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peut, sans nuire à celle-ci, faire fonctionner un semoir à bras ou à cheval, et la semaille à la volée est de rigueur. Le binage de ces sortes de plantes est plus difficile et plus dispendieux que si on eût semé en lignes. Avant de le commencer, il faut absolument enlever les chaumes qui restent dans la terre, lorsque la première récolte en a laissé. Cette extraction ne peut se faire convenablement qu’à la main; mais, sicoûteuse qu’ellesemble au premier aperçu, on en est amplement dédommagé par les produits qui servent à faire de la litière, des composts ou du moins des cendres. D'ailleurs, le fait même de cetie extraction procure au sol un remuement qu’on considère avec raison comme un faible binage.— Ce n’est pas que, même pour les récoltes de cette espèce, on ne puisse disposer les plantes par rangées. Si après la première récolte on s'aperçoit que les végétaux qui restent sont assez épais, on prend un rayonneur dont on écarte les pieds, et on le promène sur la superficie. Les pieds arrachent les plantes qu’ils rencontrent, et laissent les autres parfaitement intactes et disposées régulièrement par rangées parallèles. Alors les menues cultures s’exécutent à la main comme à l'ordinaire, ou mieux à l’aide de la houe à cheval.
$ III. — Binage à la houe à cheval.
Il y a long-temps que l’agriculture anglaise se sert avec succès, pour opérer les binages, d'instrumens conduits par des chevaux. M.pE FELLEMBERG a donné sur le continent le premier exemple de menues cultures un peu complètes d’après le système anglais. En France, les cultivateurs ont généralement ajouté peu de foi aux éloges qu’on a donnés à la houe à cheval. Si nous cherchons à nous rendre raison de cet éloignement, si nous examinons sérieusement les objections que l’on a faites contre l'emploi de cet instrument, nous trouvons qu'elles se déduisent de deux ordres d'idées bien différentes, je dirais même opposées. Les uns veulent absolument que rien ne puisse remplacer la culture à bras ; les autres ont prétendu que la houe à cheval peut remplacer complètement la main-d'œuvre. La vérité se trouve rarement dans les opinions extrêmes. Si l'on s’obstine à n’utiliser que les bras de l’homme, la culture des plantes sarclées sera très-dispendieuse; et, si Jamais on ne réunit la culture à bras à celle qui s'exécute aveclesecours des chevaux, l’on n'obtiendra jamais qu'un travail défectueux dont on rejettera le vice sur l’imperfection de la charrue à biner. Si, au contraire, on réunit ces deux moyens d'exécution, pour les parfaire, pour les compléter l’un par l’autre, on arrivera certainement à un résultat qui satisfera tout homme sensé et rationnel.
Ainsi que nous l’avons dit en parlant des binages à la main, ilest un certain nombre de plantes que nous ferons connaître plus tard, pour la première facon desquelles on ne peut utiliser la houe à cheval: l’action de cet instrument est tellement rapide, que l'homme qui la dirige n’aurait pas le temps de le guider justement entre chaque rangée
cHaApP. 8°.
de plantes, si celles-ci par la verdure de leurs feuilles ne tranchent pas avec la couleur du sol; et c’est ordinairement le cas des premiers binages. ;
Mais passé cette époque la Aoue à cheval peut toujours fonctionner. Celle qui est le
lus généralement usitée aujourd’hui pour Les plantes semées en lignes espacées d’au moins 18 pouces, est assez simple dans sa construction (fg. 337). Le soc a est placé à
Fig. 337.
extrémité antérieure delabranche médiane. |
A celle-ci sont attachées deux ailes ou branches latérales à x, qui reçoivent les couteaux ou lames recourbées de q. Les deux ailes s’éloignent ou se rapprochent à volonté, selon que l'exige l’espace qui existe entre les lignes. Elles ont un mouvement de va-et-vient sur leur pivot à la partie antérieure, et se fixent immobiles à la partie postérieure par le moyen de la traverse horizontale en fer ff, qui est percée de trous correspondant à ceux pratiqués dans les branches latérales, et destinés les uns el les autres à recevoir une cheville pour maintenir l'assemblage. Cet instrument est, chez M. Ros*, du prix de 55 fr.®”
Le soc affecte différentes formes, selon la nature du sol et le but que l’on se propose.
