à 50 hectares
BE — 80 à 100
11 n’est pas queslion dans ces calculs du surplus du produit en grains, résultant d’un meilleur égrenage, qui ne peut être obtenu
ue par le moyen des machines. et qui est évalué, en Angleterre, au moins à 1/20 du produit total. Ce seul profit suffit pour couvrir, en moins d’une année, les frais de premier établissement, dans une ferme qui a 160 à 200 hectares d’étendue.
Je pense en avoir dit assez pour mettre au grand jour la supériorité de la machine écossaise et ies avantages qui résulteraient de son introduction dans toutes les fermes audessus de 20 hectares. Je me suis abstenu de m’appuyer dans mes assertions, sur ma propre expérience durant plusieurs années, tous les faits ailégués étant puisés à des sources irrécusables. Je provoque de tous mes vœux, dans l'intérêt de l’agriculture française, l'établissement, à Paris et autre point central, de fabriques et de bazars des machines agricoles, à l'instar de celui de Wire à Londres, et d’Evans à Varsovie. Les détails de la machine de Meikle, exécutés en fonte, sont les principaux et les plus coùteux, quand il faut les faire exécuter d’après des modèles à faire; mais, quand on aura la possibilité de se procurer les roues, les pignons, les coussinets, etc., en fonte, tout faits, les meilleures machines seront facilement copiées à peu de frais par des consiructeurs de moulins, des menuisiers et autres artistes un peu familiarisés avec les principes de la mécanique
ART. 1.—Du vannage et du nettoyage des grains.
Les grains séparés des épis, pour être utilisés à la nourriture des hommes, à la semence, ou à toui autre usage, doiventencore être séparés des balles ou menuespailles, des graines de mauvaises herbes et autres corps étrangers. Pour effectuer cette séparation, au battage où dépiquage succède l’opération appelée varnage.
Dans l’usage ordinaire, le vanrage s’exécute à l’aide d’un instrument en osier, appelé van(fig. 482 ), et l’on n’a recours aux tarares ou moulins à vanner, dont nous parlerons tout-à-l’heure, que pour achever le complet nettoyage du grain.L'ouvrier, pour se servir du van, se place dans un courant d'air, le plus souvent sur l'aire de la grange ; il prend dans son van une certaine quantité de grain battu après en avoir écarté la paille et les balles les plus volumineuses ; secouant alors son van qu'il tient des deux mains,et qu'il ap-
uie contre ses deux cuisses, Il fait sautiller
egrain et les substances qui s’y trouvent mélées; dans ce mouvement, les plus légères
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sont emportées par fair, et les autres, sous le nom de autons, se rassemblent à la surface, où il est facile deles réunir avec la main et de les pousser au dehors. On conçoit que ce procédé, comme le suivant, ne peut opérer la séparation que des corps trèslégers.
On vanne aussi le blé ez jetant contre le vent, avec une pelle, dans une direction demi-circulaire, les grains, dans l’état où les a réduits le battage, c’est-à-dire mélés avec les enveloppes, la menue paille, etc. Par l’action du vent, les balles et autres corps légers sont rejetés en arrière , tandis que les grainsetles corps pesans tombent en avant. Ce procédé ne suffit pas pour séparer le blé des autres corps d’une pesanteür à peu près égale à la sienne. Pour compléter le netioiement, les grains vannés de cette manière doivent passer à travers plusieurs cribles, qui retiennent les grains d’une certaine forme et grosseur, en laissant passer les corps d’une grosseur et configuration différentes.
Le vannage exécuté à bras d'hommes, sans être aussi fatigant pour l’ouvrier que le battage au fléau, exige cependant beaucoup de travail; il augmente les frais de l’égrenage au moins d’un dixième, terme moyen, et Il est accompagné de très-grands inconvéniens.
La bonne exécution de ces modes de vannage dépend autant de l'influence atmosphérique que de l’adresse et du bon-vouloir des ouvriers. Le vent, s’il est trop fort, Jelle une partie du grain sur le margot; trop faible, il rend la séparation imparfaite. Le vannage est tout-à-faitimpraticable par le calme, de sorte que ce travailest quelquefois interrompu pendant plusieurs jours, interruption qui dérange toujours l’agriculteur dans l'emploi des ouvriers, qui lui devient surtout fâcheuse dans les localités où le battage s’execule en plein air, et dans les cas où la pluie.survient pendant le calme. La détérioration de la qualité des grains est alors presque inévitable. —Le vent le plus favorable ne suffit pas , en outre, pour garantir un nettoiement parfait
cHAP. 12°.
du blé; l’adresse et l'attention soutenue de l’ouvrier sont indispensables. L’ouvrier insouciant, ou qui n’a pas grand usage de ce travail, laissera beaucoup de menue paille et autres corps mêlés avec le blé. —Ces inconvéniens sont trop frappans pour que l’agriculteur n'ait pas appelé la mécanique à son secours; la mécanique, cette science secourable qui a tiré l’homme de tant d’embarras, de tant de perplexités ; qui, inépuisable dans ses moyens, par des combinaisons ingénieuses, augmente et accumule les forces quand il le faut, les régularise, en accroit ou limite la vitesse, et prolonge la durée de l’action; qui économise sur le temps, sur la dépense ou.sur la matière; qui exécute les opérations trop délicates pour les bras de l'homme, etc.!
