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mais si la couche d'eau retenue par l'argile mouille trop les racines, les plantes languissent. Un sol argileux ou marneux qui repose sur un lit de pierre calcaire et poreuse , est plus fertile que lorsqu'il est assis sur de la roche dure, imperméable à l'eau : parce que dans le 1er cas l'eau filtre et s'échappe, tandis que dans le second elle reste stagnante dans un sol pâteux qui ne relient déjà que trop d'humidité.
On ne peut guère remédier au défaut de laisser passer les eaux comme un tamis que par des moyens indirects, c'est-à-dire en humectant le terrain par des irrigations supérieures ou souterraines lorsque cela est possible, ou en l'abritant de l'action des vents desséchans et du soleil au moyen de plantations en bordures.
Quant à l'imperméabilité du sol inférieur pour les eaux, on en diminue les inconvéniens en donnant les labours par sillons plus ou moins relevés, en pratiquant des écoulemens dans les champs et les prairies, au moyen de saignées plus ou moins profondes et nombreuses, ou bien en formant des couches de cailloux ou de pierrailles sous la terre végétale. En Angleterre, où l'excès de l'humidité a fait plus qu'en France chercher les moyens d'y obvier, on est dans l'usage de percer de nombreux trous de sonde les couches inférieures qui retiennent les eaux, lorsqu'elles sont d'une nature compacte, d'une épaisseur peu considérable, et ont au-dessous d'elles une couche perméable ; on doit pratiquer ces trous dans les endroits où le terrain offre de la déclivité, et dans ceux où les eaux s'amassent davantage à la surface. Au reste, nous devons renvoyer pour plus de détails à ce sujet au chapitre des desséchemensy et à la section qui traite des propriétés physiques des sols pour apprendre à reconnaître dans le sous-sol les qualités ou les défauts que venons de signaler ; on peut aussi consulter sur le dessèchement des terres argileuses et humides, sujettes à être annuellement inondées, les considérations que nous avons publiées pour servir de programme au prix mis an concours par la Société royale et centrale d'agriculture (2)
§ V. — Principaux sous-sols qu'on rencontre en agriculture.
Dans l'impossibilité de spécifier les variétés des couches inférieures aux terres arables, et qui sont multipliées à l'infini , nous citerons, d'à près Thaér, celles qu'on rencontre le plus communément.
Lorsque le sous-sol est marneux ou calcaire, et que la couche supérieure offre à peine des traces de chaux, l'approfondissement q\u sol, parle défoncement complet ou successif, produit des effets surprenans, et l'améliore en même temps d'une manière durable , parce que la marne, quelque tenace qu'elle soit dans les couches inférieures, lorsqu'elle est amenée à la superficie et mise en contact avec l'air, se divise et se pulvérise , de ma-
(1) Voyez Annales d'Agriculture française. Février 1834.
(2) Du dessèchement des terres cultivables sujettes à être inondées, pour servir de Programme au prix propose par la Société royale et centrale d'agriculture, sur le dessèchement des terres argileuses et humides, au moyen de puisards artificiels, de sondages, etc. —Paris, in-8°, chez Hlme Huzarde
ans, dans les commencemens , une nouvelle culture sarclée remplace une culture non sarclée; il ne faut pas qu'une jachère non labourée vienne permettre au solde se tasser de nouveau, et aux plantes inutiles de se multiplier en produisant leurs semences. C'est au moyen d'une pareille culture qu'on approfondit sans inconvénient le sol d'un à plusieurs pouces, et qu'on rend, avec le temps et sans frais, très-productifs des terrains qui payaient d'abord à peine leurs frais de culture. L'effet, nuisible pour les premières récoltes, du mélange du sous-sol avec la terre végétale, a fait rechercher des instrumens avec lesquels on pût remuer et ameublir la couche inférieure, sans la retourner et la remuer à la surface immédiatement et avant qu'elle ait pu être améliorée par l'infiltration des engrais et par les influences atmosphériques. M. le Mis de la Boess.ere a inventé pour cet usage une machine qu'il a appelée drague à claies (1), et qu'on peut comparer à une très-grande et très -forte ratissoire de jardin, montée sur quatre roues, etassez solide pour résister aux efforts les plus puissans. Cette machine paraît bien remplir son objet; nous regrettons de ne pouvoir la décrire ni la figurer; on lui reproche avec quelque fondement d'être Irop compliquée, trop dispendieuse, et de nécessiter l'emploi de 10 à 12 chevaux pour la faire fonctionner. M. Vilmorin emploie dans sa pratique, pour augmenter l'épaisseur de la couche arable d'un à cinq pouces, sans mêler immédiatement cette terre non préparée avec celle de la surface, le cultivateur ordinaire, ou buttoir à pommes-de-terre, instrument très simple, et qui commence à être assez généralement répandu. Pour lui donner cette destination, il suffit d'en enlever les versoirs ou oreilles, et de lui faire suivre la charrue, dans le même sillon ouvert par elle, en l'attelant d'un cheval ou de deux chevaux placés à la file.
