III. Machines à égrener proprement dites
Dans la Grande-Bretagne, dans ce pays | des machines, on a seuti depuis longtemps que la mécanique, cette science précieuse qui à pour mission de débarrasser l’homme des travaux peu lucratifs, nuisibles à sa santé ou trop fatigaus, devait se charger de l'égrenage du blé, opération aussi indispensable aux besoins de la société qu’elle est pénible lorsqu'elle est exécutée à bras d’hommes. Apres beaucoup d’essais et la combinaison des différens systèmes de battage, André MEIKLE, constructeur de moulins, renommé en Ecosse, a résolu ce problème de la manière la plus satisfaisante. La machine à battre de son invention est reconnue pour la plus parfaite par les savans anglais et étrangers. Son usage devient de jour en jour plus grand, non seulement dans la Grande-Bretagne, mais aussi dans le nord de l’Europe, et notamment en Russie, en Pologne et en Suède.
Ayant l'intime conviction de la grande perfection de la machine à battre de Meikle, nous entrerons dans tous les détails de son mécanisme et de son application aux différentes convenances locales. Nous prendrons pour guides daps ce travail ies auteurs anglais qui ont le mieux lrailé ce sujet; en même temps nous ne manquerons pas de rendre compte des travaux que des savans français ont entrepris dans le but de perfectionner la machine dont nous nous occupons, et de leurs efforts pour enrichir l’agriculture française de celte belle invention
Nous ferons précéder l'analyse de la machine à battre de Meikle par un court récit de la marche qui a assuré, dans la Grande- Bretagne, le perfectionnement de ces grandes machines, en nous appuyant sur l'ouvrage du savant Loupox.
Michel MENziEs, avocat écossais, fut le premier inventeur d’une muchine à battre.
Elle était mue par un courant d’eau, et le battage s’exéculait au moyen des fléaux ordinaires. La séparation des grains s’effectuait bien, el un homme employé à cette machine faisait le travail de six hommes opérant le battage au fléau. Mais les fléaux mus par le moulin n’ont pu résister à la vitesse du mouvement. ils se cassaient, et la machine tomba en désuétude.
Eo 1758, un autre système de battage a été essayé par un fermier du comté de Perth.
Une machine fut construite d'après le principe des moulins à briser Le Lin. Elle avait un arbre vertical avec 4 bras placés dans un cylindre de 3 pi. 1/2 de hauteur et de 8 pieds de diamètre. Une grande roue à eau s’engrenait dans cet arbre et lui communiquait un mouvement très-rapide. Des ouvriers
résentaient le blé à l’action de ces bras ou KiPRes et l’abandonnaient à l’entrainement. Après avoir sub le battage, les grains et les pailles s’échappaient dans l’élage inférieur par l'ouverture ménagée au fond du cylindre, où la séparation de la paille des grains et le uettoiement étaient effectués au moyen de cribles et de ventilateurs, mus,
comme toute cette machine, par l’action de l'eau.
Vers la même époque (1758), un troisième système succéda aux deux précédens. ELDER- Ton inventa une machine à battre, dans laquelle la séparation des graines de leurs épis s’effectuait par le frottement de plusieurs cylindres cannelés, tournant dans l’intérieur d’un cylindre de 6 pieds de diamètre, et qui étaient pressés par des ressorts contre sa surface couverte de petites dents. L’expérience a prouvé que cette machine n'était rien moins qu’expéditive, et qu’en brisant les grains elle diminuait considérablement le prix vénal du produit.
Sir Francis KiNLocn, savant mécanicien, s'est occupé du perfectionnement de ce système ; cette machine écrasait les grains tout autant que la précédente.
Ce mécomple n’a point effrayé André Meikle; il a jugé la machine susceptible de perfectionnement et en a fait l’objet de ses méditations. Après de nombreux essais, il a été convaincu qu’il fallait exécuter la séparation du grain des épis, au moyen de barres qui devaient battre avec une très-grande vitesse, désapprouvant ainsi le frottement comme principe d’action.Un modèle fut construit par cet artiste ingénieux. Un cylindre, armé de barres, recevait le blé que lui présentaient deux cylindres à surface unie, primitivement, et auxquels ont été substitués des cylindres cannelés. Mais ce n'est qu’en 1786 que la première machine fut construite d’après ce modèle par le fils de son auteur. Certaines améliorations ont élé ajoutées à la machine primitive, mais Le système et les parties principales n'ont subi aucune modification.
