DES FENILS ET GRANGES
plafonnant avec soin le plancher entre le rez-de-chaussée et le grenier, et surtout en évitant d’y pratiquer aucune trappe ni autre ouverlure, ce qui aurait le doute inconvénient d’être fort dispendieux et très-incommode pour le service. Mais de plus, les récoites sont ainsi exposées aux chances d’incendie que courent toujours des bâtimens, au moins en grande partie construits en bois,et dans lesquels Les besoins du service exigent l'emploi plus ou moius fréquent de lanternes ou d’autres moyens d'éclairage.
Quelque réels que soient ces inconvéniens, nous ne devons pas omettre de consigner ici une pratique qui, tout en y participant fortement, offre, sous le rapport de l’économie et de quelques autres commodités de service, des avantages tels qu’on ne doit pas s'étonner qu’elle soit, dans certaines localités, d’un usage aussi fréquent et méme presque général. Elle est applicable aux hangars, ainsi qu'aux écuries, étables, etc., au-dessus desquels il existe seulement un comble sans plancher. — Lors de la rentrée des récoltes, on place, à la hauteur que devrait oc- SUIS le plancher, des perches portant des 2 bouts sur les murs mêmes ou sur les entraits ou tirans des fermes du comble, plus ou moins rapprochées, suivant qu’elles sont plus ou moins fortes, et l’on forme ainsi une espèce de plancher mobile et provisoire sur lequel on entasse jusque sous le comble les foins, pailles, etc. Lorsqu'ils en sont retirés, on met les perches de côté pour s’en servir également à la saison suivante.
Au-dessus des hangars, cette pratique ne présente que des avantages; au-dessus des écuries, des étables, etc., elle offre sans aucun doute tous les inconvéniens que nous avons déjà signalés. Mais, nous le répétons, elle offre de tels avantages, tant sous le rapport de l’économie que sous celui de la facilité du service, et de plus comme moyen de garantir les écuries, étables, etc., des froids rigoureux, que nous ne saurions en blämer l'emploi qu’ avec réserve, pourvu qu'il soit fait avec les précautions nécessaires.
Les divers inconvéniens que nous venons de signaler n'existent pas dans les bâtimens construits spécialement à l'usage de fænières ou de granges, etc.
Les principales conditions auxquelles doivent satisfaire ces sortes de constructions, sont : 1° qu’elles offrent un abri sûr; 2° qu’il y existe des courans d'air suffisans; 3° que la base en soit préservée, aussi complètement que possible, de la communication de Fhumidité du sol, ainsi que, pour les céréales, de l’accès des animaux destructeurs; 4° et enfin, qu'il y existe des moyens sûrs et commodes de déchargement à couvert.