres Phyllophages et Xylophiles; les Scarabœus fullo, Melolontha villosa.Jarinosa, ôesTrichius, des Cetonia, coupent les feuilles et fleurs ; les Passalus charpentent de grosses patates, les Lucanus; les Sinodendrum ( Sinodendron cylindrique ) (fig.72%), taillent, avec leurs fortes mâchoires, les tiges prinlanières des arbres. Ce sont les fumiers et autres engrais ou matières excrémenlitielles qui amassent surtout une multitude d'espèces de Bousiers, Copris; X Aphrodius fimetarius, les Coprophages et Coprobies, Onthophages ( Onthophage taureau ) {fig. 730), de la même famille, ne se bornent pas à placer leurs œufs et leurs larves dans

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ces débris de végétaux ou de matières en décomposition, ils nuisent au développement des plantes qu'on y sème; tels sont encore les Escarbots (Hister unicolor)(f>g.73\) et les Bostriches (Bostriche capucin) (fig. 732).

Fig. 732. Dès l'état cotylédo-

naire, la plupart des légumes de nos jardins sont dévorés par les AUises, qu'on appelle Puces, parce qu'à l'aide de leurs L 73C. grosses et longues cuisses, elles sautent.

(Telles sont les Chrysomelœ saltatariœ de Lin. )Le dommage est d'autant plus grand que les cotylédons , en périssant si tendres sous la morsure de ces petitsinsectes, laissent mourir la plante qu'ils étaient destinés pour ainsi dire à allaiter dans son enfance.

Les plants d'asperges sont non seulement désolés par le Criocerus asparagi, d'un rouge ponceau, et rendant un petit cri lorsqu'on le saisit, mais encore par le C. duodecim punctatus.

Parmi lesJltica, si funestes aux plantes potagères, la plus nuisible de ces puces de jardin est la Chrysomela oleracea, d'OLiviER. Les plantes semi-flosculeuses sont également désolées par la Chrysomela sencea (rangée sous le genre Cryptocephalus) , et les artichauts éprouvent les plus grands dommages de\aCassida viridis,L.{Cassule verte)(fîg.73S). Lesplantesliliacéesetlesoignonsreçoiventde graves atteintes delà Chrysomela merdigera et d'autvesCrioceris de Geoff. ( Lemade Fab.) Des Donacies, ou Lepturus, ont des larves qui s'enfoncent jusque sous les eaux pour ronger les racines de la berle (Sium latifolium). La même plante nourrit une espèce de Charançonite, le Lixus paraplecticus, Fabr. (Curculio, L.), auquel on attribue la cause de la paraplégie des chevaux qui l'avalent. Ce même insecte habite aussi sur le Phellandnum aquaticum, autre ombellifère, mais vénéneuse par elle-même.

D'autres Chrysomélides, les Chr. helxines et nemorum {Chrysomèle sanguinolente) (/r"g.734), n'épargnent pas non plus les herbes des jardins, comme celles des prairies; elles s attaquent surtout aux jeunes feuilles les plus tendres, au lieu que les Curculionides recherchent les tiges et les sommités. On trouve les laitues et autres syngenèses attaquées spécialement par ïesChrysomèles.

Les plantes de la famille des crucifères, comme choux, raves, etc., sont moins ravagées par des coléoptères (excepté lePsylliodes napi, les Thrips, les Cistèles (Cistèle sulfureuse) (fig.TZb), le Curculio alliariœ, que par des lépidoptères particuliers àcesvégélaux, et dont les chenilles montrent une prédilection dans leur goût pour cette classe de saveur spéciale. En effet, les papillons dits Brassicaires (Papil. raparia elnaparia, brassicarïa) ; plusieurs Phalènes {Phal, oleracea, Ph. caja,

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la Noctua gamma, funeste aux potagers, etc.), à l'état de larves, rongent nuit et jour leurs feuilles; d'autres espèces, les Phal. brumata, urticata, cœruleo-cephala, etc., partagent leur choix sur d'autres herbes de nos jardinages ou sont moins exclusives. Le houblon est rongé par une Pyrale et par YHepiala humularia (Hépiale du houblon){fîg.7'àb)', le cerfeuil,

Fig. 736. Fig. 737. Fig. 739.

p&vlaPhalœna umbeUaria,\a capucine par des Brassicaires, l'œillet par une Chenille arpenteuse, les pois par la Phalœna exsoleta, les laitues par la Phal. togata, le trèfle par la Phal. antennulata, etc. On connaît peu de moyens de se garantir contre ces ennemis, si ce n'est un échenillage assidu et le secours de quelques oiseaux insectivores; car toutes les lotions et liqueurs fétides préconisées contre ces insectes nuisent également auj plantes potagères.

