VIII.— Conduite à tenir dans les sols chaulés
Après avoir doté son sol d'une grande fécondité, l'avoir mis dans le cas de produire les récoltes les plus précieuses, qui sont souvent les plus épuisantes, il faut le ménager, lui donner des engrais en. compensation des produits obtenus, employer en litière et non en nourriture les pailles accrues de moitié, faire produire des fourrages à un sol qui désormais les porle avec avantage, modifier enfin l'ensemble et les détails de sa culture d'après les forces nouvelles de son sol, les prix de commerce et les convenances locales.
Toutefois, il ne faut pas se presser de changer d'assolement : une pareille opération est longue, difficile, très-dispendieuse, et ne doit être faite qu'avec une grande maturité.
§ IX. — Effets de la chaux sur le sol.
Les effets de la chaux, quoique analogues, ne sont point identiques avec ceux produits parla marne, et les qualités des sols chaulés diffèrent en quelques points de celles des sols calcaires : le blé d'un fonds chaulé est plus rond, plus fin, donne moins de son et plus de farine que celui d'un sol non chaulé, d'un sol calcaire ou d'un sol marné ; le grain du sol marné est plus gris, donne plus de son et ressemble au blé sur trèfle, quoiqu'il lui soit préférable: le blé du sol chaulé a p!us d'analogie avec celui produit par les terres amendées avec les cendres lessivées. Le sol chaulé craint moins la sécheresse pour sa semaille que le sol calcaire ou le sol marné; il n'est pas sujet à laisser verser, dans le printemps, sa récolte au moment de sa floraison, lorsque la semaille a été faite dans une terre sèche.
Dans le sol chaulé, les mauvaises herbes et les insectes disparaissent; la terre prend de la consistance lorsqu'elle est trop légère, et s'adoucit lorsqu'elle est trop argileuse. La surface du sol argilo -siliceux, auparavant unie et blanchâtre, s'ameublit, et devient rousse et comme cariée, elle sèche, durcit et se fend par la chaleur, et fuse et se délite par la pluie qui succède ; cet ameublissement spontané facilite beaucoup la main-d'œuvre du cultivateur, le travail et la marche des racines dans le sol, et l'action réciproque de l'atmosphère sur le sol qui reste ouverte ses influences.
§ X. — Quantité de chaux absorbée par la végétation.
Les végétaux des sols calcaires ou devenus tels par amendement, renferment dans leurs cendres 30 pour cent de carbonate ou de phosphate de chaux qui sont perdus pour le sol; mais le produit du sol chaulé, de qualité moyenne, est à peu près, pendant les 2 années de l'assolement, de 20 milliers pesans de produits secs par hectare, qui contiennentunpeu moins d'un hectolitre dechaux; la végétation en a donc employé un demi-hectolitre par an. Nous avons vu qu'il en fallait en moyenne, par an, 3 hectol. par hectare, la végétation n'absorbe donc en nature qu'un 6e de la chaux qu'on donne avec profit au sol;
les 5 autres 6e* se perdent, sont entraînés par les eaux descendues aux couches inférieures du sol, se combinent ou servent à former d'autres composés : une portion encore sans doute reste en nature dans le sol et sert à former cette réserve qui, à la longue, dis-
Î>ense, pendant longues années, de continuer es chaulages.
§ XI. — De l'épuisement du sol par la chaux.
La chaux, dit-on, n* enrichit que les vieillards ou enrichit les pères et ruine les enfans : c'est là effectivement ce qu'a prouvé l'expérience, lorsque dans les sols légers chaulés abondamment ou sans l'intermédiaire des composts, on a fait des récoltes successives de grains, sans rendre au sol des engrais dans une proportion convenable, ou cjuand la magnésie mêlée à la chaux a porté dans le sol son influence malfaisante; mais, lorsque la chaux a été employée avec mesure, que sans surcharger le terrain de récoltes épuisantes on les a alternées avec les fourrages, qu'on a donné au sol des engrais en proportion des produits obtenus , le cultivateur prudent voit alors continuer la fécondité nouvelle aue la chaux lui a apportée, sans que son sol donne aucun signe d'épuisement.