Les efforts des mécaniciens pour remplir ce besoin de l’agriculture, ont été couronnés du succès le plus brillant. Le tarare, dans sa perfection actuelle, et combinés avec un système de cribles, rend la séparation du grain d’avec tous les corps étrangers, aussi parfaite que l'opération même, au moyen de cette machine, est peu fatigante pour louvrier et expéditive.
Les tarares servent pour le vannage et pour lenettoyage des blés, ouseulement pour cette dernière opération. Aux tarares qui servent en même temps au vannage, on donne relativement une plus grande dimension.
Ce genre de tarares, reunis aux machines écossaises, sont d’une utilité inappréciable.
Les tarares en usage dans tous les pays sont basés sur le méme principe. C’est le courant d'air qu'on produit, et qu’on rend plus ou moins fort au moyen de volans, qui, en séparant les corps relativement plus légers des corps plus pesans, effectue le vannage et le nettoiement,
Le tarare dont nous donnons la description (#g. 483 et 484) peul être utilisé, ou conjointement avec une machine à battre écossaise, ou séparément. Des planches d’une forme oblongue sont placées sur un axe horizontal, à égale distance l’une de l’autre, de telle manière que ces planches remplissent la largeur de la machine. L’axe de ce volant est tourné par une roue engrenée dans un pignon dont la manivelle lui communiqueune grande vitesse ; les ailes du volant, en suivant ce mouvement de rotation, produisent ur grand courant d'air. Le blé qui doit être vanné est placé dans la trémie qui est au-dessus de la machine,et tombe sur un ou plusieurs cribles qui sont fixés dans la machine, de manière à être dans le mouvement horizontal accéléré de va-et-vient. Pendant que ces cribles, par ce mouvement horizontal, interceptent et séparent les grains et les balles, le courant d'air repousse celles-ci au loin, comme trèslégères; le grain descend et s'écoule par une ouverture ménagée au bas de la machine .
La figure 483 représente un côté de cette machine. À est la roue, qui peul être mise en mouvement par la manivelle B. Cette roue, en engrenant le pignon, communique le mouvement à l'axe, sur lequel sont fixées les quatre planches oblongues on ailes. Ce volant, qui est presque enveloppé de trois côtés par la caisse en bois, est alimenté d’air au moyen de deux ouvertures ménagées des
VANNAGE ET NETTOYAGE DES GRAINS Fig. 483
. deux côtés de la machine, et qui sont indi-
quées dans la figure. Ces ouvertures peuvent être, à volonté, élargies ou rélrécies au moyen de planches à coulisse, et, par ce moyen, on renforce ou on affaiblit le courant d'air.
La figure 484 représente le côté opposé de
Fig. 484.
la machine, vue en coupe à l’intérieur. On y voit les quatre planches, appelées azles du volant. Le mouvement rotatoire de ces ailes dans la direction indiquée par les flèches, cause un grand courant d'air dans l’intérieur de la machine, et dans la direction des autres flèches. À la partie supérieure est la t'émie dans laquelle on met le blé, ou dans laquelle il tombe, si la machine est placée sous une machine à battre, en échappant à travers le treillage qui est fixé dessous le râteau circulaire. Le blé avec la balle, s’'échappant de la trémie, tombent sur les cribles, qui sont en connexion avec le fond mobile de cette trémie, qui est fixée à un pivot; ce fond est suspendu sur deux chaïnes, dont une est visible dans la figure.
La planche, qui forme le fond de la trémie, esl mise en mouvement simultanément avec les cribles. Ce mouvement de secousses fait que le blé s’écoule de la trémie par l'ouverture, et tombe sur ces cribles.
Celle ouverture peut être élargie ou rétrécie en faisant monter ou descendre la planche au moyen d’un ais. C’est une baguette qui donne le mouvement laléral au fond de Ja trémie et aux cribles, au moyen d’un bras par lequel elle tient aux cribles, tandis qu'elle se trouve en communication, par un autre bras, avec l’axe du volant. Le fond de la machine est formé de planches en bois placées dans une direction inclinée, pour que le grain, séparé des balles et autres ordures, s'écoule sur ce plan incliné. Une par-
tie de ce fond est mobile, les planches étant à coulisses.
L'action de cette machine est très-simple.
On place le blé dans la trémie, si celle-ci n'est pas alimentée par une machine à battre, et un ouvrier tourne la manivelle, sile mouvement n’est pas communiqué au tarare par une autre machine, au moyen d’une corde ou lanière passant dans une poulie, qui remplace dans ce cas la manivelle, pour mettre ie tarare en mouvement. Le blé s'échappe alors par Vouverture et tombe sur les deux cribles , suspendus parallèlement. Le courant d'air exerce alors son action, la balle est soufflée au dehors de la machine, dans la direction desflèches.Quant aux grains comme des corps plus pesans, ils tombent sur le plan incliné, et s’écoulent par l'ouverture. Ceux qui sont assez légers sont soufflés par le vent au loin, mais ceux qui ne le sont pas assez
CONSERVATION DES RECOLTES