APPAREIL DE LOCOMOTION
supérieures, se nomment vertèbres. Leur
nombre est detrenteet un dans le cheval, l’âne et le mulet; savoir : sept au cou, dix-huit au dos, et six aux lombes. Dans le bœuf, le mouton et la chèvre, les os du rachis sont au nombre de vingt-six : sept à la région cervicale, treize à la région dorsale, et six à la région lombaire. Il y a vingt-huit vertèbres dans le porc : sept dans chacune des régions extrèmes du rachis, et quatorze dans la région moyenne; le nombre de ces os dans le chien diffère seulement dans la région dorsale où il n’y en a que treize.
Les articulations de ces os se ressemblent toutes : toutes sont amphiarthrodiales, à l’exception des articulations des deux premières vertèbres du cou entre elles, et celle de la première avec la tête, dans lesquelles il existe des mouvemens plus étendus et plus variés. — Dans la région dorsale les vertèbres s’articulent latéralement avec les côtes.
Enfin, les vertèbres cervicales sont soutenues, ainsi que la tête, par uu grand ligament jaune, nommé ligament cervical, qui est à son maximum de développement dans les grands animaux domestiques.
Les mouvemens de totalité de la colonne vertébrale, sont : la flexion. l'extension et l’inclinaison latérale. — Ses conditions de solidité résident, 1° dans les courbures qu’elle décrit; 2° dans la multiplicite des os qui la composent; 3° dans l’étendue et le nombre des surfaces par lesquelles ces os se correspondent; 4 dans la tenacité de leurs moyens d’union; 5 enfin, dans la cavité dont cette tige est creusée intérieurement.
2° Os de la téte. — La tête, partie la plus compliquée du squelette, constitue l’extrémité antérieure du tronc. Elle est composée de deux parties assez distinctes. La partie supérieure, nommée créne, loge et protége tout à la fois le cerveau ainsi que les parties essentielles de l’audition. L'autre, nommée Jace et destinée à receler et à protéger les organes de la vue, du goût et de l’odorat, er même temps qu'elle sert à la mastication, comprend les deux mâchoires distinguées en supérieure et inférieure.
Le cräne est formé de 7 os, qui sont le frontal, le pariétal, Yoccipital, le sphénoïde, l'éthmoide et les deux temporaux.
La face comprend 20 os. Ce sont deux grands sus-maxillaires, deux petits sus-mazxillaires, deux sus-nasaux, deux lacrymaur , deux zygomatiques, deux palatins, deux ptérygoidiens, quatre cornets, un vomer, et enfin un os nommé m#axillaire qui forme à lui seul la base de la mâchoire inférieure.
A l'exception de ce dernier et du vomer,tous les os de la tête sont incurvés, aplatis sur deux sens opposes, et percés d’un grand nombre de trous pour le passage des vaisseaux et des nerfs. Articulés par leurs bords de manière à constituer differens genres de synarthroses, ils interceptent entre eux des cavités dont les principales sont les sinus, les orbites, les fosses nasales et la cavité buccale. La mächoire inférieure se meut sur la supérieure par charnière imparfaite, de même que l’occipital sur la première vertèbre du cou. Le nombre des os de la tête est exactement le même dans tous les animaux domestiques.
172 ANIMAUX DOMESTIQUES : ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX. riv. mi.
C'est dans les os maxillaires supérieurs et inférieurs que sont implantées les dents; j'en excepte toutefois les ruminans qui ne portent point de dents incisives à la mâchoire supérieure.Le cheval, qui, par la forme deses dents, paraît surtout destiné à se nourrir de graines, est celui dans lequel les mouvemens latéraux de la mâchoire inférieure sur la supérieure ont le plus d’étendue.
3° De l'os hyoide.— On désigne sous le nom d'hyoïde un petit appareil formé de plusieurs pièces osseuses mobiles les unes sur les autres, auquel sont attachés d’une manière active, la langue, le larynx et le pharynx; l’appareil hyoïdien, dont les pièces sont au nombre de 5 dans le cheval et de 7 dans le bœuf, est articulé supérieurement avec le temporal.
