LIV
de ces dents n'offrent pas un assez grand degré d'exactitude pour qu'ils puissent servir à la connaissance de l’âge; mais, comme l’'observe M. Giranp, il est toujours facile de distinguer un agneau de quatre à six mois, d'avec celui de dix à douze, non-seulement par le développement général du sujet dans ce dernier cas, mais encore par l’aspect de ses incisives, qui, à l’état de chicots, sont vacillantes dans leurs alvéoles, tandis que dans le premier cas elles sont encore toutes fraiches et vierges.
De quinze à dix-huit mois( fig. 137), les pinces caduques sont remplacées par les pinces d'adulte, qui sortent de travers, mais moins que dans le bœuf. L’agneau, qui se trouve dès lors dans sa deuxième année, est appelé artenais, nom qu'il conserve jusqu'à la sortie des premières mitoyennes.
De vingt à vingt-sept mois | fig. 138), sortie des premières mitoyennes de remplacement.
Le mâle à cette époque prend le nom de 6élier quand ilest entier, et celui de mouton quand il a été châtré. La femelleest appelée brebis.Quelquefois les premières mitoyennes sortent en même temps que les pinces.
A trois ans et demi ( fi. 139). sortie des secondes mitoyennes d’adulte. Quelquefois elles sortent en même temps que les premières mitoyennes.
De quatre ans à quatre ans et demi (fig. 140), éruption des coins d'adulte. Il est rare de voir les coins de remplacement faire leur éruption en méme temps que les secondes mitoyennes; le plus ordinairement la gencive reste dégarnie de dents pendant un certain temps.
Les incisives d’adulte arrivent au rond entre cinq et six ans. Le rasement procède, comme dans le bœuf, par les pinces, les premières mitoyennes, les secondes mitoyennes et les coins. Ainsi l’âge de six ans est marque par le rasement des pinces; celui de sept ans, par le rasement des premières mitoyennes ; celui de Aurt ans, par le rasement des secondes mitoyennes; enfin les coins marquent par leur rasement la neuvième année.
Mais telle n’est pas toujours la marche que suit l'usure des dents dans les bêtes ovines, et même il est vrai de dire qu’elle présente de
CHNPP ES
nombreuses exceptions. Aiusi souvent Île rasement des pinces précède la sorlie des premières mitoyennes; la même remarque s applique à ces dernières relativement aux secondes mitoyennes, et enfin aux secondes mitoyennes relativement aux coins. En sorte qu’en résumé, les changemens qui surviennent aux dents, après qu’elles ont complété leur éruption, sont très-variables, et ne peuvent communément donner qu’une idée approximative, mais suffisante cependant pour faire juger si l'animal est très-vieux, ou s'il n’a pas dépassé sa cinquième année. Dans ce dernier cas, en effet, les coins sont courts, intacts ou peu endommagés. À mesure que l'animal approche de six ans, les coins s’allongent et atteignent la hauteur des mitoyennes. En supposant que l’usure insolite des mitoyennes ne permette pas de distinguer la septième année, l’état des coins indiquera si la bête peut encore être dans sa septième année, ou si elle approche de sa neu- Y'ème, époque où la table des coins est nivelée, et où l’arcade incisive parvient au ras (/g. 141). :
Quelquefois, dans les animaux qui pâturent sur des bruyères ou sur des terrains dont l'herbe est dure et courte, on apercoit entre les deux pinces une entaille triangulaire connue sous le nom de queue d’hirondelle (Æg. 140); c’est ordinairement entre l’âge de quatre à six ans que cette échancrure se fait observer. Les dents incisives du mouton peuvent pécher par excès de longueur ou excès de brièveté. C’est ordinairement après l’âge de six ans que la première de ces anomalies se fait observer, et entre dix et quinze ans qu’on remarque la seconde. ù
On consulte quelquefois les cornes des béliers pour reconnaitre leur âge, mais cette partie de la chronométrie est encore peu avancée. D’après les observations de M. Gx RARD, l’accroissement annuel de chaque corne dans les béliers mérinos pourrait être évalué comme il suit :
1 annee 17 19/4 /20 DOUCE: