ANIMAUX NUISIBLES
remuer ; les Ptinus, \esJ3ruchus déjà signalés; la Necrobia violacea et les Nitidules {Nitidule biponctuée ) (/%\76l), qui détruisent les chairs salées non moins que les charognes. On fi.
ne peutpassersous silence aussi le grand rongeur des pelleteries , Der* mes tes pellio , les Staphylins, les Silpha et Nécrophores que toute chair attire d'abord.
La famille des Teignes est surtout la plus coupable de ces goûts carnivores, à l'état de larves. Telles sont surtout les Botys, qui pénètrent dans les matières les plus grasses, et V Aglossa pinguinalis {Aglosse de lagraisse) {fig. 762), rongeant les cuirs ou peaux à l'état frais. On ne peut pas garantir les tapis et autres tissus en laine ou en poils, contre les ravages perpétuels des Tineatapezana.sarcitella,pellionella,flavifrontella, etc. {Noctuelle trapéziste (/7g-.763), et de tous ces vers rongeurs qui se pratiquent des fourreaux de leurs excrémens, avec une si redoutable industrie. On sait aussi combien plusieurs Diptères , en été, hâtent la corruption et le dégât des viandes , par leurs œufs bientôt transformés en vers ou larves des Mouches créophiles. Ainsi les Musca vomitoria, grosse espèce bleue; la Musca carnaria, dite vivipare, car ses œufs éclosent immédiatement ; la Musca cœsar, si commune sur les charognes; la Musca putris, qui recherche les corps pourris, les ulcères (la piophyla de Fallen), les Mouches duvieuxjromage {Muscacaseï), méritent d'être remarquées. Elles prouvent, par les œufs déposés dans ces matières animales, que les vers ne s'y engendrent point spontanément, comme le suppose le vulgaire. Leurs larves semblent avoir la propriété de hâter encore la putréfaction des matières qu'elles dévorent. On peut ajouter à ces espèces les Scatophaga {Musca stercoraria , L.) et les vers des latrines ou autres lieux analogues, des Eristhalis tenax {vers à queue de rat) don t la vie est si dure, E. sepulchralis, cryptarum, etc.
Joignons à ces espèces celle qui contribue à faire aigrir le vin ou la bière et le cidre, !a Musca cetlaria {Notophda de Fallen); elle dépose ses œufs dans les vaisseaux à vin des caves et celliers; on en accuse également YIps cellerier{ûg. 766). Enfin, les Acarus {Mite domestique {fig. 767 grossie à la loupe), se développent par myriades sans nombre dans les vieux fromages, les viandes sèches ou fumées, comme sur toutes les matières animales en putréfaction; la nature faisant ainsi servir les débris de la mort à la multiplication de la vie.
CIÏAP. 19*.
DES INSECTES NUISIBLES EN AGRICULTURE
§ VI. — Des insectes nuisibles auxbestiaux et autres animaux domestiques.
La grandeur et la puissance des animaux, de l'homme lui-même, ne les mettent point à l'abri des insultes des moindres races, et le chélif Cousin suffit pour tourmenter ce roi du monde. Aucune race n'est plus importune sous tous les climats; car il n'est point de relation de voyages qui n'entretienne des insupportables cuissons causées par les nuées inévitables des Moustiques et maringoui/is {Cul ex pipiens et pulicarius), non seulement sous les climats brûlans, mais jusque sous les cieux glacés des Lapons et des Esquimaux, et non pas uniquement pour la peau nue de l'homme, mais pour les bestiaux qui ne peuvent se soustraire à leurs dards acérés et brûlans. Il y a plus : d'autres moustiques encore plus petits et noirs se multiplient sous les humides ombrages des forêts; décrits sous les noms de Rhagio par Fabr., et de<SVmw/{tt//zparMeigen, leur piqûre imperceptible est tellement fatigante lorsqu'ils pénètrent même dans les parties génitales si sensibles des bestiaux, qu'ils excitent une sorte de rage et jettent ces animaux dans des éta ts convulsifsde fureur qui les font périr.
On sait quelle frayeur causent les Taons, Tabanus bovinus,etc. Taon des bœufs, fig.76Q), à des troupeaux de bœufs; ils les mettent en fuite Lue espèce appelée tsaltsalya enRubïe, est redoutable même au lion, el poursuit les hommes avec férocité. Une autre espèce, le C/irysopscceciitiem'iS'at laque aux yeux des chevaux et les aveugle au milieu des campagnes sans qu'ils puissent retrouver leur chemin.