« Les socs ronds, dit BorGnis, ou à angles obtus, coupent mieux les mauvaises herbes.
Les socs pointus offrent moins de résistance, et on les emploie lorsque le but est seulement de remuer la terre. Les socs triangulaires sont propres à travailler un champ sans herbes. On les emploie aussi quand on veut diminuer la résistance que la machine doit vaincre. »
Lorsque, par la négligence du cultivateur, ou par l'effet de circonstances qu’il n’a,pas été le maitre d’éloigner, la terre s’esltellement durcie que le soc antérieur ne peut plus entamer la superficie, quelques habiles cultivateurs de l'Allemagne et du midi de Ja France font précéder la boue à cheval d’une Aerse àmancherons (fig.338) dont les dents très-pointues
Fig. 338
et un peu inclinées en avant, déchirent la surface du sol. Cette première facon rend le binage plus facile et plus parfait: elle permet
en outre d'opérer, quelle qu’ait été la sécheresse antérieure.
FACONS POUR L'AMEUBLISSEMENT DU SOL
Lorsque les /ignes des plantes sont peu espacées, on rapproche les barres latérales de la houe à cheval, de sorte que les lames de (voy. fg.337)et leurs correspondantes se sroisent. Alors les herbes coupées se logent entre les deux tranchans et mettent bientôt l’instrument hors de service. Pour éviter cet inconvénient, M. pe DoMBASLE a remplacé la lame 4 et sa correspondante ‘à par deux fortes dents en fer; et pour empêcher la lamee de s’entrecroiser avec celle qui lui est opposée, il a fait
ercer un trou x pour y placer cette lame; ormis le cas dont nous venons de parler, ce trou est absolument inutile.
Si, au moyen de cette modification, l’instrument ne pouvait encore fonctionner, en raison du peu d’espace qui existerait entre les rangées, on emploierait avec un avantage marqué le binot du lord RockiNGnau (#g.
339), qui ne se compose que d’un seul pied.
Fig. 339.
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On s’en servait avec succès à la ferme de la Meilleraye. Il faut avouer néanmoins que l'emploi d’un homme et d’un cheval pour biper une si petite superficie ne doit être guère moins dispendieux que le binage à la main.
La houe à cheval écossaise (fig. 340) est un
Fig. 340.
excellent instrument qu’un seul cheval peut
p conduire : on peut régler et conserver la pro-
fondeur voulue au moyen de la roulette qu'on élève ou qu’on abaisse à volonté. Dans les terrains difficiles, on peut enlever un ou plusieurs des socs, et leur substituer, ainsi qu’à la roulette, un ou plusieurs coutres, comme dans les extirpateurs ou cultivateurs.
La conduite de ces divers instrumens ne présente aucune difficulté réelle, pourvu que l'opération s'exécute en temps propice. « Je pourrais, dit M. de Dombasle, réduire à une seule les précautions nécessaires pour qu’on obtienne constamment un plein succès dans l'emploi de la houe à cheval, lorsqu'on pos-
sède un instrument bien construit et dirigé avec quelque attention. Cette précaution consiste à saisir avec diligence l'instant favorable à l'emploi de l’instrument, relativement à l’état du sol, des plantes qui composent la récolte, et surtout des plantes dont il s’agit d’opérer la destruction. Il est certain que si l'on a laissé passer cet instant, si la croûte de la terre s’est durcie, si les mauvaises herbes sont assez avancées dans leur végétation pour avoir développé des racines fortes et nombreuses, la houe à cheval fonctionnera de manière à donner à l’observateur l’idée d’un fort mauvais instrument, et elle ne sera presque d’aucun service dans de telles circonstances. Mais, si l’on surveille avec attention l’état du sol et des plantes nuisibles dès Pinstant de leur germination, il n'arrivera presque jamais que l’on ne trouve un instant propice pour donner entre les lignes une culture parfaite, c’est-à-dire pour remuer et ameublir la surface du terrain, et opérer la destruction des mauvaises herbes, sans que celles-ci puissent embarrasser les pieds de la houe à cheval par leurs tiges et leurs racines. »
« Il ne faut pas se persuader, dit encore le même agriculteur, que l'emploi de la houe à cheval dispense dans tous les cas de tout travail de main-d'œuvre; et les inconvéniens qu'on a cru reconnaitre à cet instrument ont été quelquefois le résultat de l'opinion exagérée que l’on s'était formée sur ce sujet.
