ACTE CINQUIÈME. lo
que vous, — et c'est pourquoi je peux épouser votre fils la tôte haute.
GUF, RIN, baisse les yeux sous le regard de Francine, et détournan: la tête.
C'est égal, je ne suis pas gentilhomme, mais je rougirais d'entrer dans une famille qui me repousse.
DESRONCERETS.
Tout beau, monsieur Guérin. Ce n'est pas nous qui entrons dans votre famille, c'est le colonel qui en sort.
Et moi, Mademoiselle, je vous remercie de l'honneur que vous faites à mon fils.
GUÉRIN
De quoi vous mêlez-vous? Nous avons un compte a régler ensemble, ma bonne; ne le grossissez pas.
MAD.\ME GUÉRIN traverse lentement le théâtre jusqu'à la table de l'autre côté de laquelle est Guérin.
Oui, Monsieur, nous avons un compte à régler. Voilà trentecinq ans que je courbe la tête devant vous, je la relève enfin.
GUÉRIN
Vous dites?
Je dis que je suis lasse d'être votre souffre-douleurs. J'ai tout supporté sans me plaindre, même des outrages que vous croyez secrets... J'avais un respect superstitieiKS pour le père de mon fils: je ne vous séparais pas de mon fils dans ma tendresse et dans mon admiration. Aujourd'hui je vous ai jugé.
GUÉRIN
Jugé, vous?
Je n'ai pas d'esprit, je le sais; mais j'ai la lumière du cœur.
GUÉRIN
Nous reprendrons cette conversation quand nous serons seuls.
M ADAME GUÉRIN.
Non, Monsieur; vous avez chassé mes enfants, je me retire avec eux.
GUÉRIN
Hein?...
Vous ne rougirez pas de moi, vous, ma chère Francine.
FRANGINE
0 ma mère !
GUÉRIN
Vous naimez que votre fils, je le sais depuis longtemps, mais je ne savais pas que vous me haïssiez... Voilà ma récompense! vous vous joignez à mes ennemis pour m'écraser sous la réprobation publique... Mais vous avez jeté le masque trop tôt, Xantippe... Il y a des lois! votre châtiment sera de rester près de moi. Essayez de déserter le domicile conjugal : je vous le fais réintégrer entre deux gendarmes!