Nulle part on ne parle de sols argileux qui aient eu à se plaindre de la chaux, et la fécondité s'est soutenue dans les sols légers toutes les fois que la chaux y a été employée en composts et avec modération.
En Amérique, là où la chaux d'écaillés d'huîtres a pris la place de la chaux magnésienne, les plaintes sur les effets épuisans de la chaux ont cessé.
Art. ii,
■ Du marnage ou de l'emploi de la marne comme amendement.
§ I«"# — Composition, recherche et choix de la marne.
Nature et composition de la marne» — La marne est un composé de carbonate de chaux et d'argile plus ou moins sablonneuse ; on la trouve en général sur les bords des plateaux en grand nombre que présentent les terrains d'alluvion, et sous la couche qui les forme, à plus ou moins de profondeur. Ainsi, la Sologne, sur tous les bords et dans la plupart des bassins qui la sillonnent; la Bresse, sous ses terrains blancs; les environs deToulouse, sous ses boulbennes; la Puisaye, sous ses blanches terres; la Normandie, sous ses terres froides, trouvent la marne comme placée par une main bienfaisante pour donner à ces sols l'activité et les moyens de production que la nature ne leur avait pas départis.
La marne se présente sous différens aspects et sous diverses variétés qui offrent une composition très - variable. Elle durcit à mesure que la quantité de carbonate de chaux augmente jusqu'à 70 pour 100 où elle commence à devenir pierreuse; passé 80 p. 100 elle cesse d'être utilement employée dans le sol. On rencontre des marnes en poudre qui contiennent une très grande proportion de carbonate de chaux.
Les différentes compositions et les changemens d'aspect ont fait diviser la marne
AMENDEMENS. liv. i".
en argileuse , sablonneuse et pierreuse, dénominations un peu vagues, il est vrai, mais qui cependant sont utiles dans la pratique.
Recherche de la Marne. — L'importance de la marne en agriculture doit la faire rechercher partout où elle peut être de quelque utilité. Les tussilages, l'ononis, les sauges, le trèfle jaune, les ronces, les chardons, le mélampyre, sont ordinairement un indice des sols dans lesquels la marne se trouve à peu de profondeur: les creusemens de fossés, de puits la mettent souvent au jour; plus souvent encore on la trouve en arrachemens sur les pentes ; les couches sablonneuses l'annoncent aussi : presque toujours elles la recouvrent ou la supportent.
Si aucun de ces signes ne l'indique, on peut la rechercher par des sondages dans les parties inférieures du sol; mais les grands sondages engageant dans de fortes dépenses, l'extraction de la marne ne se ferait qu'à grands frais, et le plus souvent on rencontre des cours d'eau souterrains qui s'opposent à toute exploitation économique. Toutefois, lorsque l'eau ne nuit pas, l'extraction à de grandes profondeurs est encore beaucoup moins dispendieuse que son transport de lieux éloignés. Les extractions de marne à de grandes profondeurs ne sont pas nouvelles en France. Pline parle de marne qu'on tirait dans lesGaules à plus de cent pieds de profondeur; en Normandie, on eu extrait encore de cette manière : dans ce cas un manège à bœuf ou à cheval peut beaucoup diminuer la maind'œuvre.
Dans les sols où l'eau arrive à peu de profondeur, les grands sondages sont inutiles, une petite sonde {Jig. 47 ) suffit : elle consiste
Fig. 47.
en une barre de fer de 10 à 12 pieds de longueur qui se termine par une pointe aciérée surmontée d'une cuiller; on la manœuvre avec un manche de tarière que traverse la barre, qui s'élève ou s'abaisse à volonté et se fixe par une vis de pression.
