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sure que dans le Nord, où il a plus de solidité que dans nos climats, on l’emploie au charronnage. Il brûle rapidement en donnant une flamme claire; il est bon pour les usines et pour chauffer les fours. Son ckarbon sert à faire de la poudre à tirer.
L'écorce du bouleau sert à un grand nombre d’usages dans le nord de l’Europe, et remplace surtout l'écorce de chêne dans le tannage des peaux. On assure qu’au Kamtschatka, les habitans mangent cette écorce coupée par petits morceaux et mêlée avec des œufs de poissons. En Suède, on prépare avec la sève du bouleau un sirop qui peut remplacer le sucre pour plusieurs usages domestiques, et l’on fait avec cette même sève une liqueur spiritueuse dont le goût est agréable et aue l’on boit dans le pays.
On multiplie le bouleau de semis ou de jeunes plants enlevés dans les forêts pour en former des pépinières. Lorsque les jeunes bouleaux ont atteint l’âge de 4 ou 5 ans, on peut les transplanter à demeure ; il faut avoir soin en les plantant de presser fortement la terre sur les racines. La culture de cet arbre doit être recommandée à tous ceux qui s’occut des forêts, parce qu’il brave les froids et les chaleurs, qu’il n’a pas besoin de l’ombrage des autres arbres, tandis que le sien leur est favorable, qu’il ne peut pas leur nuire par ses racines, Car elles courent à la surface du sol etse contentent de peu de nourriture, qu’il réussit partout et améliore les mauvais terrains, et qu’enfin il donne des produits avantageux, et peu de temps après qu'on l’a planté. JAUME SAINT-H1iLAIRE.
3. BOURGENE. — La BouRGÈNE où Bourdaine (Rhamnus frangula, Lin.) est une espèce de nerprun, par conséquent de la famille des rhamnées, dont la tige, ligneuse, haute de 12 à 15 pieds ou un peu plus, se divise en rameaux garnis de feuilles alternes, ovales, glabres, un peu pointues. Ses fleurs sont petites, verdâtres, pédonculées, groupées plusieurs ensemble dans les aisselles des feuilles ; il leur succède de petites baies noirâtres, à 2 ou 4 graines. Cet arbrisseau est assez commun dans les bois, surtout dans ceux qui sont humides; il fleurit en mai et juin,et ses fruits mürissent en septembre.
Le bois de bourgène est blanc, tendre et cassant; refendu en brins menus, on l’emploie dans quelques cantons pour fabriquer des paniers légers; on en fait aussi des allumettes. Son feu ne dégage que peu de chaleur et n’est pas de durée ; mais son charbon est très-léger et regardé comme le meilleur qu'on ait trouvé jusqu’à présent, parmi les bois indigènes, pour la fabrication de la poudre à canon, et, par cette raison, l’administration des poudres a le droit de le mettre en réquisition dans ies bois des particuliers.
La bourgène se multiplie spontanément par ses graines dans les lieux qui lui sont favorables. 1
On peut retirer de son écorce une teinture jaune, et de ses fruits du vert de vessie. Cette écorce et ces fruits sont purgatifs comme ceux du nerprun commun, mais ils ne sont guère employés sous ce rapport, si se n'est par les gens des campagnes.
LolsELEUR-DESLONGCHAMPS.
GHAP: 2°
4. BUIS (lat. Buxus ; angl. Boz-tree; allem. | Buchsbaum ; ital. Bosso). — Le Buis commun (8. sempervirens, Lin.) (fig. 36) est un arbris-
Fig. 36.
sean loujours vert. Sa tige, ordinairement peu élevée, acquiert quelquefois un fort diamètre.Ses feuilles, ovales et entières, sont plus où moins grandes suivant les variétés; on en connait cinq ou six : 1° le buis de Minorque; 2° le buis arborescent, qui croit uaturellement
dans nos forêts; 3° le buis arbrisseau ; 4° le buis hétérophylle; 5° le buis nain.
Le bois du buis est d’un jaune pâle, d’un tissuserré et compacte. Le pied cube sec pése 68 livres. Lorsqu'on le met dans l’eau, 1l va au fond. On fait une grande consommation de ce bois à St.-Claude, département du Jura; on en fabrique des grains de chapelets, des sifflets, des boutons, des cannelles, des fourchettes, des cuillers, des peignes, des tabatières, etc., tellement que cet arbre est devenu très-rare aux environs de cette ville.