Il est, parmi les hémiptères, plusieurs races de Punaises terrestres ou Géocorises pen~ tatomes, qui fréquentent les végétaux crucifères ; telles sont les Cimex oleraceus et ornatus des choux. Une autre grosse espèce, le Lygœus ou Cimex apterus (Lygée aptère) {fig. 737), infecte également les jardins.

Les diptères offrent des espèces très-malfaisantes pour nos potagers; ce sont les grandes Tipulaires terricoles, dont les larves s'enfonçant sous le terreau, le tan, les engrais, pénètrent jusqu'aux racines des plantes, et causent des dommages d'autant plus grands qu'on ne les aperçoit pas d'abord pour y remédier. Ainsi la Tipula oleracea, commune également dans les prairies, et la ruffa des asperges, ravagent les légumes de toute sorte. La Tipula hortulana abonde au printemps. On connaît les Bibions précoces {Bibio, Geoffr. ou Hirtea, Fabr.), dites mouches de Saint-Marc et de Saint-Jean : le mâle est noir, la femelle présente un thorax rouge. On regarde sa larve et celle de la Thcreva {Bibio plebeia, Fabr.), avec celle du Nemotelushirtus, comme pernicieuses aux bourgeons des plantes qui en périssent. D'autres tipules passent l'hiver dansnos maisons (les7W« chocerade Meigen) ou se cachent sous de vieux champignons (les Mycetobia, Boleto» phila); enfin, un autre genre de diptères ou mouches, YEristhalis narcissi,¥ABR.{Merodon de Meigen), à l'état de larve, se niche dan*

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le cœur des bulbes de narcisse pour le dévorer.

§ III. — Insectes dévastateurs des arbres fruitiers.

Le nombre en est si considérable que nous insisterons peu sur ceux qui n'attaquent que les troncs ou parlies ligneuses; on en traite d'ailleurs à l'article des arbres forestiers; nous ferons observer toutefois qu'on a passé sous silence des Buprestides et Elater creusant fortement les bois, comme le dermestoïdes, la Lampyris cœrulea,\ Omalisus suturalis, les Lymexylon navale {Lymexylon naval) (fig.TZS), si pernicieux aux chantiers; âesHister, des Erotylus, des Mordella, des Dendrophaçus, les Cerambyx, Leptura {Lcpture épe~ tonnée) {fig. 739), etc. On ne peut négliger la larve de Saperda ou Cerambyx carcharias, qui détruit si souvent les plus belles plantations des peupliers; ni celle du C. linearis, qui ravage les jeuues coudriers; ni les Necydalis, rongeant les saules (Nécydale fauve) {fîg.l '40), ni la Chrysomela populi, ni la Galeruca calmarie nsis {Çaléruque de la tanaisie) {fig. 1 Ai), Fi°". 743. destructive des char-

.&" y milles, etc.

\^/f Aux premiersjours

JÈÈjk du printemps, unear-

>wg|BfV mée immense de Che-

"m/JÊ P\ nilles assiègent nos

SWÊÊÊK&L arbresà fruit, s'ypro-

JB %\ mènent pour les ra-

fVBQyY vager, et menacent

|W wW l toutes nos espéran-

J\\^^y/ V ces î telles sont les Processionnaires 742.( Bombyx neustria), lesPhal. castralisfiiemalis, geometra, etc., sur les abricotiers , pruniers, cerisiers, et les Pyralis pomana J741 ( Pyrale des pommes) ( fig. 742), vitis, Phal.

antiqua , brurnata, etc. , sur les arbres à pépins, pommiers, poiriers, etc.; la Phal. grossulariata, sur les groseillers ; la Tinea (Yponomeuta) padella, en société nombreuse sur les arbres à noyaux; les Cossus ligniperda,\esPithyocampa, les espèces poilues, sur une foule d'autres végétaux.

