‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 55 sur 595 · LS FAN US 1944 ) SU} ASE · texte numérisé non relu

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trie,etjamais on ne l’a trouvé croissant spontanément sur aucun autre point du globe.Il y était autrefois si abondant que l’on s’en servaitdans la construction des flottes et des édifices; mais , déjà depuis long temps, le nombre en est tellement diminué, qu’en 1574 il n’en existait plus que 26 individus ; que cent aus après, RAWOLF n’en trouva plus que 16, et qu’enfin LABILLARDIÈRE n’en à compté que 7 en 1798.Quoique le cèdre produise des graines en quantité , il n’en résulte aucun jeune arbre sur le mont Liban, parce que la terre y est couverte de gazon, et que ce lieu est un rendez-vous où le peuple s’assemble. Il est donc probable que bientôt il n’yaura plus aucun cèdre sur le mont Liban, et que la destinée de ce colosse du règne végétal sera entièrement entre les mains des cultivateurs. Heureusement que le degré de civilisation où les peuples de l’Europe sont parvenus, ne laisse aucune crainte de voir l’extinction de sarace, et qu’il est permis d’espérer qu’on en verra plutôt planter ‘des forêts, que sa multiplication négligée.

Le tronc d’un cèdre mesuré sur le Liban même, avait 36 pi. et demi de circonférence, et ses branches couvraient une étendue de 111 pieds de diamètre. Des observations faites sur celui planté en 1754, au Jardin-du- Roi à Paris, établissent que cet arbre croit d'environ 5 lignes en diamètre chaque année, pendant les premiers siècles de son existence. Quant au nombre de-siècles qu’il peut vivre, on ne sait rien de certain à cet égard. Au reste, le cèdre du Liban intéressera toujours par son port majestueux , sa taille colossale, son aspect étranger, sa verdure sévère et la disposition de ses vigou-

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reux rameaux étendus par étages dislincts.

Ses feuilles sont courtes, subulées et disposées en faisceaux. À ses fleurs, peu éclatantes, succèdent des fruits (cônes) (fg. 66), ovales ou elliptiques , hauts d’environ 3 pouces,et dont les graines ne mûrissent que dans la troisième année. Le boës du cèdre semble, pour les qualités, tenir le milieu entre celui du pin sylvestre et celui du sapin.

Le cèdre du Liban n'étant encore chez nous qu'un arbre d'agrément, propre aux scènes des grands jardins paysagers, son éducation et sa multiplication sont entre les mains des pépiniéristes, qui l’élèvent de graines recueillies sur quelques anciens individus qui commencent à fructifier assez abondamment en France, en Angleterre et en Allemagne, pour qu’on ne craigne plus d'en perdre l’espèce. Quoiqu'il soit assez difficile de tirer les graines de leur cône, je | n’en dirai rien, puisque tous les pépiniéristes connaissent les différens moyens de les en faire sortir. |

Sernis. — Les graines du Cèdre doivent étre semées au printemps, à une exposition chaude et ombragée, afin que le jeune plant puisse acquérir, dans le courant de l'été, assez de force pour résister aux dangers de l'hiver suivant.C’est donc un bon usage de les semer en terrine dans de la terre de bruyère, de placer la terrine sur une couche tiède, de la couvrir d’un panneau de chässis, de l’ombrer, et de tenir la terre de bruyère suffisamment chaude et humide pour que la germination s’effectue en 15 ou 25 jours. Quand les cotylédons sont sortis , il faut diminuer de beaucoup l’humidité de la terre en ménageant les arrosemens, éviter que le soleil ne

vienne frapper le jeune plant, donner un peu d'air, mais bien prendre garde que le vent ne s'introduise sous le panneau, car la grande humidité, le soleil et le vent, sont trois ennemis dangereux pour beaucoup de graines en germination.Si le jeune plant n’est pas trop dru. on peut le laisser dans la terrine toute l’année pour lerentrer en orangerie aux approches de l'hiver, ou bien, s’il est pressé, repiquer séparément chaque individu en motte quand les cotylédons sont bien développés, dans autant de petits pots en terre de eee mélangée avec un quart de terre franche on normale, arroser modérément, tenir à mi-ombre jusqu’à ce que la végétation se manifeste par l’alongement de la jeune tige; en novembre, on rassemble les pots dans un châssis, on les couvre de panneaux vitrés, et on prend bien garde que l’humidité ne s’introduise dans le coffre pendant l'hiver, autrement le jeune plant fondrait.