Dans beaucoup de cas la houe à cheval dispense presque complètement de l'emploi du travail à la main, mais cela aura rarement lieu les premières fois que l’on emploiera cet instrument, d’abord parce qu'oùi manque alors d'expérience sur la manière d’en tirer le meilleur parti possible, et ensuite parce que ordinairement le sol est encore fort infesté alors de plantes nuisibles, et ce n’est communément qu'après quelques années d'une bonne culture que le terrain se nettoie assez pour que la houe à cheval suffise seule pour tenir les récoltes sarclées dans un état complet de propreté. Dans des circonstances moins favorables, la houe à cheval diminue toujours beaucoup le travail à la main, pourvu qu'on l’emploie avec quelque intelligence. Mais, lorsqu'on commence à adopter l'usage de cet instrument, on doit prendre la détermination de suppléer, par le travail des ouvriers, à tout ce que la houe à cheval pourrait laisser de défectueux dans les cultures; autrement, on pourra avoir de misérables récolles, ce qui fera condamner trop précipitamment l'usage d’un instrument mal employé. Mais tout ce travail supplémentaire L'équivaut pas au dixième du binage de la récolte exécuté en plein à la main sur toute la surface du terrain. »
C’esi suriout du binage à la houe à cheval qu’on peut dire avec raison que celui qui met la main à la charrue ne doit pas regarder derrière lui. Lorsque, par la faute du conducteur où par un accident auquel il est étranger , l'instrument a mal fonctionné, celui qui le dirige n’a rien de plus pressé que de regarder derrière l’étendue du dégât. Cependant l'instrument marche toujours, et lorsque l’ouvrier reporte son attention sur
AGRICULTURE : FAÇONS D'ENTRETIEN DES TERRES
sa besogne, il est tout étonné souvent d’apercevoir un désastre plus grand que le premier, et occasioné par sa seule curiosité.
Quelle que soit la faute qui ait été commise il ne faut pas s’en inquiéter, parce que le trouble où l’on se met empêche d’être présent à sa besogne. En passant dans la raie suivante, on apercevra aisément ce qu’il y a eu de défectueux dans l'opération, et cela sans détourner ses regards. On avisera seulement alors aux moyens de réparer le dommage commis, si toutefois cela est possible.
On n’attèle qu'un chevala la houe. Dans les commencemens, lorsque l'animal n’est pas familiarisé avec cetteopération par l'habitude et l'exercice, il faut un enfant pour le guider. Mais bientôt il comprend la manœuvre, et un seul homme suffit alors pour conduire l'instrument et diriger le cheval. Si l’on travaille sur un terrain plat, le crochetqui recoit l'anneau du palonnier se met au milieu de la crémaillère horizontale qui forme une partie du régulateur. Il est encore peut-être plus essentiel ici qu'ailleurs que les traits du cheval soient parfaitement égaux en longueur.
Si, pour remédier à un vice dans la maniere d’atteler, on dérangeaitle point où le palonnier doit s'attacher naturellement, il y aurait une grande perte de force, et l’instrument ne conserverait jamais son aplomb.
