‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 329 sur 329 · LIV. Ier · texte numérisé non relu

LIV. Ier

fait ou brûlait en les retenant par des toiles tendues.

Dans plusieurs contrées d'Orient, après que ces insecies ont tout ravagé, les peuple* désolés se jettent sur ces ennemis et les dévorent à leur tour. Les Bédouins les font griller à petit feu; d'autres nations les font sécher, les réduisent en farine et en font une sorte de pain. On en vend au marché à Bagdad. Des Arabes acrydophages en tirent leur nourriture et les conservent dans du beurre, qui sert à les frire ensuite. D'autres les apprêtent avec de la saumure. Un homme en peut manger deux cents par repas ; leur chair a, dit on, le goût du pigeon. Des enfans de nos contrées méridionales mangent parfois les cuisses de ces sauterelles.

Enfin, quand ces insectes, en masse, viennent à périr dans une contrée, leurs corps entassés se putréfient; l'odeur infecte qui s'en exhale peut engendrer des épidémies ; les eaux qui en sont corrompues ont déterminé des maladies pestilentielles, soit pour les bestiaux, soit pour l'homme.

Les étés chauds et humides sont favorables à la multiplication des sauterelles ; les temps secs et sereins concourent à leurs voyages. Telle est leur facilité pour ronger les tiges de blé ou d'orge qu'elles semblent les avaler dans leur longueur; on les a vues

attaquer les gros arbres à défaut d'autre nourriture.

Il paraît toutefois que d'immenses fumigations avec le soufre, les résines brûlantes, l'acide murialique (hydrochlorique en vapeur) éloignent ces insectes comme plusieurs autres.

§ VI. — Des courtilières.

Ce sont d'autres orthoptères remarquables par leurs sortes de mains fouisseuses, par leur habitation souterraine et leur vie nocturne, mais très-dommageables parce qu'elles rongent les racines des plantes potagères et nondent jusqu'à trois ou quatre cents œufs luis ins, jaunes, dans un tetrierbien préparé. Ces œufs éclosent au bout d'un mois, et les jeunes courtilières gris-blanchâtres fourragent déjà les plates-bandes et les carrés les mieux cultivés. Cependant elles détruisent aussi des insectes malfaisans et des plantes inutiles, comme elles deviennent une proie très-friande pour les taupes. En plaçant des vases plais remplis d'eau près des nids de courtilières, celles-ci venant pour se désaltérer, s'y noient souvent. Ces nids se reconnaissent à un renflement du terrain et à la langueur des plantes qui croissent dessus. On peut creuser rapidement à la bêche pour enlever la couvée presque entière.

L'eau de savon noir, l'huile rance, les dissolutions de foie de soufre surtout, éloignent ces insectes; on en a purgé ainsi une garancière qui en contenait peut-être cent mille individus.

Nous avons vu dans la première partie de cet article, qu'il existe beaucoup d'autres insectes plus ou moins nuisibles à l'agriculture, mais nous avons dû nous borner à l'histoire des plus dangereux par leurs ravages.

J. J. VlREY.

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