4 Os du thorax ou de la poitrine. — Xe thorax est une sorte de cage osseuse appendue en dessous de la partie moyenne du rachis, servant de réceptacle aux organes essentiels de la respiration et de la circulation. Il est formé en haut par les vertèbres dn dos, en bas par un os nommé sternum qui est placé à la manière d’une clef de voûte à la partie inférieure de cette cavité, et latéralement par les côtes, sortes d’ares osseux, flexibles, cartilagineux inférieurement, distans les uns des autres, et articulés supérieurement avec les vertèbres dorsales.— Les côtes sont au nombre de 36 dans le cheval, l’àne et le mulet, 18 de chaque côté, parmi lesquelles 8 seulement,et non pas neuf comme on le croit généralement, s’articuient directementavec le sternum par leur partie inférieure, tandis que les 10 autres s'appuient simplement les unes sur les autres. Les premières son! nommées sternales et les autres «sternales. Les côtes sont au nombre de 26 dans le bœuf, le mouton et la chèvre; huit de chaque côté s'articulent avec le sternum. Dans le porc, il y a 28 côtes, dont 6 sternales et 8 asternales; le chien en a 26, dont 9 sternales de chaque côté.
Les côtes sont articulées de manière à pouvoir augmenter en se soulevant l'ampleur de la cavité thoracique dont la capacité est toujours proportionnée au volume du poumon.
5° Os du bassin. — Le bassin est une cavité qui forme l'extrémité postérieure du tronc, et l’arrière-fond de la cavité abdominale. Il contient une partie des organes génitaux et urinaires, ainsi que l’intestin rectum, par lequel se termine le tube digestif. Les parois de cette cavité sont constituées : 1° supérieurement par le sacrum, oS composé de plusieurs vertèbres dont la soudure est trèsprécoce; 2° par le coccix, série de petites vertèbres successivement décroissantes et de plus en plus incomplètes; 3° enfin latéralement et inférieurement par un grandligament et 2 os larges nommés cozaur, qui, en ayant égard aux analogies qu'ils présentent avec les omoplates, doivent être considérés comme appartenant aux membres postérieurs. L'union du sacrum avec la colonne vertébrale, ainsi que celle du sacrum avec les coxaux étant extrémement serrée, il en résulte que le jeu des différens rayons des membres postérieurs est transmis au tronc sans aucune perte, effet opposé à celui que produit union si différente des membres antérieurs avec le thorax et la colonne vertébrale.
6° Os des membres. — Les membres ou les ertrémités sont de longs appendices unis au tronc par keur partie supérieure. Ils sont au nombre de quatre, deux antérieurs encore appelés thoraciques parce qu'ils sont unis au thorax, et deux postérieurs encore nommés abdominaux et pelviens par rapport à leurs connexionsavec l’abdomen et lebassin. Ils représentent 4 colonnes ou piliers destinés à la sustentation du corps et à sa translation d’un lieu dans un autre. Les membres offrent dans leur construction 1° des dispositions communes, et de nombreuses analogies qui démontrent d’ane manière évidente qu'ils ont été formés d’après un même type fondamental; 2° certaines ditférences relatives aux usages spéciaux qu’ils sont appelés à remplir : le premier rayon de chaque membre antérieur et postérieur forme, en s'inciinant vers le même rayon du membre opposé, une espèce de voûte que ferme d’une manière mobile la colonne vertébrale qui en représente la clef.
Les os des membres représentent des leviers successivement décroissans, mobiles et superposés angulairement de manière à former une colonne dans les brisures de laquelle s'amortissent les percussions Chaque membre se divise en 4 régions principales,quisont pour le membre antérieur l'épaule, le bras, Pavantbras et le pied; les régions analogues dans le membre postérieur sont la hanche, la cuisse, la jambe et le pied.
a) Membres antérieurs. — T'épaule a pour base un os lerge nommé omoplate où scapulum, uni au tronc par l’intermède de parties molles,articulé inférieurement par genou avec l'os du bras, et prolongé supérieurement au moyen d'un grand cartilage qui n'existe que dans les grands quadrupèdes, chez lesquels il parait avoir pour usage d'augmenter la flexibilité dans le point d'union du membre avec le rachis.
