‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 118 sur 200 · V . 642. Ces trois petis morceaulx becus · texte numérisé non relu

V . 642. Ces trois petis morceaulx becus

Becu a deux sens : 1° Qui est muni d'un bec, ou en forîne de bec, remarquable par le bec. (Ces terminaisons en 14 répondent aux adjectifs latins formés d'un substantif et de la terminaison utus : membru^ ossu^ corsu, chevelu, pattUf pointu, velu, peluoxx poilu, cornu, etc.)

Mais tuit ont les solers becus,

(GUILL. DE MaCHAULT.)

Des souliers à lu poulaine.

Le second sens de becu , c'est hmn, noir ou noirâtre. Le latin aquiius ou oquilinus avait également Tune et Vautre acception, relatives tantôt au bec, tantôt au plumage de Taigle : — « Aquilus, Bkchus, qui a lonc nés ou noirs. >» {Glossaire inédit du xv* siècle, cité par M. Du Méril, Mélanges archéol.) Lebeschu, no:n propre : Lebrun ou Lenoir.

Il faut donc distinguer deux orthographes comme deux étymologies : beccv, xenxkuiàebec.eibescu, biscoclus, deux fois cuit ou brûlé, tous deux identiques à Toreille.

J'ai choisi la leçon donnée par Pierre Le Caron au lieu de celle de l/i90 :

Ces trois morceaus noirs et bescuz...

qui me parait une glose fondue dans le texte. L'autre leçon, petis morceaus becus (il devrait y avoir bescus)^ vient sans doute d*un manuscrit aujourd'hui perdu.

I^s pilules ont de tout tems été rondes, comme leur nom même l'indique , et n'ont jamais eu de bec. Par conséquent, becu ne peut être ici que dans l'acception de noir^ et noirs et becus ferait pléonasme.

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