‹ Maitre Guérin; comédie en cinq actes, en proseChapitre 52 sur 106 · A R T II U R · texte numérisé non relu

A R T II U R

Cet aveu, dépouillé de toute vanité, vous explique l'accueil que vous avez dû recevoir, si j'en juge par votre physionomie de tout à l'heure.

LOUIS, radieuï.

Contrainte et forcée !...

A RTHUR.

Mais je ne suis pas un tyran de mélodrame, et si vous avez

7S MAITRE GUÉRIX.

les moindres droits en tout ceci, je m'engage à me désister et à lever l'obstacle qui vous sépare; je ne peux, mieux dire.

LOUIS, se rapprochant d'Artliur.

Cet obstacle, quel est-il ?

ART H un.

11 est énorme : tout simplement une'différence de sept cent mille francs.

LOUIS, avec un ûtonnement dédaigneux.

Une question d'argent ?

ARTHUR

Que voulez-vous donc que ce soit? Je m'étais obstiné à ne pas céder unj'oiige liard, mais diantre!... j'aime mieux prendre une part de moins dans la succession de mon oncle... qu'une part de trop.

LOUIS, tW-s-froid.

La preuve que madame Lecoutellier a le cœur libre, c'est qu'elle consent à vous épouser.

Elle n'a pas encore consenti !... elle m'a demandé vingtquatre heures de réflexion.

LOUIS, ironfiiiu'.

C'est beaucoup; au surplus, je crois que ses réflexions sont faites.

ARTHUR

Mais nous pourrons les lui faire recommencer.

LOU IS

C'est inutile, monsieur; si elle m'aimait, elle n'eût pasiiésilé une minute.

ARTHUR

Pardon! Elle peut bien ne pas vous aimer jusqu'à concurrence de sept cent nulle francs et vous aimer encore pour

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