Sans doute nos fruits courent les plus grands risques en présence de tant de rongeurs; mais ceux-ci ont aussi pour ennemis, outre les oiseaux, des races vengeresses, les larves d'Ichneumonides et de Chalcides, qui détruisent bon nombre de ces chenilles en les perçant de leurs dards, et en les chargeant de leurs œufs. Ainsi le Calosoma sycophanta fait une grande consommation des processionnaires; une armée de légers coureurs, d'autres coléoptères carabiques, avec les Cicindèles, les Staphylins, se régalent chaque jour de cette abondante pâture; mais cela n'empêche pas les soins indispensables de l'échenil lage.

Ensuite arrivent les immenses générations des Pucerons et antres Aphidiens. Peu de jeunes végétaux en sont exempts, et ces hémiptères eu extraient une sève sucrée qui.

Liv. i*r.

exsudant ensuite de leur corps, attire les Fourmis nuisibles à leur tour par leur acidité et leur instinct déprédateur.

On a tenté diverses lotions amères ou félidés contre les pucerons et les fourmis qui les suivent. Ces moyens sont préférables aux fumigations étouffantes du soufre brûlant qui tuent les jeunes pousses, et aux corps gras ou résineux qui fatiguent également les végétaux. C'est ainsi qu'on a conseillé des lotions avec de l'eau imprégnée d'essence de térébenthine délayée avec de la terre, selon de Thosse ; depuis peu l'on a découvert un moyen plus efficace dans des aspersions faites avec de l'eau chargée d'essence de houille fétide; c'est ainsi qu'on parvient à écarter le Puceron lanigère, si funeste aux pommiers de la Normandie, qui s'est tant répandu depuis l'an 1812, et que l'on croit originaire de l'Amérique. Toutefois, il ne faut pas moins laisser multiplier les larves des Coccinella, dites lions des pucerons, parce qu'elles en font un énorme carnage sans toucher aux végétaux. Les Érolyles leur ressemblent dans d'autres contrées {Erotyle bigarré) [fig. 743). 11 en est de même des larves de Syrphus et autres frfuscides (Musca, L.), qui sucent avec une étonnante rapidité ces pucerons, espèce de bétail nourricier pour ces races carnassières, et pour des Némotèles, des Hémérobes.

Outre les pucerons, il y a des Psylla^ des Kermès, qui fatiguent d'autres végétaux, comme le Kermès du figuier, celui du châtaignier, etc.

Les Cochenilles ou Coccus se multiplient aussi de préférence dans les serres d'orangerie, sous les feuilles des hespéridées, surtout par la chaleur humide; il faut les en délivrer le plus qu'on le pourra.

Enfin, dès avant la maturité de nos fruits, ils sont déjà rongés au cœur par une toule de larves appelées des vers, et qui appartiennent à plusieurs races d'insectes.

D'abord, les fruits farineux ou féculens sont recherchés par les Bruchus, Geoff., les Ptinus fur, et P. latro, P. scotias, P. sulcatus, \esAnobium ou Vrdlettes { Vrillette marquetée) {fig. 744), les Byrrhus pilula et autres à l'état de larve, les Anthrenus qui n'épargnent rien ; ainsi le Bruchus pisi se niche dans les pois et vesces ; plusieurs Anthribus ou Rhinomacer, et des Rhychœnus attaquent beaucoup d'autres semences légumineuses ( Rhinomacer curculionoïde) { fig. 745 ). Les Fig. 746. Fig. 749. Fig. 745.

Fig. 747.

Forficules auricularia et minor causent de grands dégâts parmi les fruits de nos jardins {Forficule biponctuée, mâle) {fig. 746).

CHAP. 19e

DES INSECTES NUISIBLES EN AGRICULTURE

La plupart des prétendus vers qui se trouvent dans les fruits pulpeux, les cerises, les Iramboises et fraises, viennent de teignes; cependant il en est aussi beaucoup qui sont dus à des œufs de mouches des genres Carpomyza, Tephntis (Fabr. et Latr.) et Ortalis de Fallen". Ainsi, à l'Ile-de-France, presque tous les jeunes citrons sont percés par la larve du Tephritis citri ; nos bigarreaux contiennent fréquemment celle de Y Ortalis {Musca) cerasi; les noyaux, les pépins des autres fruits, dès leur naissance, renferment des œufs déposés par ces genres de diptères encore peu étudiés dans leurs espèces. Les mouches à ailes vibrantes, qui plauent sur les fleurs, appartiennent à cette famille.

