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La plupart des physiciens s’accordent à penser que la grêle se forme sous l'influence de l'électricité. On a proposé, en conséquence, divers appareils pour s'emparer de cette puissance à mesure qu’elle se manifeste : il en a élé question précédemment dans le chapitre qui traite du climat et des agens physiques. On a vu que jusqu’à présent les résultats obtenus n'inspirent pas assez de confiance pour conseiller ia dépense des appareils proposés. Il n’en est pas de même des sociétés qui se sont formées pour assurer contre les chances de la grêle, à l'instar de celles qui ont pour but d'assurer contre les incendies et contre les naufrages.
On sait, avec une exactitude qui laisse peu à désirer, dans quelle proportion un désastre de telle nature affecte telle ou telle récolte. Dans le Midi, on calcule que sur chaque septième année il y en aura une dont le produit sera nul. 2
Dans presque toutes les localités, on a pu déterminer quelle quotité du produit anuuel serait indispensable pour rembourser le sipistre prévu. Partant de cette idée, des sociétés se sont formées, qui ont offert aux exploitans de leur payer les pertes occasionées par la grêle ou le feu du ciel, moyennant une prime annuelle établie sur chaque mille francs de la valeur des produits déclarés par le cultivateur. Les primes de ces assurances sout proportionnées aux risques assurés, aux intérêts du capital de cautionnement et aux
frais exigés par les remboursemens partiels, ainsi que pour les expertises contradictoires qui ont lieu pour déterminer l'étendue du siuistre.
Les assurances dites mutuelles sont fondées sur un autre principe. Elles ont pour but de répartir les pertes éprouvées par quelques ‘ associés sur la masse des assurés. Dans ce cas il est facile de voir que la quotité n’est point fixe, mais qu’elle varie en raison des pertes éprouvées chaque année. Cette prime est d'autant plus variable, que le nombre des assurés est plus petit, et d'autant plus fixe, que les membres sont plus nombreux. En effet, soit les deux individus A et B qui forment entre eux société, de manière que si un sinistre frappe les récoltes de l’un, l’autre en paiera la moitié. Si pendant cinq années aucun désastre ne survient, les deux associés n’auront aucun déboursé à faire. Si à la sixième l’un perd pour 3,000 francs, l’autre sera obligé d'en payer 1500 : d'où l’on voit que la prime monte de 0 à 1500; ce qui est presque la même chose que si le second eût éprouvé lui-même un désastre.
Si l’on suppose au contraire quinze associés, et qu'il arrive tous les ans un sinistre de 1500 francs sur l’un d'eux, ils auront tous une prime à payer qui sera moins forte, mais qui sera remboursable tous les ans; la proportion sera plus fixe , mais annuelle. On paiera bien, en définitive, la même somme dans l’un et l’autre cas; maison ne sera pas tenu à des remboursemens brusquement augmentés.
AGRICULTURE : CONSERVATION DES RECOLTES
Dans ies assurances de la première espèce, la compagnie assurante n’a aucun compte à rendre de sa gestion; les assurés n’ont rien à faire dans l'administration. Dans les assurances mutuelles, chaque assuré doit pouvoir constater lui-même la probité de l'administration. Lorsque l’assurance a étendu son réseau fort loin, le contrôle s’établit difficilement, les employés subalternes gaspillent. Il faut donc que ces assurances s'étendent à un département au plus. Dans tous les cas, lorsqu'elles sont bien administrées, lorsque les dépositaires des fonds présentent des garanties contre la banqueroute, elles remplissent un haut degré d'utilité. Une des premières qu’on ait vu s'établir, c’est celle dont le siége était à Nancy, et dont les administrateurs intègres ont bien mérité des contrées environnantes ; il en existe aussi plusieurs dans les départemens voisins de la capitale.
Quand on s'adresse à une compagnie assurant à son compte, il faut bien moins regarder à la quotité de la prime qu’à la probité reconnue des administrateurs. Il est des sociétés qui demandent une haute prime, et qui remboursent avec générosité tous les sinistres. Il en est d’autres qui exigent une prime plus faible, maïs qui sont tracassières, lentes à réparer les désastres. Avec ces dernières, on n’esn remboursé qu’incomplètement et après avoir essuyé bien des difficultés et des désagrémens.
ANTOINE, de Roville.