‹ Maitre Guérin; comédie en cinq actes, en proseChapitre 30 sur 106 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, ARTHUR,

ARTHUR, à Cuérin.

J'arrive le premier? a pesroncerets.) Votre serviteur, monsieur.

DESRONCE RETS.

Monsieur (AGuérin), à quelle heure la dernière le\ée des lettres?

A quatre heures.

DESRONCERETS.

Puis-je écrire un mot dans votre étude?

A votre aise. ( Desroncerets sort par la dioite.)

A R T H U R , s'asseynnt h gauclie.

Il ne se doule pas qu'il a failli être mon beau-père.

GIÉRIN.

Bah?

ARTHUR

Ma foi, ma demande était faite, si mon oncle était mort huit jours plus tard.

GUÉRIN

Vous avez eu de la chance, car le bonhomme est en train de se mettre sur la paille.

ARTHUR

N'a-t-il pas enfourché un nouveau dada ?

GUÉRIN

Oui , une méthode pour apprendre à lire aux enfants en huit jours.

ARTHUR

Diable! espérons qu'il fera fiasco.

GUÉRIN

Que vous importe'?'

r/osl un ennemi i)ublic, cet homme-là! le jour où tout le monde en France saurait lire , il n'y aurait plus de gouvernemont possible.

GUÉRIN

C'est positif.

ARTHUR, tirant sa montre.

Ail çà! madame veuve Lecoutellier abuse étrangement de ses droits de haute et puissante dame.

GUÉRIN

Est-elle aussi haute et puissante que cela?

ARTHUR

Parbleu! non-seulement elle a conservé toutes les relations de son mari, mais elle est devenue l'amie intime de la baronne Van Derkreuth.

GUÉRIN

Van Derkreuth?

ARTHUR

Son nom n'est pas venu jusqu'à vous? C'est la reine du monde élégant; c'est elle qui donne le mauvais ton.

GUÉRIN

Vous devez être de sa cour?

ARTHUR

Ma tante m'a brouillé avec elle, et cette disgrâce a porté une plus rude atteinte à mon crédit que mon échec au conseil général.

Est-il possible! Je vous aurais cru au pinacle de la faveur.

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