Le bras a pour charpente un 9s long nominé humérus, articulé par charnière avec les parties osseuses de l’avant-bras.
L’avant-bras comprend un grand os long nommé improprement cubitus (car il est tout à fait l’analogue de celui que dans l’homme on appelle radius), et une autre pièce osseuse nommée olécräre. qui n’est autre qu'un cubitus rudimentaire. Le principal de ces deux os s'articule par charnière à mouvement oblique, avec la première rangée des os du carpe : dans les animaux domestiques autres que le cheval, le cubitus est plus complet.
Le pied, expression par laquelle on désigne les autres parties qui terminent chaque membre, se compose du carpe, du métacarpe et de la région digitée.
Le carpe ou le genou est formé d’un massif de petits os au nombre de 7 dans le cheval, de 6 dansle bœuf et le mouton, articulés entre eux, et les inférieurs seulement, avec les os du métacarpe.
Le métacarpe ou le canon comprend trois os : le métacarpien principal, qui est un os long, et les deux péronés, os allongés et trèsgrêles, qui paraissent surtout avoir pour usage d'augmenter la surface articulaire supérieure du canon.—Ces deux derniers os, qui manquent à peu près complétement dans Îles
didactyles, sont tres-complets dans les tétradactyies.
La région digitée par laqueiie chaque membre se termine, est formée, dans les monodactyles, de 6 os qui sont 3 phalangiens et 3 sésamoides.
Le premier phalangien, encore nommé os du paturon, est le plus grand des trois; il s’articule par charnière avec le principal os du métacerpe et avec la seconde phalange.
Le second phalangien ou l’os de la couronne est cuboïde; il s'articule inférieurement avec le troisième,et est en partie situé dans le sabot.
Le troisieme phalangier, encore nommé l'os du pied, est remarquable par sa forme analogue à celle du sabot, par la grande quantilé deconduits vasculaires quile traversent en toussens, ainsi que par les productions cartilagineuses en forme d'ailes qui le prolongent en arrière et en haut.
Les sésamoides, au nombre de 3, 2 grands et un petit encore nommé os naviculaire, sont de petits os placés en arrière de la première et de la dernière articulation phalangienne; ils forment des poulies de renvoi aux tendons des muscles fléchisseurs,etcontribuent ainsi àren dre moins défavorable l'insertion de ces muscles sur les leviers qu’ils sont destinés à mouvoir. Tous les os de la région digitée sont en double dans les animaux didactyles, et en nombre quadruple dans les tétradactyles.
b) Membres postérieurs. — La hanche, qui forme le premier rayon dumembre postérieur, correspond à l'épaule. Elle a pour base une portion du coxal, nommée s/um; ce grand os large, que nous avons déjà indiqué comme concourant à former le bassin, comprend encore deuxautres portions, le pubis et enfin l’ischion qui forme la pointe de la fesse; entre la hanche et la cuisse, il existe une articulation douée de toute espèce de mouvemens.
La cuisse, seconde région du membre posté rieur, correspond au bras. Elle a pour base un grand os long, nommé fémur, arliculé inférieurement avec deux des os de la jambe.
La Jambe, région analogue à l’avant-bras, comprend trois os. Le tibia, os long le plus considérable en volume et en poids; le péroné, os allongé et grêle, manquant dans les didactyles, très-développé au contraire dans les tétradactyles ; enfin, la rotule, sorte de poulie attachée à l'extrémité supérieure du tibia, et mobile sur l'extrémité inférieure du fémur.
Le pied, quatrième partie du membre postérieur, se subdivise en régions qui sont exactement les mêmes que celles du membre antérieur, pour le nombre et la configuration des os qui les composent et la maniere dont ils sont articulés.
La première est le Jarret ou le tarse, composé d’un massif de 6 os articulés entre eux d’une manière très-solide. L'un a été appelé calcanéum, un autre astragale, deux autres os plats, deux autres enfin, os érréguliers.
