LIV. JT
étant fondés sur la pousse et l’usure constantes et proportionnelles des dents, il est évident qu'ils ne sont plus applicables sans rectificaton du moins, s’il y a excès ou défaut de longneur des dents. Supposons le premier cas :
la longueur des dents est communément de sept lignes à partir de la gencive jusqu’à la surface de frottement, et, suivant nos principes, chaque dent doit user d’une ligne à peu près par an. Si la partie libre des incisives a plus de sept lignes, c’est qu’elles ont usé moins qu'elles ne devaient, et le cheval est nécessairement plus vieux que l'inspection des dents ne semblerait le démontrer ; si, par exemple, les dents sont deux lignes trop longues, comme elles auraient dû user d’une ligne chaque année, l’animal doit paraître de deux ans moins âgé qu’il ne l’est réellement ; ainsi, règle générale pour déterminer l’âge d’un cheval dont les incisives sont trop longues, il faut ajouter à l’âge que marque la iable des dents, autant d'années qu’elles ont de lignes de moins en longueur ; et vice versi, lorsque les dents sont trop courtes, le cheval parait plus vieux qu’il n’est, et il faut lui retrancher âutant d'années que les dents ont de lignes de moins en longueur.
D’après cela. on voit diminuer la difficulté de prononcer sur l'âge des chevaux bégus et Jaux-bégus. Les premiers sont ceux qui présentent encore sur la table des incisives le cornet dentaire extérieur, à une époque où il devrait avoir disparu. Dans les seconds, c’est seulement le cul-de-sac de ce cornet qui persiste contre nature.
Les marchands cherchent quelquefois à tromper sur l’âge des chevaux ; comme ils ont intérêt à ce queles chevaux paraissent toujours plus près de l’âge où leur valeur est plus considérable, s'ils sont trop jeunes, ils arrachent les coins et les mitoyennes caduques, et déterminent quelquefois plus tôt l'éruption des remplacantes, en sorte qu’un cheval n’a pas encore quatre ans et demi que déjà il est pourvu de toutes ses dents de remplacement. On peut s'apercevoir de cette ruse à l'inspection de l’arcade dentaire qui est toujours irréguliere lorsque l’éruption des remplaçantes a été activée par l’arrachement des caduques.
Lorsque le cheval est trop vieux, les marchands le contremarquent, c'est-à-dire qu’ils pratiquent, avec un burin, au centre de la dent, une cavité qu’ils cautérisert avec un fer chaud, de manière à la noircir, et à imiter le germe de fève ; cette fraude n’est pas difficile à reconnaitre, car la cavité factice, si habilement pratiquée qu'elle ait été, se distingue toujours par l’absence &e l'émail qui circonscrit le cornet dentaire extérieur.
$I1.—Connaissance de l’âge du bœuf ctdu mouton.
Les renseignemens les plus certains sur l’âge des bêtes bovines et de bêtes ovines sont fournis dans ces animaux, comme dans le cheval, par l'appareil dentaire; mais, en outre, les cornes, dans ceux de ces animaux qui en sont munis, peuvent encore être considérées comme des parties chronométriques qui donnent des indications moins positives, il est vrai, mais cependant assez constantes et assez sai-