‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 97 sur 329 · II. Sols goutteux , étangs et marais proprement dits · texte numérisé non relu

II. Sols goutteux , étangs et marais proprement dits

A. Sols goutteux.

Les sols goutteux ne peuvent être complètement assainis qu'autant que, par une tranchée creusée à Pentour jusqu'à la couche imperméable, on s'est emparé de toutes les eaux qui, des coteaux environnans, viennent former une sorte de lac entre deux terres, et dont le siphonnement fatigue la végétation des terrains qui le subissent.

Quand cette opération a complètement réussi, ces terrains rentrent dans la catégorie des sols superposés à une couche argileuse plus ou moins rapprochée de la surface; nous n'avons pas à nous en occuper spécialement ici. Mais, quand elle a échoué, on peut couper la surface goutteuse par des fossés parai lèles très-rapprochés, pour planter sur le talus des aunes ou des saules qui réussissent fort bien, et, dans les espaces intermédiaires, des peupliers, des ormes, des bouleaux, etc. On se procure ainsi en peu de temps un revenu avantageux, et on change un sol nu et fangeux en un riant bosquet. L'aune et le saule se coupent tous les 4 ans, au rez de terre, et donnent une grande quantité de bourrées, de barres, etc. Les fossés doivent être dirigés dans le sens de la pente pour mieux égoutter, et pour qu'en réunissant les suintemens on puisse en former un réservoir d'eau, et, s'il y en a suffisamment, un étang. D'autres oréfèrentoratiquer des tranchées, qu'on remplit de gravier ou de fascines, et qu'on couvre de terre, pour que le sol ne reste pas dépecé en lanières.

Parmi les terrains goutteux, les plus ingrats sont ceux que M. Rose appelle uligineux; ils sont tout à la fois goutteux et tourbeux; ce qui en a été dit {Tome V',page 37) nous dispense de nous en occuper ici.

Nous renvoyons ce qui concerne les étangs proprement dits à l'article qui les concerne. Nous nous bornerons à observer que ceux qui sont alternativement cultivés pendant 2 ou 3 ans consécutifs, submergés ensuite, et empoissonnés pendant un pareil nombre d'années, donnent un excellent revenu, mais qu'on ne peut pas toujours réunir les conditions nécessaires pouradopter cette espèce d'assolement, un des plus avantageux au'on connaisse.

Les étangs, s'ils n'ont pas une grande profondeur, peuvent nourrir plusieurs espèces de végétaux d'un bon produit, tels que le roseau dont nous avons déjà parlé; le Scirpus lacustris, qui fournit pendant sa végétation une abondante litière, et dont les racines, après le dessèchement, présentent aux cochons une nourriture tellement attrayante pour eux que ceux qui les gardent ont bien de la peine à les empêcher de s'échapper

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