Cette recommandation s'adresse principalement aux cultivateurs qui commencent à faire usage de la houe à cheval , et dont les valets ont besoin d’être surveillés sous ce rapport. — Si on travaille sur un terrain incliné ou en pente, comme l'instrument tend sans cesse à descendre, il est indispensabie, pour le ramener à sa position normale, de mettre le crochet un degré ou deux plus à gauche ou à droite, mais toujours dans le sens de la pente, et il est nécessaire, par conséquent, d'en changer la position chaque fois qu’on a terminé une rangée.
On aura soin de régler la profondeur de l'instrument de manière qu'il ait une légère tendance à pénétrer dans le sol. Il serait même à désirer que le soc antérieur fût placé dans un plan inférieur d’un pouce au moins aux tranchans postérieurs.
Pour la houe à cheval ordinaire, comme pour la plupart des instrumens dont le train antérieur ne repose sur aucun soutien, le laboureur, accoutumé à la conduite des charrues complexes, devra bien se persuader que des mouvemens brusques et un grand déploiement de forces musculaires entraveront la marche au lieu de la régulariser. Il n’en est pas ici comme d’une charrue ou d’un araire : tout laboureur un peu habile répare facilement au tour suivant la #24anque faite par la charrue; mais, avecla houe à cheval, le tort causé par le moindre écart n'est plus réparable, puisqu'il a pour résullat définitif la destruction des plantes rencontrées par l'instrument. Il s’agit donc surtout de prévenir ces écarts, et Je ne saurais trop répéter qu’il ne faut pour cela qu'un vouloir ferme et une altention soutenue.
Si quelquefois l'instrument est entravé dans sa marche par l'accumulation des kerbages qui se sont allachés aux pieds qui la composent, le conducteur enlève le train au-
cHaP., 8°.
térieur en s'appuyant sur les mancherons, et le laisse retomber vivement : la secousse détache les mauvaises herbes qui se trouvent en avant; il soulève également le train postérieur au moyen des mancherons, et la même manœuvre débarrasse complètement lPinstrumenti. Ces deux mouvemens n’exigent nullement que l'instrument s'arrête. Ils sont d’autant plus efficaces qu'ils sont plus instanlanes.
Il est rare qu’une seule dent .de houe à cheval suffise pour amener la terre à un état suffisant d’ameublissement ; on approfondit graduellement la culture en passant autant de fois que cela est nécessaire.
Au lieu de composer la houe à cheval de plusieurs lames tranchantes, on a proposé quelquefois de n’en employer qu’une seule.
Les instrumens qui présentent cette modification sont fort connus en Angleterre sous le nom de sim, et nous leur avons appliqué la denomination de ratissoire.
La grande ratissoire ( voy. fig. 265, p. 203), armée d’une lame,est d'environ 4 pieds de longueur (1* 30). Elle ne convient pas évidemment aux binages des végétaux annuels, dont les rangées sont communément plus rapprochées ; mais on peut l’employer avec succès pour culliver un sol occupé par des végétaux de longue durée et de grandes dimensions, comme certaines espèces de müriers, le coton, le houblon, etc.
Une autre ratissoire plus petite, inventée par ARBUTHNOT (/g. 341), a remplacé long-
Fig. 341.
temps le travail de la houe. Cet instrument est conduit par un cheval et coupe bien l'herbe entre deux terres. Nous avons déjà parlé des inconvéniens qu'oifrent les ratissoires à mains ; celles dont nous parions ici les possèdent au même degré; elles enlèvent la terre par plaques et ne la pulvérisent point ; aussi ces Instrumens sont assez généralement abandonnés.
SECTION In. — Facons pour le nettoyage du sol, ART. 1%.— Dela destruction des mauvaises herbes.
Sans donner au sol aucune facon qui l’ameublisse, la destructiou des herbes nuisibles se pratique, non seulement sur les céréales, mais encore sur toutes les récoltes qui ne comportent pas de binages, ou pour lesquelles cette opération n’est plus nécessaire. Ce serait pourtant s’abuser que d’espérer par là obteuir toujours leur destruction complète. C’est avant l’ensemencement, et non après, qu’on doit chercher les moyens de débarrasser la terre des plantes vivaces, bisannuelles ou anauelles qui l’infestent; dans bien des circon-