‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 122 sur 357 · IL. Défoncemens à la charrue · texte numérisé non relu

IL. Défoncemens à la charrue

Les défoncemens progressifs peuvent s’effectuer, dans beaucoup de cas, jusqu'à une profondeursuffisante, en donnant, d’année en

AGRICULTURE : FACONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL

{ année, ou de labour en labour, un peu plus d’entrure au soc de la charrue ordinaire, sans rien changer d’ailleurs à sa marche habituelle,

ue d'augmenter plus ou moins le nombre

’animaux de tirage.

Pour atteindre plus profondément, on fait usage assez fréquemment, dit-on, chez nos voisins d'outre-mer, de charrues à plusieurs socs, auxquelles on attribue de grands avantages. Il en existe aussi en France, mais Je n’ai point été à même d'apprécier leurs effets. Il y a lieu de croire qu’elles pourraient faciliter et simplifier beaucoup le défoncement, et il est probable que si, depuis qu'on les connaît,elles ne se sont pas multüpliées plus qu’elles ne l'ont fait, cela tient surtout, d’une part, à leur imperfection et à leur prix élevé, de l’autre à leurs usages nécessairement restreints, et enfin à la possibilité de les remplacer tant bien que mal, comme nous le verrons toutàa-l’heure, sans rien ajouter au matériel le plus ordinaire de chaque exploitation. — Parmi les charrues de débat à dou-

ble soc, celle de MorrTon ( /g. 162) me pa- Fig. 162.

raît une des plus simples et des mieux concues. — Elle se compose de deux parties A et B dont la seconde pénètre de 4 ou 6 pouces plus profondément que la première. Celle-ci A, soulève le sol à la profondeur de 5 pouces et le retourne dans le sillon plus ou moins profond ouvert par la partie B, laquelle Jaboure ordinairement à 10 ou 12 pouces et peut être disposée de manière à attemmdre jusqu'à 15; — le long de son versoir s’élève un plan incliné indiqué sur la figure par une double ligne ponctuée, qui s'étend de la partie postérieure de la lame du soc C jusqu’à la partie postérieure du versoir D, où elle se termine à environ 6 pouces au-dessus du niveau du sep E. Par suite de cette disposition, la terre, soulevée du fond du sillon, glisse obliquement de bas en haut, et se trouve renversée sur le sommet de la bande formée par l’avant-corps A.

A défaut de semblables machines, il n’est pas rare de voir approfondir la couche labourable en faisant passer, à la suite l’une de l’autre, deux charrues à versoir dans le même sillon, et quoique le travail présente ainsi moins de perfection et devienne plus coûteux, ce moyen, facilement praticable, et incomparablement plus économique que tout défoncement à bras d'hommes, est suivi d’excellens résultats. Je dois ajouter qu'à mesure que l'importance des labours profonds s’est fait mieux sentir, on a construit des charrues à un seul soc qui suffisent aux défoncemens ordinaires; au nombre de ces dernières je pourrais citer particulièrement celle d’£cosse, dont tout le corps est en fer coulé, l’araire: grand modèle de Grignon, la charrue Val-

cHap. 6°.

court, celle de Fellemberg, ete. (Voy.la section suivante.)

Pour atteindre et diviser le sous-sol sans le ramener à la surface, M. je marquis DE La BorssièrE a inventé récemment un instrument dont il a déjà été parlé (voy. page 30).— Le cultivateur où binot, dépcuillé de ses versoirs et conduit derrière une charrue ordipaire, de manière à approfondir successivement chaque raie, sans exiger une grande force de tirage, produit plus simplement à peu pres le même effet. Si Je reviens ici sur son emploi pour les défoncemens de ce genre (voyez page 30), c’est moins dans le but de compléter le présent article que dans celui de recommander plus particulièrement à l'attention des cultivateurs une amélioration à la fois importante et facile.

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