Quant aux os du métatarse ou du canon de
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derrière, et à ccux de la région digitée, ils sont identiques en tous points à ceux des régions correspondantes du membre anterieur,
Ce que nous avons dit de la région digitee dans les membres antérieurs des didactyles et des tétradactyles, trouve encore ici son applicalion rigoureuse.
$IV.— De Ja myologie.
1° Des muscles en général. — Les muscles sont les organes actifs du mouvement; ils représentent les puissances appliquées aux leviers que forment les différentes pièces du squelette et composent avec les os le plus considérable de tous les appareils sous le rapport du volume et de la masse. D'espèce à espèce, et même d’individu à individu, Pappareil musculaire offre dans son développement des différences notables, qui reconnaissent pour cause, ainsi que le démontre la physiologie comparée, des différences, soit dans les habitudes, soit dans le mode d’alimentation, soit enfin dans les attitudes que les animaux peuvent prendre et garder.
La figure des muscles est tellement variée qu’on ne peut rien preciser à cet égard : néanmoins on observe que les muscles plus longs occupent les Are larges, les parois des cavités, et que les muscles courts environnent les os qui présentent les mêmes caractres.
Le trajet oblique qu'ils parcourent quelquefois en augmentant la longueur de leurs fibres, donne plus d’étendue à la contraction de ces muscles et aux mouvemens qui en sont les conséquences.
Des différentes parties auxquelles se fixe un muscle qui se contracte, les unes restent immobiles, tandis que les autres sont mises en mouvement.
Les mouvemens ne sont donc que la conséquence de la contraction où du raccourcissement de la fibre musculaire, qui se plisse en zigzag. — On distingue dans la contraction musculaire, 1° l'intensité, qui se mesure par le volume des muscles; 2° l'étendue, qui se mesure par la longueur des fibres musculaires ; 3° enfin, la vitesse dont on ne peut donner d'explication satisfaisante. Les muscles qui concourent à la production du même mouvement sont appelés congénères, CeUX qui pro duisent un mouvement opposé sont dits aztagonistes. Les noms de fléchisseurs, d’extenseurs, d'abducteurs et d’adducteurs, par lesquels on a fort longtemps désigné les muscles, seront ceux que nous emploierons dans leur exposé.
La figure que nous donnons ici(/Æg.79) represente un écorché de cheval,vu de profil:la peau, les muscles peaussiers et quelques aponévroses d’enveloppe, sont les seules parties qui aient été enlevées, pour présenter les muscles les plus superficiels, et donner une idée de leur situation , de leur forme et de leurs rapports,
&. THIEBAULT. PS
2°Muscles de la colonne vertébrale.—a) Muscles du cou. — Ces muscles, en très-grand nombre, entourent les vertèbres du cou, qui les divisent assez naturellement en deux masses, l’une supérieure au centre de laquelle se trouve le ligament cervical, l’autre inférieure, que iraversent d'avant en arrière la trachée et l’'œsophage. La flexion, l’extension et l’inclinaison latérale de la tête, ainsi que de toute la région cervicale, l’abaissement du larynx et de la langue, enfin la semi-rotation de la tête, sont les principaux mouvemens résultant de la contraction de ces muscles, dont quelquesuns contribuent encore à mouvoir l’épaule et le bras.
L'intensité de contraction ou la force des muscles moteurs du cou et de la tête, dépend non pas seulement de leur nombre et de leur volume, mais encore et surtout de la longueur des éminences osseuses représentant les bras de leviers auxquels ces puissances vont s’attacher ; c’est même, à n’en pas douter, à cette dernière disposition qu'il faut rapporter l'énormité de force que le porc déploie avec la tête et le cou, ainsi que celle non moins remarquable que nous offrent dans ces mêmes parties les animaux de l’espèce bovine.
b) Muscles de la région spinale du dos et des lombes. — Ces muscles, au nombre de dix, cinq de chaque côté, forment une masse considérable qui remplit toute l'étendue de l’espace triangulaire formé par les apophyses transverses des vertèbres lombaires, la partie supérieure des côtes, et le côté des apophyses épineuses de la partie dorso-lombaire du ra-
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