E BERGIER
Bê!
V. < 297. — Leroy, 4 490, Treppèrel : « Mais je los. • — Les éditions du xvi« siècle : < Je le los. » J'ai pensé qu*il n*y avait qu'une faute d'impression, Uxi pour loe, comme au vers 4 489.
V. 4 300. — Le second ne manque dans 4 490 ; il est dans Leroy et dans Treppèrel.
LE JUGE
^ Sanglante fièvre
Te doint dieu ! et te mocques tu ?
PATELIN
•»» Croyez qu'il est fol ou testu ,
Ou qu'il cuide estre entre ses bestes.
LE DRAPPIER.
Or regnie je bien , se vous n'estes Geluy, sans aultre, qui l'avez Eu, mon drap . — Ha 1 vous ne sçavez , «w Monseigneur, par quelle malice. . .
LE JUGE
Et taisez vous! Estes-vous nice?
Laissez en paix ceste assessoire Et venons au principal.
LE DRAPPIER.
Voire,
Monseigneur, mais le cas me touche.
«315 Toutesfois, par ma foy, ma bouche
Meshuy ung seul mot n'en dira.
Une aultre fois il en ira
Ainsi qu'il en pourra aler :
Il le me convient avaler «M Sans masoher. Ore, je disoie
A mon propos comment j^avoie Baillé six aulnes. . . doy je dire Mes brebis — je vous en prie , sire , Pardonnez moy. — Ce gentil maistre ,
«M Mon bergier, quant il devoit estre Aux champs. . . il me dit que j'auroie Six escus d'or, quand je viendroie. . .
Dy je, depuis trois ans en ça, Mon bergier m'enconvenança
1S30 Que loyaument me garderoit Mes brebis, et ne m'y feroit Ne dommaige ne villenie. . .
Et puis maintenant il me nie Et drap et argent plainement!
(A Patelin.)
<»to Ah, maistre Pierre, vrayement Ce ribault cy m'embloit les laines De mes bestes , et toutes saines Les fesoît mourir et périr Par les assommer et ferir
1M0 De gros bastons sur la cervelle. . .
(Au juge.)
Quant mon drap fut soubz son esselle, Il se mit au chemin grant erre.
Et me dist que j'allasse querre Six escus d'or en sa maison.
LE JUGE
«3» Il n'y a ne rime ne raison
En tout quant que vous rafardez.
Qu'est cecy? vous entrelardez Puis d'ung, puis d'aultre ; somme toute , Par le sang bien, je n'y vois goûte I
«3M H brouille de drap et babille,
Puis de brebis , au coup la quille !
Chose qu'il die ne s'entretient.
PATELIN
Or je m'en fais fort qu'il retient Au povre bergier son salaire.
LE DRAPPIER.
«su Par dieu I vous en peussiez bien taire !
Mon drap, aussi vray que la messe
(Je sçay mieuh où le bas m'enblesse Que vous ne ung aultre ne sçavez.) Par la teste bieul vous l'avez.
V. 4345. — 1490 écrit « ilnya, ce qui montre que Toa ne comptait que deux syllabes : t gnia, Trepperel et les autres, d'après lui, suppriment le premier ne: « U n'y a rime. »
V. 4 346. — Sic B., Leroy et Trepperel. — 4 490 : t re^ fardes. » C'est toiyours le verbe itératif de farder.
LE JUGE
43«> Qu'est ce qu'il a?
LE DRÀPPIER.
Rien, monseigneur.
Par mon serment, c'est le greigneur
Trompeur. . . Holà! je m'en tairay.
Se je puis , et n'en parleray Meshuy , pour chose qu'il adviengne.
LE JUGE
t36a Et non; mais qu'il vous en souviengne.
Or concluez appertement.
PATELIN
Ce bergier ne peult austrement Respondre aux fais que l'en prépose , S'il n'a du conseil, et il n'ose, t»^ Ou il ne scet en demander.
S'il vous plaisoit moy commander Que je fusse à luy, je y seroye.
LE JUGE
Avecques luy? Je cuideroye Que ce fust trestoute froidure :
«sw C'est Peu-d'acquest.
V. i|367. — 6'ic Leroy et U90. — Trepperel : « nulle ment. » — B. : < bonnement. >
PATELIN
Mais je vous jure Qu'aussi n'en veuil je rien avoir :
Pour dieu soit. Or je vois sçavoir Au povret qu'il me vouldra dire, Et s'il me sçaura point instruire *»• Pour respondre aux fais de partie.
Il auroit dure départie De cecy, qui ne le secourroit.
(Au berger.)
Vien çà, mon amy. Qui pourroil Trouver.... entens.
LE BERGIER
Bê!
PATELIN
QuelBè, dea!
«5» Par le sainct sang que dieu réa , Es tu fol ? Dy moy ton affaire.
LE BERGIER
Bê!