‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 221 sur 357 · V. Des aires à battre · texte numérisé non relu

V. Des aires à battre

Dans l’état actuel des choses en France, où le battage a lieu presque partout sans machines, l'aire, c’est-à-dire Le lieu où l’on bat le blé et autres grains, est une partie essentielle dans la construction des granges. Il doit être en état de résister, soit au trépignement des animaux lorsque le battage a lieu par le dépiquage, comme dans les parties méridionales de l’Europe, et, dans ce cas, les aires sont presque toujours en dehors des habitations ; — soit à la percussion du fléau; alors l’aire est constamment placée dans la grange et en occupe généralement la travée centrale.

Les aires ordinaires, dans la construction desquelles on fait entrer deux parties de terre franche contre une de bouse de vache, sont déjà d'une bonne cousistance. Lorsqu'à ces matériaux on joint du foin ou de la paille hachée très-menue, et encore mieux de la bourre, elles sont encore meilleures. Dans les pays où l’on fabrique de l'huile d'olive, on fait entrer son marc dans la composition de l'aire, et on gagne considérablement de fermetéet de durée. Dans d’autres, on l’enduit, à différentes reprises, de sang de bœuf. Enfin, quelques riches propriétaires les font couvrir de planches d’un pouce au moins d'épaisseur, et bien ajustées; mais, dans la plupart des fermes, les aires ne sont formées que d’une couche plus ou moins épaisse d’argile ou de charrée (cendres lessivées), ou même de terre végétale battue, couche qui se détruit facilement et dont les débris se mêlent parmi les graines pour en altérer la pureté. — Dans celte opéralion, ainsi que dans toutes les opérations agricoles, il ne faut pas perdre de vue l’économie; il faut se contenter des matériaux que produit le pays; mais on peul toujours en tirer un parti plus avantageux que ne le font la plupart des habitans des campagnes.

Les soins à prendre dans la construction d’une aire consistent à en lier les matériaux de manière qu'ils soient au même degré de consistance dans leur totalité; à les étendre sur le sol le plus également possible; à faire en sorte qu'ils ne soient ni trop ni pas assez mouillés ; à la battre à diverses reprises

our la durcir en la tassant de plus en plus; à boucher les crevasses ou les trous qui s'y forment presque toujours aux approches de sa dessiccation. Une aire bien construite peut durer un grand nombre d'années, si on y fait des réparations de temps en temps. Mais, une fois qu’elle a commencé à se dégrader, elle se pétruit rapidement. C’est pendant les

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