‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 328 sur 357 · DU PANAIS · texte numérisé non relu

DU PANAIS

nes. On se sert ensuite d'un râÂteau pour bri- jen anglais, Jerusalem artichoke; en allemwand, Erde apfel ou Erdapfel; et en italien , Grrasole ( fig. 642), esl une plante

Fig. 642.

ser les mottes qui peuvent rester et bien aplanir le terrain. (Dans la grande culture, cette opération s’exéculerait économiquement à l’aide du rouleau et de fa herse). Il faut cependant que la surface de chaque planche ait de chaque côté une pente légère vers les fossés (pour procurer l'écoulement de l'eau). La graine est semée au plus tôt à la fin de février, et au plus tard en mars. Il est essentiel de semer le panais fort clair. S'il se trouve des endroits où il lève abondamment, on en arrache une partie. Oz sarcle avec attention dès que les mauvaises herbes paraissent, et cette opération est répélée plusieurs O01S.»

« On fait la récolte ouen octobreouen novembre. On la fait avec une pelle ou avec une tranche (sorte de bèche). On tient les racines serrées l’une contre l’autre, dans un endroit sec, pour les conserver longtemps.

Elles servent à nourrir et méme à engraisser le bétail de toute espèce : les chevaux, les bœufs, les vaches, les cochons, s’accommodent également de ces racines. On les leur donue d’abord crues; lorsqu'on s'aperçoit que les animaux s’en dégoûtent, on les fait cuire. Dans cet état, les bestiaux en mangent avec avidité et ne s’en dégoûtent plus. Les cochons n'ont pas d'autre nourriture pendant tout l'hiver, el; quand les fourrages manquent, les vaches ne mangent que des panais.

lles donnent alors plus de lait et de meilleur beurre. »

Le panais, comme la carotte, se cultive ez récolie dérobée, après le chanvre, le lin, le colza, le seigle, etc. On a également conseillé de cultiver le panais comme une sorte de prairie artificielle ; on le sème au mois de septembre, et on le fauche avant quil fleurisse.On assure qu’ildoune ainsi plusieurs coupes très-abondantes.

On sème 10 à 12 livres de graine par hectare, Il est à remarquer que la semence de panais ne se conserve pas au-delà d’une année. Les ailes ou expansions fibreuses qui l'entourent sont un grand obstacle à l'emploi du semoir. Sila carotte doit être enterrée très-superficiellement, il n’en est pas de même du panais, dont la semence doit être recouverté au moins d’un pouce et demi de terre.

La culture de cette plante est un peu z7oins dispendieuse que celle de la carotte. Le panais présente encore un immense avantage :

c'est que, même par des froids très-rigoureux, il ze souffre nullement des gelées lorsqu'il se trouve dans le sol. On peut ainsi le laisser dans la terre jusqu'au printemps pour en faire la récolte au fur et a mesure du besoin. Son feuillage est aussi beaucoup plus abondant et meilleur que celui des autres racines. — Le panais est regardé, par M. pe DomBasie. comme égalant en valeur nutritive les carottes de bonue qualité. — £n Islande, après l'avoir soumis à la fermentation, on en retire une espèce de bière.

ANTOINE, de Roville.

SECTION v. — Du Topinambour.

Le Topinambour (Helianthus tuberosus, L.),

vivace par ses racines, qui atteint communément de 6 à 8 pieds, et dont les fortes tiges sout chargées d’abondantes feuilles, ayant généralement de 8 à 10 pouces de longueur. Ses racines sont accompagnées de tubercules souvent très-volumineux et trèsmultipliés, dont la forme a fait donner à cette plante le nom de Potire-de-terre; elle est aussi connue sous les noms vulgaires de Crompère, Canada, Taratouf, elc. Le topinambour appartient au genre Soleil de Ia grande famike des Radiées. Originaire du Chili ou du Brésil, ses fleurs très-petiles, en comparaison de plusieurs autres espèces de soleils, ne donnent point de graines fertiles dans le nord et dans le centre de la France; cette circonstance rend plus difficiles les essais que l’on a proposé de faire pour améliorer cette plante utile, par des semis, à l'effet d'obtenir de nouvelles variétés, comme on la fait pour ia pomme-de-terre ; cependant M. Vizmorix a déjà fait des tentatives qui lui ont permis de reconnaitre que le topinambour a une extrême disposition à varier par le semis, surtout dans les caractères de ses tubercules; il en a obtenu en effet de différens pour la grosseur, les positions dans le sol, la couleur, etc. ; d’où il conclut que si l'on s’attachait à semer le topinambour avec la même persévérance qu’on l’a fait paur la pornme-de-terre, on pourrait arriver de proche en proche à améliorer beaucoup ses qualités.

