‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 210 sur 357 · VI. Avantages des meules · texte numérisé non relu

VI. Avantages des meules

C'est, du reste, une chose qui parait géné-

ralement reconnue que l'avant ge qu'on trouve à mettre les blés et les fourrages en meules ou gerbiers, plutôt qu'à les renfermer dans des bâtimens, tant sous le rapport de la qualité que sous celui de la bonne conservation et des moindres pertes, par suité, soit de l'humidité et de l’échauffement qui en résulte, soit des attaques des animaux destructeurs. Cette opinion est notamment celle: 1° de M. GARNIER-DESCHESNES, qui, dans un Mémoire inséré au tit. 1° des Mémoires de la Société d'agriculture du départément de la Seine, observe que, « les pertes éprouvées dans les granges ne s’apercevant pas aussi distinctement et échappant à tout calcul, on en est moins touché que de celles qui arrivent dans les meules ; » 2° de M. bE PERTHUIS, qui, en rappelant cette observation, ajoute que souvent les paillés et les grains contractent dans les granges des odeurs de rats, de souris, de fouines, d’urine de chats, etc., qui les détériorent beaucoup, ce qui n’arrive Jamais dans les meules; et, même, que les marchands de blés reconnaissent fort bien ceux qui ont élé conservés en meules, y donnent LouJours la préférence et les paient quelquefois plus cher ; 3° de M. ne Morec-ViNDÉ, qui pense qu’en général, une grange ne devrait avoir que la grandeur nécessaire pour abriter momentanément toutes les gerbes provenant d’une ou plusieurs meules qu'on peut être dans la nécessité de battre en même temps, ainsi d’ailleurs que cela existe dans un grand nombre de fermes, surtout en Hollande; 4° de Tnaer et de M. MATHIEU bE DOmBaAsLe ; ce dernier s'exprime ainsi à cet égard : « Dans beaucoup de pays, on conserve les grains en gerbes dans des granges ; dans d’autres, on en fait des meules exposées à l'air. Cette dernière méthode préserite des avantages qui devraient la faire adopter partout. Lorsqu'une meule est bien faite, le grain est entièrement à l’abrides ravages des souris, qui font tant de dégâts dans les granges ; il s’y conserve sain pendant beaucoup plus longtemps, et peut, sans inconvénient, y rester pendant deux années ; il court beaucou moins de risque de s’altérer, lorsque la récolte a été rentrée sans être parfaitement sèche. L'usage de loger les gerbes dans les granges présente cependant l’avantäge de les avoir plus sous la main pour le battage, et évite la main-d'œuvre nécessairé pour transporter les gerbes à là grange pour les battre, ee qui ne peut $e faire par les mauvais temps ; mais aussi la dépense qu’il entraine pour la construction des bâtimens est trèsconsidérable. Si lon pèse exactement les avantages el les inconvéniens de chacuñe des deux méthodes, on trouvera que la balance penchera beaucoup en faveur des meules. »

5° Enfin, de tous les riches et grands cultivateurs de l’Angleterre, chez lesquels l’usage de nos vastes et dispendieuses granges est unanimement proscrit. GOURLIER.

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