§ IV. — Imperméabilité du sous-sol pour les eaux.
C'est le plus communément à l'imperméabilité de la couche inférieure qu'est due la trop grande humidité du sol : lorsqu'il en est ainsi, et que le terrain n'a pas de pente, l'eau, ne pouvant ni s'égoutter ni s'écouler, est retenue comme dans un bassin, la terre meuble devient semblable à une bouillie, et cette humidité excessive est très-nuisible à la plupart des plantes cultivées ; ces terrains, dans leur état naturel, ne peuvent être ressuyés qu'à la longue par l'évaporation. On voit d'après cela combien il importe de bien étudier, dans les champs qu'on veut exploiter, la nature du sous-sol, puisqu'en livrant aux eaux un passage trop facile ou trop difficile, il en résulte que la couche de terre labourable est exposée à être trop desséchée, ou imbibée et même noyée entièrement.
Une couche d'argile sous un sol sablonneux contribue à sa fertilité, en retenant l'eau qui filtre trop facilement au travers, et en y conservant une humidité plus constante ;
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nière à pouvoir facilement être mêlée avec le sol.
Sous un terrain argileux ou glaiseux on trouve aussi quelquefois une couche/de terre sablonneuse : si elle n'est placée ni trop près de la superficie du sol, ni à une trop grande profondeur, c'est-à-dire si elle est à trois ou
Quatre décimètres ( 1 pied ou 1 pied \) auessous de la surface, et si sa couche est assez épaisse, elle produit un sol éminemment fécond, qu'on qualifie de pesant et chaud tout à la fois, qui ne souffre jamais de l'humidité en en laissant toujours écouler la partie surabondante.
Le sol où la terre végétale n'a qu'une petite épaisseur et recouvre une couche inférieure de sable, est fortement exposé aux sécheresses, lors même qu'il paraît très-fertile dans les saisons humides.
Quelquefois la couche de sable ou de gravier est très-mince , et recouvre elle-même une couche d'argile imperméable. Si le terrain n'a pas de pente, l'eau s'amasse dans la couche de sable comme dans un réservoir et reflue vers la surface; alors il s'y forme des fondrières, des places humides, le terrain devient froid et stérile, parce que l'eau entraîne les particules d'engrais dissoutes, et les dépose dans la couche de sable où elles sont à peu près perdues pour la végétation. Cette espèce de terrain est une des plus mauvaises , si on ne l'améliore par des saignées qui fournissent un écoulement à l'eau : mais à l'aide de ces saignées, ce terrain peut être complèiement corrigé.
Plus le sable qui est au-dessous d'un sol déjà sablonneux est sans fond et mouvant, plus ce terrain est sec. Si à une certaine profondeur, le sable prend plus de consistance, et que l'écoulement de l'humidité soit ainsi un peu arrêté , le sol a plus de fraîcheur et est meilleur.
Quelquefois, surtout dans les montagnes et sur les plateaux des collines de formation tertiaire, le sous-sol est composé de pierres qui ne laissent souvent qu'une épaisseur de quelques pouces à la couche végétale. — Lorsqu'il est composé de pierres à chaux, c'est la circonstance la plus favorable ; à la superficie de la couche, cette pierre est le plus souvent délitée et pleine de crevasses ; elle absorbe l'eau , et les racines des plantes, notamment du sainfoin et des arbres et arbrisseaux, y pénètrent très-bien. Les roches calcaires et gypseuses sont donc moins stériles que lesautfes.
Le schiste argileux, couvert d'une légère couche de terre végétale, se délite lorsque la charrue l'entame ou enlève des morceaux ; on peut ainsi rendre plus profonde et améliorer la couche arable.
Le terrain qui n'a que peu d'épaisseur, et qui recouvre le granit et autres roches presque indécomposables, ne peut s'améliorer qu'en y transportant de la terre végétale ou des déblais et démolitions pour en augmenter la couche.
Lorsque la couche intérieure est composée de cailloux roulés, s'ils sont suffisamment recouverts de terre végétale, ils ne sont pas nuisibles ; et même, si le terrain est argileux, ils peuvent être très-utiles en procurant un écoulement aux eaux surabondantes.