$ I°", — Avantages et usages du topinambour.

Les avantages que présente le topinambour, d’après V. YvarT, qui a beaucoup contribué à les faire valoir et à étendre la culture de cette plante, sont : de résister aux plus fortes sécheresses, même sur des sols naturellement arides, et de croître avec succès dans des terrains variés de la plus mauvaise qualité.

En second lieu, les tubercules du topinambour ont la précieuse facullé de résister

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aux froidstes plus rigoureux, sans se désorganiser, d’où résulte l’immense avantage de pouvoir n’en faire la récolte qu’au fur et à mesure des besoins; enfin nous verrons plus loin que l'abondance et l'utilité de ses tubercules, de son feuillage et de ses tiges, sont très-grandes.

Le seul érconvénient qu'on reproche avec raison à cette plante, est la difficulté d’en empêcher la reproduction dans les cultures subséquentes ; les plus petits tubercules et même les moindres racines laissées dans le sol suffisent pour produire de nouvelles tiges ; le meilleur moyen pour remédier à cet inconvénient, est de faire pâturer au printemps, par les vaches ou les moutons, toutes les tiges qui repoussent, puis de donner des labours et hersages soignés et énergiques.

Le principal produit du topinambour consiste dans les abondans tubercules, ordinairement de couleur rouge, qui naissent de ses racines. Ils peuvent fournir à l’homme un aliment sain, cuits dans l’eau ou sous la cendre; leur goût offre beaucoup de ressemblance avec celui du fond ou réceptacle de l’artichaut. Néanmoins leur principal emploi est pour la nourriture des bestiaux. V. YvanrT s'est assuré que tous pouvaient s'en accommoder, quoiqu'ils le rejettent quelquefois au premier abord; mais ils conviennent surtout pour les porcs et les moutons. DAUBENTON assure même que, pour ces derniers animaux, celte nourriture, fraiche en hiver, est préférable aux choux. On peut les faire consommer par les bestiaux également crus ou cuits; nous pensons que cette dernière préparation est préférable. la cuisson devant diminuer la qualité aqueuse et détruire le principe âcre que ces tubercules renferment nécessairement, la plante ne

arvenant jamais à maturité complète. Pour es porcs, on peut leur faire consommer sur place les topinambours en leur faisant déterrer les tubercules.

Du reste, il est très-essentiel d'éviter, en les donnant aux bestiaux, qu’ils aient éprouvé un commencement de fermentation ou de décomposition, qui produit souvent des cas de météorisation très-dangereux. La qualité un peu aqueuse des tubercules en rend même nuisible une quantité trop forte pour les moutons, car le même inconvénient n'existe pas pour les vaches et les cochons. On corrige cette qualité trop rafraichissante des tubercules pour les moutons, en y mêlant une petite quantité de sel, de baies de genièvre concassées où de quelque autre substance Lonique ; on y obvie surtout en ayant soin de les allier avec la nourriture sèche, et en ne les comprenant pas pour plus de moitié, en poids, dans la ration journalière.

Avant de donner les topinambours crus aux bestiaux, £/ convient de les laver afin d'en extraire la terre adhérente, et ensuite de /es couperavec le coupe-racines ou de es concasser grossièrement.

La qualité nutritive du topinambour n’a pas été rigoureusement établie, et, d’après sa nature AnEMRe on doit la croire assez faible; cependant Yvarr et plusieurs aulres agronomes l’estiment à l’egal de la pomme-deterre pour la nourriture des bestiaux. M. Mat-

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