Joignons à ces insultans Diptères tant d'autres espèces piquantes, le Stomoxe (Stomoxe piquant)(Jîg.767), le ConopsCalcitr ans ,Conops ntfîpède (fïg.768), qui, suçant le sang des
jambesàl'hom
Fie. 769.
me, dans les temps orageux, et surtout aux
bestiaux, ne leur laisse aucun repos jour et nuit; et ces Syrphus qui ressemblent à des bourdons 76g velus, dont la
seule appro-
parlasibilalion de leurs ailes vibrantes, fait frissonner toute la peau du corps qu'ils menacent.
AGEUCULTU&X,
Les plus dangereux des Diptères Athéricères tout les Œstres, sans conl redit. Leur famille semble instituée pour vivre dans la peau et le corps même de nos bestiaux , le bœuf, le cheval, l'âne, le chameau, le mouton, le renne {Œstre du renne (yfc.769). le cerf, les antilopes, le lièvre, ou la plupart des herbivores; l'homme lui-même n'en est point exempt en Amérique. Le genre entier dvsQEstrus présente l'aspect dune grosse mouche velue, dont les poils colorés par zones imitent ceux des bourdons; ils ont les ailes grandes; les femelles portent à l'extrémité de leur abdomen un stylet perçant, composé de plusieurs lames pour ouvrir la peau dure d'un animal , et pour y faire pénétrer des œufs qui doivent s'y changer en larve rongeante; ces larves, en elfet, creusent leur nid dans les tissus cellulaires, pompent lessucs et forment une sorte de cautère naturel sur le dos des bestiaux, qui ne peuvent s'en garantir, et à tel point que des oiseaux du genre Buphaga viennent en quelques pays extraire avec leur bec ces dangereuses larves. M. Clark, savant vétérinaire anglais, qui a fait un ouvrage sur ces œstres, en énumère trois familles d'après le lieu d'habitation qu'elles choisissent sur les bestiaux . les œstres qui vivent sous la peau y forment des tumeurs ou bosses remplies de pus dont ils s'engraissent; tels sont les cutieoles purivores ; ceux qui s'insinuent dans le nez, les sinus frontaux et l'arrière-bouche ou pharynx, comme chez le mouton, sont les cavieol.es lymphivores. ; enfin ceux qui, déposes vers 1 anus du cheval, ou pénétrant par les voies digestives jusque dans l'estomac et autour du pylore, sont les gastricoLes chylivores : il est à remarquer que la nature a donné à ces larves, non des pattes, mais des poils épineux qui leur permettent de s'accrocher aux intestins des bestiaux ; elles ne se laissent expulser, avec les excrémens, qu'à l'époque de leur dernière métamorphose, pour se reproduire dans une vie libre et extérieure ; en ce dernier état, ces œstres ne mangent point. On les trouve fréquentant les bois et les pâturages; ils font quelquefois entrer leurs œufs par centaines dans un animal qui n'en périt pas; cependant Yalisneri et d'autres auteurs ont attribué aux œstres des accidens graves et même des causes d'épizoolie. Les œstres du lièvre et d'autres rongeurs appartiennent au genre Cutebera.
Après ces insectes, il en est sans doute de moins dangereux, les Tanystomes, ou Asilus ( A. crabriformis et A. forcipatus ), les Anthrax, dont la piqûre inflammatoire cause une sorte de furoncle ou charbon; les Volucella, les Mulio, les Empis, les Bombylius, des Netnotelus, etc. Toutefois, il n'en résulte que des tourmens passagers, comme on pourrait le dire des Bourdons et Guêpes ; mais il est une autre classe plus dommageable.
Les anciens ont a ppeié Bupreste l'insecte auquel ils attribuaient la mort ou le gonflement des bœufs quand ils l'avalaient. Ce n'est point notre genre Bupreste qui produit cet accident attribué plutôt de nos jours à une sorte d'empansement ou d'enflure, d'indigestion d'herbes et contre laquelle on a préconisé l'emploi du vinaigre ou du sel ; mais il parait vraisemblable que des insectes vésicans, tels