I. Culture anglaise
Préparation du sol. — En automne, immédiatement après la récolte qui vient d’être enlevée, on donne un labour profond, quelquefois on en donne un second, surtout dans les terres forles ; ensuite on laisse le champ dans cet état jusqu’au printemps prochain.
Eu avril, un peu plus un peu moins tard, suivant la contrée sud ou nord, commence la grande série des travaux de cette culture. Quand la terre a commencé à se ressuyer, et par un temps sec, autant que possible, on £aboure de nouveau le champ en travers des anciens sillons, et à plat; le champ a dû être bien nivelé d’abord ; s’il y avait des bas-fonds où, dans les temps de grandes pluies, l'eau puisse se rendre et séjourner, on seiait sûr de n’y faire aucune récolle. Quand une jarlie assez considérable du champ est labourée, le cultivateur divise les attelages, et pendant que la moitié continue à labourer, l’autre moitié commence à Lerser et à rouler.
Souvent, au lieu de donner les façons de printemps avec la charrue à versoir, on les donne avec les divers instrumens appelés scarificateurs, cultivateurs,elc. (voy. page 200) qui divisent la terre aussi bien, mais sans la retourner, et qui permettent d'expédier davantage de travail pendant les instans favorables.
Quand la terre a été ainsi hersée et ensuite roulée pour être pulvérisée le plus possible, on la 2erse de nouveau, mais avec une herse plus pesante généralement, à dents recourbées eL en fer : avec celte espèce de herse on enlève, sans retourner la terre, la plus grande partie des herbes étrangères et des racines de chiendent surtout, et on les dépose en pe-
fenimes armées de râteaux à dents de fer, et qui ramassent loutes les racines, toutes les plantes, toutes les mottes, et qui les déposent en grands tas. Le jour même, on bräle ces tas de mauvaises herbes et l’on en désperse les cendres sur le sol. D’autres cultivateurs, au lieu de les brüler, les font enlever et déposer dans l'endroit où lon doit faire un compost. Dans cette opération, le champ reste labouré à plat et très-uni.
Un mois environ après celte grande opération, quand les graines qui étaient restées dans la terre ont eu le temps de germer et de pousser, on la renouvelle une seconde fois.
Le champ ressemble alors à un tapis où l’on ne rencontre que difficiiemeni une motte de terre plus grosse qu'une pomuie.
Dans les terres légères, naturellement assez faciles à être ameublies, cette opération deux et mème une seule fois pratiquée suffit, avec le labour d'automne; mais, dans Les terres fortes, compactes, argileuses, cette operation pratiquée une seconde fois ne suffil quelquefois pas encore, et il est bon. si la terre n’est pas bien ameublie, de la répéter une troisième fois. Plus la terre est meuble, plus la récolte est assurée.
Fumage et ensemencement.
Ces deux opérations doivent être faites le même jour dans la culture bien entendue des turneps en rayons; elles devraient même l'être pour la plupart des autres plantes fumées et cultivées de la même manière.
Ces opérations se pratiquent depuis le commencement de mai jusqu'a la fin de juin, selon que la saison est plus ou moins hâtive et que les pluies ont permis de préparer la terre plus tôt ou plus tard, et suivant la variété des navets qu'on veut cultiver.
Quand la terre a été bien préparée par les opérations précédentes, on choësit l'instant ou elle est encore d’une humidité convenable pour être facilement travaillée, et en même temps favorable à la germination des semences ; Où, si on a laissé passer ce moment, celui où l’atmosphère, chargée d’humidité, promet de la plie, et l’on commence les opérations du fumage et de l'ensemencement.
Un premier trait de charrue donne au champ la surface suivante (/3.630)(1) au lieu
Fig. 630.
y LL L LD L LD
de la surface plate qu'il avait.
Comme les oreilles des charrues ne déversent point deux pieds de terre, il reste une petite partie, B, B, peu remuée, entre les rayons séparés par cette distance de 2 pieds. Un deuxième trait de charrue déverse la terre du côté opposé et donne au sillon la forme régulière suivante.
AGRICULTURE : DES PLANTES CULTIVEES EN GRAND. tits tas. Vient alors un certain nombre de |
CANAL La ligne pointillée indique les premiers rayons, et le trait noir la forine des rayons
| avrès le second coup de charrue (2. 631).
roues dans le sillon d, et l’autre dans le sillon suivant.
Pendant que les chevaux, conduits par la voix seule du charretier, t'ainent le chariot, le conducteur, par-derrière ou dans Île chariot même, décharge le fumier dans le sillon du milieu, et il est aussitôt distribué par une femme dans les 3 sillons parcourus par le chariot.
Le terrain fumé présente la coupe régulière suivante (fg. 632).
Pour recouvrir de terre les sillons remplis de fumier, les charrues, en coupant par la moitié les anciens rayons 1, 2,3, déversent la terre sur le fumier, et donnent au terrain la coupe dela f£g.633; puis, revenant en sens op-
Fig. 633.
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