‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 204 sur 357 · II. Meules avec support · texte numérisé non relu

II. Meules avec support

Mais, ainsi établis, les meules ou gerbiers ne sont complètement garantis, ni, par le pied, de l'humidité du sol et surtout de Pattaque des rats et des souris; ni, quant à leur élévation, de l'attaque des vents violens qui parviennent quelquefois à les renverser; ni enfin, par leur couverture, de l'infiltration des eaux pluviales. Voyons quels sont les différens ou au moins les principaux moyens qu'on a emploÿés ou proposés pouf y remédier.

Quant au pied d’abord, nous citerons en premier lieu les meules dites à l'américaine, également indiquées par M. pe MoREL-VINDÉ.

Un châssis en bois, le plus souvent carré (fig. 444), afin d'être moins cher; quelquefois aussi octogonal (/£g. 445 ) ou même circulaire, est établi à 2 pi.environ au-dessus de terre, sur des supports placés au cenire ainsi que sous chacun des angles du châssis.

La meule est ensuite élevée sur ce châssis, soit au moyen de quelques planches à clairevoie posées en travers des hâtis qui le composent, soit en formant également une 1°° couche de fagots.

(1) Essai sur les constructions rurales economiques, par M. le vicomte DE MOREL-ViNDÉ. Paris,

1824; chap. 5 bis. à

Fig. 444.

AA A" u V

Les supports sur lesquels le châssis luimême doit être établi peuvent être de diverses sortes. Les plus simples sont des preux ou potelets enfoncés, et, mieux encore, scellés en terre. On peut, soit en en brülant le pied, soit en les recouvrant d’une forte peinture à l'huile, au goudron ou au bitume, les préserver de l'humidité. Enfin, pour empècher les rats et les souris de parvenir à la meule, on place quelquefois au haut des potelets des entonnoirs renversés en fer-blanc.

Des dés en pierres, en maçonnerie ou en briques, peuvent remplir le même office, d'une manière même plus durable; et, en en établissant la partie supérieure en forme de saillie horizontale assez considérable, on peut également ôler tous moyens d’accès aux animaux destructeurs.

Enfin, on a employé en Angleterre des cippes en fonte (fig. 446), qui offrent principalement l’avantage de ne permettre aucunement la communication de l'humidité du sol.

Quant aux moyens de résistance contre la violence des vents, on les a cherchés dans l’établissement d’un poteau où mât au centre de la meule. Telle est /4 meule anglaise dont nous donnons ici le dessin (/£g. 447 ) et

Fig. 446. Fig. 447.

dans laquelle le mât central et les 4 contrefiches qui le consolident, sont assemblés dans un châssis octogonal qui lui-même est exhaussé sur les cippes en fonte dont nous avons précédemment parlé.

Page 1