Le bois de buis est excellent pour le chauffage, et ses cendres très-estimées pour les lessives. Pour le service des fours à chaux, il faut près de moitié moins de fagois de buis que de tout autre bois. On en fait aussi maintenant un grand usage pour la gravure sur bois. Ses feuilles servent à la litière des troupeaux et du bétail, et elles deviennent un très-bon engrais. Le buis de nos départemenus méridionaux est plus estimé que celui du nord de la France, à cause de l'intensité de sa couleur et de sa capacité. IL parvient en même temps à une plus grande élévation.
J'en ai vu dans la forêt de l’Esterel, près de Fréjus, qui avaient plus de 20 pieds d’élévation. Quoique cet arbre croisse lentement et qu'il ne donne des produits que fort tard, sa culture en forêt ne doit pas être négligée.
On le multiplie de graines, de marcottes et de boutures. Il aime les terres légères et un peu sèches.
5. CHARME (lat. Carpinus; angl. Hornbeam; all. Feissbuche ; ital. Carpino).— Le CnarME commun (C. betulus, Lin.) (fig. 37) a une tige haute de 40 à 50 pieds; dans les bons terrains elle parvient quelquefois à 70 pi.,surune circonférence de 5 à 6. Dans les forêts, cet arbre est d’un médiocre intérêt, car il croit lentement, produit moins de bois que le chéne, et on assure que sa présence est funeste aux bois blancs et même aux bois durs qui l’entourent ; mais dans les jardins, il contribue à leur ornement, parce qu'il se prête à toutes les formes qu'on veut lui donner; il souffre la taille à toutes les époques de l’année, el conserve long-temps ses feuilles vertes.
AGRICULTURE
ARBRES ET ARBUSTES Y'ORESTIERS INDIGENES. 17
Fig. 37.
Le bois du charme est blanc, dur, pesant, tenace et d’un grain serré; mais son poli est mat. On ne doit l’'employer que lorsqu'il est très-sec, parce qu'il fait beaucoup de retrait à la dessiccation. Il est excellent pour les pièces de charronnage rustiques qui exigent de la force, Me moins élastique que le frêne; le pied cube sec pése 51 liv. 1/2. Mais il est au 1°° rang comme bois de chauffage; il s'allume facilement et donne un feu très-vif. Son ckarbon est excellent pour les forges, la cuisine et la fabrication de la poudre à canon.
Les feuilles de charme, vertes ou sèches, sont un bon fourrage pour les chèvres, les brebis et les vaches ; 3 ou 4 onces de son écorce verie, hachée et cuite pendant une heure et demie dans une pinte d’eau, m'ont donné, dit Dambourney, une couleur olivefoncé. Les insectes n’attaquent:pas les feuilles du charme, mais les souris rongeut et détruisent quelquefois des plantations enlières.
On multiplie le charme de graines, ainsi que par la greffe , les drageons et les couchages. La graine est { an ou 18 mois à Jever, de sorte qu'on le propage le plus souvent par les jeunes plants enlevés dans les bois. Pour former une charmille, on met le plant de 3 à 4 ans à une distance de 6 à 8 pouces, et même à 1 pied de distance, si la charmille doit être tenue haute. On lond les charmilies 2 fois par an. Ou a conseillé de ne les tondre qu’une fois, au milieu de l'été, entre les 2 sèves.
Le charme vient assez bien dans tous les terrains, pourvu qu'ils aient de la profondeur. Il préfère les sables un peu frais et les terres calçaires qui ont de la fraicheur. Il s’accommode de toutes les expositions et résiste aux plus grands vents.
6. CHATAIGNIER (lat. Fagus; angl. Spanish chesnut; all. Castanienbaum ; ilal. Castagno). (fig. 38).—Le CHATAIGNIER commun ( F.castanea, Lin.) est un des arbres les plus précieux de nos forêts par sa hauteur et son port, les qualités de son bois, l'abondance et la bonté de ses fruits, et la propriété qu'il a de croitre dans des sables où beaucoup d’autres arbres ne donnent qu'une faible végétation, de sorte