‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 346 sur 467 · CHAPITRE IX. — Du harnachement · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — Du harnachement

Les grands animaux domestiques ont été comparés, avec raison, à de puissantes machines dont les forces sont utilement employées par l’homme pour vaincre les résistances, surmonter les obstacles et imprimer aux masses inertes des mouvemens de translation. Ainsi, dans nos campagnes, associés à la charrue dont ils sont les moteurs, le bœuf ou le cheval creusent les sillons du labour : dans les pays riverains, les chevaux ont été longtemps les seuls instrumens au moyen desquels l'homme est parvenu à vaincre la résistance constante du courant des fleuves, que les seuls efforts de ses rames auraient difficilement surmontées: enfin, dans la plupart des contrées de France, aujourd’huiméme encore, les chevaux, les bœufs, les ânes et les mulets, sont lés seuls moteurs des machines employées au transport par terre des marchandises qui alimentent le commerce de nos villes. Pour utiliser avec efficacité ces puissans moteurs, et appliquer leurs forcesavec le moins de perte possible contre les résistances qu'elles doivent vaincre, on a imaginé différens appareils dont les uns, /es Larnais, ne sont pour la plupart que des moyens de transmission de l’action des premières aux secondes, et les autres, les voitures, les chariots et les différens modes de charroï, sont destinés à faciliter par leur mécanisme le déplacement des masses.

Le but que nous nous proposons dans cet article est de rechercher quel est, dans les diliérens services de nos grands animaux, le mode de harnachement, le plus favorable à lentier développement de leurs forces.

SECTION 1'*.— Des harnais.

Les harnais sont ces divers appareils que l’on adapte sur le corps des animaux domestiques, dans le but principal «de les gouverner et de leur faire exécuter le déplacement d'une résistance, soit par le tirage, sott par le transport à dos : quelques-unes de leurs parties accessoires servent à les préserver de la piqûre des insectes, et des effets de la température.

Les harnais peuvent être considérés comme les agens essentiels de relation entre les moteurs animés et les masses qu'ils doivent déplacer, ov en d'autres termes, comme les moyens d':pplication des forces motrices à la résistance:qui leur est opposée; aussileur confection raisonnée et leur adaptation sur le corps des animaux est-elle d’une haute impor-

tance, puisqu'elle entre comme donnée essenüelle dans la solution de cet important problème de mécanique : £tant donnée la force d'un moteur animé, lui faire exécuter avec le moins de perte posstble le déplacement d'une resistance.

Avant de donner les règles que l’on doit suivre dans la confection des harnais, nous devons indiquer les noms, la forme et les usages des différentes parties qui entrent dans le harnachement des animaux, et rappeler en même temps la description des régions anatomiques avec lesquelles ces parties se trouvent en rapport.

$ [T.— Du harnachement du cheval de trait.

Trois appareils distincs par le but qu'ils doivent remplir constituent le harnachement du cheval de trait (7. 251) : le 1°", le plus essen-

tiel, est destiné à faire exécuter le tirage, c’està-dire à transmettre à la voiture le mouvement en avant communiqué par le cheval; le second imprime les mouvemens en arrière, et permet à l'animal des’opposer dans les descentes à la tropgrande vitesse, que le fardeau peut acquérir en obéissant par son propre poids à la pente du terrain; le troisième enfin sert seulement à gouverner les animaux.

$ II. — De l'appareil du tirage.

La partie essentielle de l'appareil du tirage est le collier dont les accessoires sont les éraits, le surdos, les fourreaux et la ventrelle.

cHAP. 9.

A.Le collier (fig. 252, 253 et 254) est un har- Fig. 252. Fig. 253. Fig. 254.

pais à jour, ovalaire, qui entoure exactement l'extrémité inférieure de l’encolure et se prolonge de chaque côté sur les épaules. Ilest for mé de deux parties principales, les coussins et les attelles.

Les coussins F sont deux bourrelets qui ont pour base profonde des tiges de paille étroitement réunies et serrées de manière à former un faisceau résistant ; du côté interne. latoile ou le cuir qui les revêt est rembourré par des crins ou de la laine destinés à rendre plus doux leur contact avec le corps de l'animal.

Réunis lun à l’autre inférieurement, suivant une courbe qui ceint le bord inférieur de l'encolure, ils font supérieurement leur jonction à angle très-aigu, et se prolongent audessus du sommet de cet angle en un cône D, nommé téte du collier. On reconnait à ces coussins deux faces et deux bords. La face interne est arrondie et souple au toucher; la face externe présente, sur son bordantérieur, une saillie cylindrique qui suit tout le contour du collier, dont elle forme la verge; en arrière de cette verge elle offre une rainure profonde destinée à loger les attelles,et enfin derrière cetie rainure, les coussins présentent un renflement qui la limite. — Le bord antérieur est droit et parallèle à la verge, le bord postérieur, mieux garni et plus épais, décrit une courbe dont la convexité est postérieure : du reste, la forme de cette courbe varie comme nous l’indiquerons ailleurs, suivant le service du tirage auquel est employé l'animal.

Les attelles du collier ( À B) peuvent être de bois ou de fer; elles ont pour usage principal de donner attache aux traits.

Les attelles de bois sont deux planches fixées verticalement par leur bord interne concave, dans les rainures des coussins. Leur extrémité supérieure dont la forme varie suivant les pays, est rejetée en dehors de chaque côté de la tête du collier, et recoit le nom d’oreilles ; elles sont toujours munies d’anneaux dans lesquels passent les rênes.

La partie de l’attelle qui correspond au milieu de l’épaule est percée d’une ouverture rectangulaire, destinée à loger une forte courroie repliée en arrière, en une anse ou bracelet B dans laquelle s’attachent les traits. La partie inférieure de l'atteile, recourbée en sens inverse de la partie supérieure, est unie à l’attelle opposée d'une manière fixe ou mobile ; dans le premier cas, les attelles sont réunies, soit au moyen d’une courroie passée dans des ouvertures dont elles sont percées, soit au moyen d’une lame de fer vissée sur l'une et l’autre; dans le second cas, le collier

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