Pour donner une idée claire d’une machine de Meikle avec toutes les améliorations qu'elle a obtenues et les différentes modifications dont elle est susceptible, nous empruntons plusieurs figures aux ouvrages de MM. Low et Loupox.
Pour extraire le grain de l’épi au moyen de cette machine, il faut mettre des poignées de blé sur la table inclinée, en tournant les épis vers les cylindres alimentaires cannelés et d’un petit diamètre. Ceux-ci saisissent le blé,et, en tournant avec une vitesse proportionnelle, le font avancer devant le cylindre ou tambour, armé des quatre batloirs.
Ce tambour tourne horizontalement sur son axe avec une vitesse extraordinaire; sur sa circonférence sont fixées longitudinalement, c’est-à-dire dans la direction parallèle à l'axe, quatre barres en bois garnies de lames de fer du côté où elles battent le blé. L'action de ces batteurs sur le blé, tandis qu’il passe entre les cylindres alimentaires, sépare les grains et les balles de la paille, et les râteaux circuiaires secouent la paille et en séparent le grain et la balle qui tombent par Île fond, formé d’un treillage en bois. Là ils tombent sur uue autre machine, le tarare, où se fait la séparation du grain d’avec les balles et le nettoyage. Pendant ce temps, lesräteaux circulaires poussent la paille hors de la machine.
La figure 475 offre la section transversale de tous les détails de la machine.AA sont deux cylindres en fonte de fer, qui, s’engrènent
AGRICULTURE : CONSERVATION DES RECOLTES
ne = ——————————————
EIV. Li.
Fig. 475.
ettournent autour de leurs axes dans un sens inverse, et entre lesquels passe le blé pour être égrené. B est le tambour sur la surface duquel se trouvent 4 battoirs c ccc. Pendant que le tambour fait ses révolutions avec une grande rapidité, les batloirs agissent sur fa gerbe au moment où elle passe entre les rouleaux cannelés, et délachent le grain des épis.La serbe, en échappant aux cylindres alimentaires, passe avec les grains et les balles au-dessus du tambour, et est entrainée en avant dans la direction indiquée par les flèches xxx; mais, avant d'y arriver, la paille subit l’action de 4 volans-râteaux EEEE, fixés sur un cylindre creux D, qui fait ses révolutions dans la direction indiquée par la flèche Y, et est poussée en avant par une rotation égale de 4 râteaux fixés sur un cylindre coustruil avec des barres en bois F, qui jettent la paille hors de la machine dans la direction L.
Le fond est formé d’un treillage à travers lequel s'échappent les grains et les balles, pendant que la paille est poussée en avant par les pointes dont sont armés les volans des râteaux circulaires. Le grain et la balle tombent dans la direction de la flèche z, dans une machine placée dessous, où, par Île moyen du vannage, s'effeciue la séparation du grain de la balle.
La surface du cylindre D est couverte de zinc où de planches en bois recouvertes de fer-blanc. La surface du second I est formée de barres en bois laissant des espaces vides entre elles pour que les balles et les grains qui échappent à l'action du premier râteau circulaire puissent le traverser et atteindr : le fond formé du treillage. Les extrémité; des deux volans du second râteau circulair :
peuvent êlre armées de brosses pour balayer en arrière tout ce qui a pu tomber des grains ou des balles dans la concavité K, et, de cette manière, tout le grain et la baile tombent sur le fond en treillage F G H.
La fig. 476 représente la forme des parties de la machine et toutes les roues, poulies et pignons qui les mettent en mouvement. A est la grande roue dentée avec son arbre horizontal. Celte roue est en communication immédiate avec la force motrice, un manége, une roue mue par l’eau, une machine à vapeur, ou un appareil mu par les vents. Ces moteurs doivent être placés hors du bâtiment oùest placée la machine à battre.
Le mouvement se communique à toutes
cHap. 12°.
les parties de la machine de la manière suivante : Par le pignon C ( {g. 476), la grande
Fig. 476.
LIN K nn