‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 113 sur 357 · C.Végétation dans les canaux et sur les francsbords · texte numérisé non relu

C.Végétation dans les canaux et sur les francsbords

Quand les canaux ont peu de profondeur et que l’eau y reste stagnante, les poissons n'y réussissent pas très-bien, maïs la végétation des plantes marécageuses qui s’y établit, fournit un produit assez important. Si ce sont des roseaux (Æ4rundo phragmites), ils peuvent être fanés et servir à l’alimentation du gros bétail en hiver, ou bien être conservés pour couvrir les habitations, pour natter les digues , etc. Si ce sont des carex, des soucheis, des joncs, etc., ils peuvent être mangés en vert par les bêtes à cornes, ou plutôt être fauchés pour litière. Il est même quelques espèces de jones qu'on peut employer à faire des nattes d’un effet très-agréable.

On en voit de telles dans les salles à manger dé Hollandais qui servent de tapis de

ied.

: Les talus et les francs-bords du canal se garniront aussi d'une végétation plus ou moins abondante, selon la plus ou moins grande fertilité du sol. Dans les Pays-Bas on fauche presque lous ces talus; on en retire ainsi un revenu assez considérable. Si on ne pouvait les faucher, on aurait du moins un pâturage abondant; mais il faudrait prendre garde que le piétinement du bétail n’occasionât des dégradations à ces talus et aux francs-bords.

D. Piantations.

DESSÉCHEMENT DES MARAIS

qu'on pourra trouver des produils; en un mot, de prendre note de toutes les circonstances dans lesquelles on va agir.

Si le canal doit servir à la navigation, il ne faut planter entre le chemin de halage et l’eau que des osiers coupés rez de terre, qui sont laillés tous les ans pour des liens de cercle, pour des paniers où pour toul autre usage analogue. Encore risque-t-or de nuire à cette navigation quand le bief du canal est très-étroit, et de voir ces plantations dépérir si le halage à lieu fréquemment.

Si l’on n’est pas gêné par cette considération, je conseille de placer un rang d’osierau rez de l’eau, puis un second rang à un pied au-dessus, mais alternant avec celui d’audessous, de manière que la plante supérieure se trouve entre deux inférieures. Si l’on a un espace suffisant, on plantera au haut des talus un rang de saule, de peuplier, d’aune,ou de frere, selon qu'on le jugera convenable et selon l'emploi qu’on en prévoira. On pourra ensuite complanter les francs-bords, par-delà des banquettes, avec les espèces susceptibles d’y croître le mieux.

Je n’entrerai pas à cet égard daus des développemens plus étendus, on les trouvera dans d’autres parties de cet ouvrage. Seulement je ferai observer que, pour épargner la bourse des dessiccateurs, qui ont déjà tant de dépenses à supporter, on peut se borner à planter des pourrettes d’ormes et autres arbres analogues, au lieu de sujets tirés des pépinières , en supposant toutefois qu’il soit facile de les garantir de la dent du bétail. Un homme plantera, dans une terre meuble comme l’est celle des francs-bords d’un canal nouvellement creusé, jusqu’à cinq cents pourrettes par jour, et si les dessiccateurs ont semé eux-mêmes ces pourrettes , elles ne reviendront pas à plus de 2 ou 3 fr. le mille, de sorte qu'on peut à très-bon marché garnir ses canaux d’une multitude d'arbres. Je conseillerais de les mettre d’abord très-épais; on les éclaircit ensuite facilement et avec bénéfice en vendant les plants qu’on a de trop.

Avant de terminer ce paragraphe, je recommanderai la culture du chéne en tétara comme dans la Belgique. Il fournit ur bois de chauffage de fort bonne qualité.

Je dois observer que, dans tout ce qui précède, J'ai supposé que le terrain n’était pas salé et l’eau non plus. Dans le cas contraire,

il faudrait substituer à la plantation des ar-

bres ci-dessus, celle des tamarix; aux gazonnemens en graminées, l'ensemencement et latransplantation des plantes alcalines, telles que le Chenopodium fruticosum, V Atriplex portalocoides, etc.; aux cypéracés enfin, les plantations du J/uncus acutus, le seul qui résiste bien, sinon à l’eau salée, du moins à

l’eau saumâtre.

Il est entendu aussi qu’on choisira entre les

diverses variétés d'osier el de tamarix celles

Les francs-bords, les banquettes et les ta-[qui réussissent le mieux et ont un meilleur lus des canaux peuvent être rendus produc-|[débit. Parmi les osiers ii y en a de plus protits par des plantations appropriées au ter-|pres aux cours d’eau rapides, d’autres aux rain; mais, avant d’y procéder, il convient{cours paisibles, d'autres aux marais, d’autres de bien reconnaître la qualité du sol, sa con-laux laïs de mer; 11 y en à qui sont préférés sislance, Son niveau, son exposition; d’étu-lpour les corbeiiles, d’autres pour la lonueldier le climat, les besoins locaux, lemploillerie, d'autres pour le fagotage. Parmi les

Tamarix, Vafricana est préférable dans les climats chauds, le gallica dans les climats tempérés, et le germanica dans les climats froids.

Je n’ai rien dit non plus de la culture du roseau à quenouille(4rundo donax), qui réussit très-bien dans les sables, sert à les fixer, et peut être utilement employé à faire des paniers très-solides, des canisses à vers à soie, des castellets de pêcheurs, etc.

Sur les bords du canaï de Beaucaire on a planté, il ya peu d'années, des müriers qui ont très-bien réussi. On y sème de la /uzerne. On eût pu y cultiver avec profit les espèces de vigne qui sont propres à produire le vin de chaudière, ou introduire toute autre culture appropriée au sol.

On sent, par tout ce qui précède, qu'il faudrait des circonstances bien défavorables pour que les frais d'entretien des digues et des canaux ne fussent pas couverts par une bonne administration de leurs produits. La

lupart du temps, si l’on sait en tirer parti, ils donneront un excédant imputable sur l'intérêt de l'argent qu’on y aura dépensé.

$ II. — Emploi du sol après le desséchement.

Observation préliminaire.

L'usage qu’on fera du terrain desséché dépendra, comme dans toutes les autres exploitations, du climat, du sol, des ouvriers qu'on pourra employer, des débouchés, etc.

Nous n’entrerons dans aucun détail à cet égard, afin d’éviter des répétitions; nous ne parlerons que des opérations spéciales et des modifications aux règles générales qu’exige ou que comporte l’état particulier de ces terrains.

Pour mettre de l’ordre dans nosidées, nous diviserons les sols desséchés en trois classes: 1° sols endigués contre les torrens, rivières ou fleuves; 2° sos goutteux, étangs et marais d’eau douce ; 3° lais et relaus de la mer. Dans chacune de ces classes nous considérerons : 1° les terrains complètement desséchés; 2° ceux qui ne le sont qu'imparfaitement; 3° enfin, ceux qui sont lout-à-fait abandonnés aux eaux.

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