Les fruits oléagineux, noix, noisettes, au contraire, voient leur coque percée par des Curculio nucum {Charançon des noisettes) {fig. 747) ou des Attelabus {Attelabe du coudrier, fig. 748); il n'est pas jusqu'à des Acarus ou Mites qui ne s'y recèlent. D'ailleurs, chacun connaît assez les insultes des Guêpes, des Fourmis, des Bourdons, contre les fruits les plus sucrés, et les piqûres de quelques Cynips sur les figues ; des Biplolèpes élevant des galles sur plusieurs rosacées {Diplolèpe de la galle {fig. 749), et celles de diverses Punaises, Tingis pyri , etc., qui en sucent les sucs en même temps qu'elles y répandent leurs odeurs fétides ou dégoûtantes.

Les Mouches à scie {Tenthredo), sans attaquer les fruits eux-mêmes, sont fort nuisibles à beaucoup d'arbustes, notamment aux rosiers, en perçant, rongeant, trouant, à l'aide de leur instrument dentelé, les jeunes tiges et les feuilles de plusieurs arbres de la même classe, les pruniers, les poiriers, etc. Ainsi ces hyménoptères ont des larves à pieds nombreux, simulant des chenilles, qui dévorent le feuillage de nos arbres à pépins et à noyaux, et qui s'opposent aussi à la multiplication de leurs fruits.

§ IV. — Insectes pernicieux aux prairies.

La grande calamité pour celles-ci vient de la famille des Sauterelles et Criquets. Personne n'ignore les déplorables déprédations du passage des Sauterelles {Gryllus migratorius, Gr. apricatorius, Gr. lineola et autres espèces), qui, après avoir tout ravagé, finissent par se dévorer elles-mêmes. On a vu des milliards de ces insectes entassés par les vents sur certaines contrées, à tel point qu'on les ramassait par boisseaux et dans de grands sacs. Les Gryllus campestris et notre Grdlon domestique, faisant entendre son cri nocturne près des foyers, dans les chaumières, viennent fureter dans nos provisions ; tous ces insectes rongent les herbes, comme les autres Criquets {Acridium\ et les Truxales {Gryllus acrida), notamment le T. à grand nez (fîg.750), les grandes Sauterelles, Locusta viridissima des campagnes, la Sauterelle grise {fig. 751 ).

C'est encore a l'état de chenilles que les Phalœna calamitosa, la Noctua graminis, les Tinéides du genre des Crambus, désolent surtout les meilleurs pâturages et se multiplient au milieu des foins. Ces insectes

Fig. 750-

Fig. 753. Fig. 754.

sont en même temps dégoûtans pour les bestiaux, qui ne peuvent pas s'empêcher d'en avaler. Plusieurs de ces petits papillons qui en naissent, et qui, d'ailleurs, sont fort jolis, ont été décrits et figurés par Hubner, par Germar, elc. Il faut y ajouter aussi d'autres Alucites que celle du froment, ou des Adela, des JEcophora, dont le nombre et les espèces font même Je désespoir des plus habiles entomologistes.

Les Cicadaires ou Cigales et Ranàtres, le Cercope écume ux {Cicada spumaria, Cercopis sanguinolente {fig. IhT,, si remarquables au printemps dans les prairies, par l'écume qu'elles y déposent , épuisent de sève ou font faner plusieurs glumacées dans leur fructification naissante. Tous ces épis blanchissans et stériles de seigle et d'autres céréales ont été atteints, soit par \a Phalœna secalina, soit par les Cicadaires, tandis que les larves des Tipules travaillent dans les racines, que des Tanypus, autres tipulaires culiciformes, se creusent des demeures dans des galles, que diverses mouches déjà notées, en traitant des céréales, n'épargnent pas les autres graminées. Il faut citer encore leSepsis cynipsea, espèce de mouche attaquant les fleurons des syngenèses, etc., et diverses Cétoines rongeuses, comme la C. dorée {fig. 751), et la C. à deux cornes (fig. 754).

§ V. — Insectes attaquant les provisions animales et végétales, ou cjmestibles.

1° Les substances végétales. — Deux fléaux en ce genre nous ont été communiqués avec les substances commerciales des deux mondes; ce sont les Blattes et les Termites. La Blatta orientalis et la B. americana, L. ou Kakerlack, Blatte américaine {fig. 757), est commune aussi dans les régions septentrionales. On ne peut conserver aucun genre de comestible qu'elle ne dégrade el n'infecte; elle butine de nuit dans les habitations, ronge particulièrement les farines, le pain dans les boulangeries, les moulins, les cuisines, etc. ; de plus, elle répand une odeur détestable;

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