La marne est plus près de la surface dans les endroits où la terre paraît plus sèche, où le sol argilo-siliceux est rougeâlre plutôt que gris. Lorsqu'on l'a trouvée, si elle n'est pas profonde, il est préférable de la tirer à ciel ouvert; dans ce cas quelques veines d'eau ne doivent pas empêcher l'extraction: on met à fond dans un jour tout ce qu'on a commencé; l'eau pendant la nuit remplit le creux de la veille, et le lendemain on s'en débarrasse, ou l'on fait une extraction à côté en laissant un contrefort du côté de l'eau.
DU MARNAGE.
Lorsqu'on a trouvé la marne, ou ce qu'on croit en être, car rien ne simule mieux la marne terreuse que certaines argiles, on s'assure de sa nature en la touchant avec de l'acide nitrique, muriatique ou même de fort vinaigre; un mouvement d'effervescence annonce de la marne, mais on n'a que de l'argile si l'acide s'étend sans boursoufflement. D'autre part, si on jette dans l'eau un morceau de marne sèche, il y a sur-le-champ une légère ébullition, ses molécules s'écartent l'une de l'autre comme repoussées à distance, et elles tombent en bouillie au fond du vase; c'est là encore un des caractères spécifiques qu'elle communique au sol à un haut degré.
Tous ces caractères ne se rencontrent pas au même degré dans la marne pierreuse ou dans la marne argileuse : la marne pierreuse a souvent besoin sur le sol du secours des gelées pour se déliter.
Sois auxquels la marne convient. — La marne agit par le carbonate de chaux qu'elle porte au sol, car l'argile seule ne produit sur le sol qu'un effet mécanique; la plus petite quantité du principe calcaire se fait sentir au sol qui n'en contient pas, mais dans les sols calcaires son emploi est le plus souvent nuisible. L'emploi sur le sol de quelques tombereaux de marne, avant la semaille d'hiver ou de printemps, décide mieux la question que tout autre essai.
§ H.— Procédés de marnages dans divers pays.
ïl y a encore plus de variations dans les marnages que dans les chaulages. Le plus souvent, dans un pays, les marnages sont dus au hasard: des terres de fouille, de fossés, de puits, ont été épanchées sur le sol, y ont produit une fécondité inattendue; si le cultivateur est actif et entreprenant, il étend l'opération à ses autres fonds, et s'il inspire de la conhanceà ses voisins, les marnages se propagent; mais alors les procédés se règlent au hasard, et les doses sont presque toujours trop fortes, parce qu'on ne croit pas pouvoir trop donner au sol de cette substance fécondante.
Nous ne trouvons pas entre les marnages anglais et français les mêmes disparates que pour la chaux. Ce que nous devons surtout i^.Merdes Anglais, c'est l'association du fumier à la marne; souvent ils les réunissent en compost; leurs doses de marne sout plus ou moins fortes, suivant qu'il s'agit de 1er ou de 2e marnages ; les 1ers sont de 4 à 5 lignes (9 à 12 mm. ) d'épaisseur sur la surface, et les seconds du tiers au plus,etse succèdent toue les 15 ou 20 ans. Les doses varient ensuite suivant le plus ou moins de consistance des sols, la richesse ou la pauvreté de la marne. Dans quelques cantons on marne les pâturages et les prés non arrosés; on emploie la marne pour accroître les fourrages et la chaux pour les grains. Le marnage a fait changer de face à plusieurs comtés; le Norfolk, jadis cou vent de bruyères et de landes, est devenu, par suite des marnages, la province modèle eu. agriculture. La marne pierreuse, sous l*.iiom de graviers calcaires, féconde de grandes étendues. En Irlande, on en a mis sur le sol une quantité telle qu'on a tout-à-fait
changé sa nature et qu'on ne sera plus dans le cas d'y revenir.