Pendant les deux et trois premières années , la prudence demande que l’on abrite les jeunes cèdres des intempéries de l'hiver; après ce temps révolu, ils sont moins sensibles et ne réclament plus d’abris, mais il faut chaque année leurdonner un plus grand pot et de la terre de bruyère mélangée avec un tiers de terre normale. On pourrait les planter en place et à demeure à l’âge de 4 ans; cependant le plus souvent on les conserve en pot beaucoup plus long-temps , parce que l’occasion de les planter ne se présente pas encore fréquemment dans l’état actuel de nos cultures; pendant ce temps, leurs racines se contournent dans le pot, forment la boule, prennent une mauvaise direction, et lorsqu'on met l’arbre en place, elles ont de la peine à s'attacher au sol, et à s'étendre au loin pour aller chercher leur nourriture.

C’est un inconvénient que partagent tous les arbres qui sont restés long-lemps en pot, et qu'il n’est guère possible d’éviter dans le commerce des plantes. Si on les élevait en pleine terre, ils croîtraient plus vite et leurs racines séraient en meilleur état; mais les difficultés de les lever, de les faire voyager en motte, et le danger qu'ils courraient à la reprise, ont déterminé les pépiniéristes à les élever toujours en pot.

Les voyageurs ne nous ayant pas fait con-

naître la nature de la terre du Liban, nous sommes obligés d’examiner la croissance des cèdres plantés sur différens sols en France, pour reconnaître celui qui est le

lus favorable à la végétation de ce bel ar-

re; et l'examen apprend qu'il croit mieux en bonne terre siliceuse , plus sèche qu'humide, que dans toute autre terre. C’est douc dans les sols de cette nature qu’il faut planter le cèdre si l’on veut le voir bien végéter et qu’il développe toute sa majesté au profit des races futures.

Pour planter un cèdre avec la plus grande

chance de succès, il faut faire un trou carré de 6 pieds de diamètre et de 2 pieds + à 3 pieds de profondeur, l’emplir d’un mélange composé de 1/2 terre de bruyère , 1/4 sable siliceux et 1/4 terre franche ou normale, et l’affaisser modérément si l’on doit planter de suite.

20 pt la moins dangereuse est la fin d’avril pour notre pays. La terre étant ainsi

préparée, on choisit un jeune cèdre bien fait, dont la croissance n’a pas souffert, qui surtout n’a pas perdu sa flèche, car quoique les jeunes cèdres s’en reforment une autre assez facilement , il ne faut pas trop y compter; d’ailleurs ce n’est jamais qu'aux dépens de quelques années de croissance qu’une flèche se reforme. Si la tige du jeune cèdre convient, on le dépotera pour examiner l’état de ses racines, et pour peu qu'il s’en trouve d’avariées , il faut le refuser. Quand au contraire elles sont en bon état, on gratte la circonférence de la motte pour en faire tomber un peu de terre et mettre leurs extrémilés à nu, sans les blesser ni les racourcir ; on plante de suite afin qu’elles ne se dessèchent pas, et on arrose légèrement et doucement pour les attacher à la terre.

Le cèdre voulant croître en liberté, les seuls soins qu'il réclame pendant sa Jeunesse, sont quelques arroséemens dans les saisons sèches, des sarclages au pied pour que les mauvaises herbes ne mangent pas la terre, de l’air et de la place pour qu’il puisse élever sa tête au-dessus des plus hauts arbres d’alentour, tandis que ses branches inférieures couvriront au loin le sol où il est planté.

Depuis long-temps on fait des vœux, sinon pour voir des forêts, du moins pour voir planter des masses imposantes de cèdres sur le sol de la France. Un seul mot du gouvernement suffirait pour que quelques grands propriétaires les réalisassent.

2. CYPRES commun ( Cupressus sempervirens, Lin.).— Petit arbre pyramidal, originaire de la Grèce, ne s’élevant guère qu’à la hauteur de 25 ou 30 pieds, et dont le tronc ne prend que 8 ou 10 pouces de diamètre sur notre sol. Son boës est assez fin, plus beau que celui du pin: mais, lorsqu'on le travaille, soit vert, soit séché depuis long-temps, il répand une forte odeur désagréable. L'usage de cet arbre se bornera probablement tou-

jours à accompagner les tombeaux et à pro-

duire des scènes mélancoliques dans les

rands jardins paysagers. Il a une variété dont

es branches étendues horizontalement forment moins la pyramide.

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