‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 231 sur 467 · OPÉRATION DE LA QUEUE A L’ANGLAISE · texte numérisé non relu

OPÉRATION DE LA QUEUE A L’ANGLAISE

La

donner quelques inquiétudes, il faudrait pour l'arrêter appliquer deux ou trois larges plumasseaux mouillés d’eau froide sur la partie inférieure de la base de la queue, et y maintenir cet appareil pendant 7 à 8 heures à l’aide de tours de bandes médiocrement serrés.

Dans les cas ordinaires les plaies sont cicatrisées du vingtième au trentième jour. C’est alors qu'on cesse la suspensien de la queue, et que l’on fait couper le tronçon de la queue et écourter l'animal si on veut qu’il soit complétement anglarsé.

Les soins qu’on a dû donner au cheval depuis le moment de l'opération jusqu’à celui où on le retire de la poulie, ont été simples; il a suffi, à la fin du premier jour, d’ôter du sachet quelque peu de sable où de terre pour en diminuer le poids, lorsqu'on n’a plus eu à craindre d’hémorragie; et ainsi de suite pendant cinq à six jours jusqu’à ce que le poids ait été réduit à 4ou 5 livres; alors on le laisse tel jusqu’à la fin. Tous les jours on doit lotionner avec de l’eau fraîche la partie supérieure de la queue, près de sa base, autrement la peau de cette région s’échaufferait, comme on dit, et les crins qui la revétent ne tarderaient pas à tomber. Ceux-ci, qui ne sont pas compris dans la natte, seront aussi tous les Jours lavés et peignés avec soin.

Comme l'animal aura besoin d’être quelquefois promené, on devra pendant sa promenade, et afin de conserver l’écartementdes lèvres des incisions jusqu’à l'entière cicatrisation de ces plaies, placer en travers de la partie supérieure de la base de la queue, un botillon de paille fortement serré au milieu de sa longueur qui est d’un pied à 15 pouces, sur lequel on reriverse la queue, et sur lequel on maintient celle-ci, enattachant au milieu d’un surfaix qui embrasse la poitrine, un lien quelconque qui continue l'extrémité de la natte formée par les crins. — La carie des os coccigiens, quand ils ont été atteints par le bistouri pendant l’opération, et la gangrène de la base de la queue, sont les accidens locaux les plus graves qui puissent suivre cette opération. Leur traitement ne peut être bien dirigé que par un vétérinaire.

SECTION x. — De la trachéotomie.

La trachéotomie est une opération qui consiste à ouvrir la trachée, pour donner accès à l’air, chez les animaux menacés de suffocation par suite de l'existence d’un obstacle dans le tube respiratoire. La trachée est, comme on le sait, le canal cartilagineux situé à Ja partie antérieure et inférieure de l’encolure, qui conduit l'air de la gorge dans la poitrine, et que les bouchers désignent communément sous le nom de corxet. Ainsi, après cette opération, Fair, au lieu de s’introduire par le nez pour pénétrer dans les poumons, entre par l'ouverture chirurgicale faite à la trachée. On voit donc que la trachéotomie ne peut être utile que toutes les fois que l’obstacle à l'entrée ou à la sortie de l’air se trouve au-dessus du point où cette opération est pratiquée; et que, par conséquent, pour être efficace, elle doit être faite entre l’obstacle et les poumons. Ainsi, règle générale, lorsque

cet obstacle existera, soit dans les cavités nasales, soit dans le larynx, la trachéotomie pourra être indifféremment pratiquée sur toute l'étendue de la portion cervicale de Ja trachée . s’il existe dans la partie supérieure ou moyenne de ce canal lui-même, c’est audessous du point où il se trouve qu’il conviendra d'opérer : si, enfin, ce qui heureusement est très-rare, il existe en bas de la portion cervicale de la trachée, ou plus près encore des poumons, l’opération serait tout à fait inutile.

Quand la cause qui s'oppose à la libre circulation de l'air est une maladie qui ne doit pas être de longue durée, l'ouverture faite à la trachée, ne devant servir que temporairement à la respiration, n’a pas besoin d'être aussi grande que si la persistance probable de l'obstacle faisait prévoir l'impossibilité pour l'animal de respirer, à l'avenir, par une autre voie que cette ouverture.Maisilest rare, dans ce dernier cas, que l'opération doive être faite d'urgence; presque toujours la gêne de la respiration a marché progressivement, et comme ona pu prévoir dès longtemps la nécessité de la pratiquer, on n'attend pas au dernier moment pour s'y décider; on a le temps de faire prévenir un vétérinaire, seul capable de l’exécuter et ainsi de prévenir, ou du moins de reculer les accidens plus ou moins éloignés dont elle est quelquefois suivie.

Dans le premier cas, au contraire, 1l arrive

arfois que l'animal, qui, le soir, respirait li-

rement, ou du moins dont la respiration n’était pas gênée d’une manière inquiétante, est pris tout à coup d’une difficulté de respirer qui fait des progrès si rapides, que la mort en serait l’inévitable et prochaine conséquence, si on attendait que le vétérinaire, pour peu qu'il fût éloigné, fût prévenu et eût le temps d'arriver. C’est en de pareilles circonstances qu’un propriétaire peut sauver son animal, en faisant lui-même l’opération dont il s’agit; il la fera moins bien, il est vrai; 1l s’exposera à quelques petits accidents que le vétérinaire aurait certainement évilés; mais enfin, il aura empêché l’animal de mourir, et c’est beaucoup, c’est tout.

Voici comment on procède : l'animal est debout, car, abattu, il suffoquerait. On lui fait lever un peu la tête de manière à pouvoir agir plus à son aise. On est muni d’un bistouri droit à lame étroite. A son défaut, un bon canif pourrait le remplacer. On fait à la peau de la partie antérieure de l’encolure, dans le plan médian, une incision longitudinale de trois ou quatre pouces de longueur; d’un second coup d’instrument, si on ne l’a pas fait du premier, on fend une couche musculeuse très-mince, et on sent alors sous le doigt deux cordons charnus,de la grosseur du doigt, qu’on écarte l’un d’un côté, l’autre de l’autre; un aide est chargé de retenir avec un crochet où avec le doigt la lèvre de l’incision d’un côté, tandis qu’un second aide tient celle de l’autre. L'opérateur, en explorant avec le doigt le fond de l’incision, sent alors distinctement la surface annelée que forment les cerceaux cartilagineux de la trachée. Si la suffocation est imminente, il enfonce aussitôt son instrument entre deux cerceaux, et fait, transversalement à ces cerceaux ( parallèlement à l’axe

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