Les marnages en Flandre sont aussi anciens que les chaulages; ils y sont devenus une opération régulière d'agriculture, et consistent en 22 voitures à deux chevaux par hectare, d'une marne pierreuse très-riche : cette dose équivaut à peu près à 500 pieds (17 m. ,13) cubes par hectare, couvre à peine le sol de 2/3 de ligne (1 mm. 5), et forme un centième de la couche labourable. Les arrondissemens deBerguesetde Hazebrouck l'emploient sur les deux tiers de leur surface, et les autres arrondissemens en usent en moins grande quantité parce qu'ils emploient plus de chaux. On tire la marne pierreuse des environs de S'.-Omer; elle coûte de 4 à 6 fr. la voiture, parce qu'on va souvent la prendre à plus d'une lieue. On renouvelle les marnages tous les 20 à 30 ans : ce marnage coûte trois fois autant que le chaulage sur des fonds toul-à-fait analogues, c'est-à-dire de 4 à 6 fr. par hectare et par an en moyenne, tandis que le chaulage ne revient que de 1 fr. 50 c. à2fr.
Les marnages sur le plateau argilo-siliceux de la Puisaje (Yonne) sont faits avec une marne pierreuse et très-abondamment; ils s'élèvent à 3,000 pieds ( 103 m. ) cubes par hectare, forment une couche sur le sol de 4 lignes ( 9 mm.) d'épaisseur d'une marne qui contient 80 p. 100 de carbonate de chaux: cette abondance s'explique, parce que la marne se délite assez difficilement, et qu'un hiver et souvent même plusieurs années ne suffisent pas pour cela. Le marnage avait lieu sur quelques points de temps immémorial, aussi les doses n'y sont que du tiers ou du quart de cette quantité; ils n'ont commencé à s'étendre que depuis 40 ou 50 ans : maintenant la surface est marnée presque tout entière, et le sol a triplé de valeur partout où il a reçu cette amélioration.
Les marnages des environs de Montreuil en Picardie couvrent le sol d'une ligne (2 mm.) d'épaisseur à peu près d'une marne précieuse qu'on extrait sous le sol même par des puits; ce marnage, qu'on renouvelle tous les 20 ans, coûte 20 fr. par hectare.
Les marnages de la Normandie, ceux de la Haute-Garonne, ne nous apprendraient rien d'important; ceux de C Isère peuvent au contraire nous donner d'utiles leçons. Ils se font sur un sol de graviers siliceux avec une marne graveleuse qui appartient au sous-sol: ce sol lait partie de la grande alluvion de graviers siliceux rougeâtres qui couvre les 3/4 du fond du bassin du Rhône, et qui se compose de débris roulés des Alpes primitives liés entre eux par une terre rougeâtre. Ces marnages dus au hasard et faits avec une marne à portée, sont très-abondans ; ils couvrent le sol d'une couche de 4 à 5 lignes (10 mm.) d'une marne sablonneuse qui contient depuis 30 jusqu'il 60 p. 100 de carbonate de chaux. Cette quantité de marne jetée sur un sol aride double au moins ses produits : l'agriculteur avait presque sans fumier une récolte de seigle tous les deux ans qui triplait rarement la semence, maintenant il recueille, pendant 10 ou 12 ans après les marnages, 8 pour un en froment- cependant la récolte a baissé
successivement, et elle est maintenant, après 40 ans de marnage, réduite à quatre pour tîn ; ceux qui n'ont pas vu les récoltes avant le marnage se plaignent de l'épuisement de leur sol , mais le produit brut est encore triple de ce qu'il était auparavant. Au reste, on trouve ici réunies toutes les circonstances qui devaient conduire à l'épuisement: fortes doses de marne très-riche et sablonneuse sur un sol aride, graveleux et peu consistant; une culture sans fourrages; une suite presque exclusive de récoltes épuisantes. Aussi il en est résulté que sur les parties les plus sèches et les plus arides de ce sol qui ne peut presque nourrir aucun arbre et à peine des taillis, le terrain est encore devenu plus sec, et qu'avec des récoltes de grains d'hiver d'une valeur double des anciennes , il est vrai , les récoltes de printemps et les trèfles surtout craignent encore davantage la sécheresse. L'opération du marnage, qui pourrait se répandre avec de si grands avantages sur une étendue décuple au moins du même sol depuis Genève jusqu'à la mer, sur le Bugey, la Valbonne, les plaines de Valence, les garrigues duComtat, la plaine de la Crau, commence à peine à se répandre hors de quelques cantons de l'Isère : les essais suivis de succès dans l'Ain et la Drôme ont pris peu d'extension.
Les marnes du grand plateau argilo - siliceux qui couvrent une partie de l'Ain, de Saôneet-Loire et du Jura, sont argileuses et contiennent de 30 à 40 p. 0/0 de carbonate de chaux; leur efficacité a été révélée par un cultivateur de l'Ain. Il y a 40 ans , l'habitude ancienne d'amender le sol avec de grandes masses de terres chari iées sur la surface a provoqué à des marnages très-abondans; ils ont commencé par être d'une couche de 15 à 18 lignes ( 3à4 cm.) sur toute l'étendue, comme les terremens ordinaires. Cette dose a été réduite d'abord d'un tiers, puis de moitié, quantité encore énorme, puisque dans le pays, où les labours ne sont que de trois pouces au plus , le marnage forme un quart ou le tiers même de la couche labourable.
Les cultivateurs voisins de Saône-et-Loire ont imité ces marnages mais sans en prendre l'abus ; ils ne donnent à un sol analogue qu'un quart de cette quantité d'une marne qui n'a souvent que 30 p. 0/0 de carbonate de chaux, et les marnages sont moins durables sans doute , mais sont aussi productifs que dans l'Ain.
Les fortes doses de marne ont nui en quelques lieux; dans le sol très-argileux, la ténacité du terrain a été accrue, et on a eu plus de peine à le travailler ; le blé noir et les pommes-de-terre yont moins bien réussi ; et dans les sols légers et les sables, sans améliorer beaucoup la consistance , on a rendu le sol trop chaud et multiplié les coquelicots et lesrhynanthus.
Nous trouvons en Sologne une leçon frappante de l'amélioration des terrains légers et sablonneux par la marne : la dose de marne argileuse, analogue dans sa composition et toutes ses apparences à celle de l'Ain, «est de 240 à 300 pieds cubes par hectare, et
AMENDEMÊNS. ttv. i".
cette dose, de 2/5c$ de ligne sur la surface, suffit pour féconder le sol pendant 10 ans.
§ III.— De la dose de marne à donner au sol.
Au milieu de tant de procédés on peut toutefois arriver, pour les sols de consistance moyenne, à une dose rationnelle de marne qui se modifie ensuite suivant la nature du sol : c'est un grand service à rendre à la pratique qui manque sur ce point de direction précise.
Le but du marnage est d'amener le sol à avoir les qualités et les avantages des sols calcaires. Or, l'analyse des meilleurs sols calcaires, des meilleurs sols de Flandre entre autres ; la pratique des pays où le marnage est le plus ancien et le mieux raisonné; les doses que conseil leTHAER; le résumé des marnages nombreux que donne Arthur Young , nous a mis dans le cas de conclure, dans Y Essai sur la marne (1), que la proportion de 3 p. 0/0 en moyenne de carbonate de chaux dans la couche labourable doit suffire: mais la marne plus ou moins riche, et les labours plus ou moins profonds donnent une couche labourable plus ou moins épaisse ; avec la proportion fixe de carbonate de chaux que nous avons admise , les doses de marne doivent donc varier suivant la richesse de la marne et les profondeurs du labour.
Pour faciliter l'application de cette donnée d'expérience et de raisonnement, nous donnons un tableau qui renferme tous les élémens du marnage, et dont il sera facile de faire usage ; il est fait pour toutes les compositions de marne depuis 10 p. 0/0 de carbonate de chaux jusqu'à 90, et pour toutes les couches labourables depuis trois pouces jusqu'à 8; en prenant des moyennes intermédiaires on aura pour toutes les profondeurs de labours et pour toutes les qualités de marne , le nombre de pieds cubes à charrier sur un hectare : les pieds cubes s'évalueront d'après la capacité des tombereaux, parce que la marne, en se délitant sur le sol, prend autant de volume qu'elle en occupe dans le tombereau au moment de l'extraction.
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Nombre de pieds cubes de marue nécessaire
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à une couche laboure'e d'une épaisseur de
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