SCÈNE VIII
Les Mêmes, LOUIS, qui est entré sur les derniers mots. LOUIS.
Restez, mademoiselle, (a Desroncerets.) Brénu est remboursé : voilà sa quittance.
DESRONCERETS.
Remboursé ?
GUÉRIN
Par qui?
LOUIS
Par moi.
MADAME GUÉRIN, à part.
Brave enfant !
LOUIS, à Desroncerets.
Me ferez-vous la grâce, monsieur, d'être mon débiteur?
( Desroncerets lui tend la main. )
Puis-je savoir, monsieur, où vous avez trouvé de l'argent? Car je ne vous connais pas un sou vaillant.
LOUIS
J'ai fait des lettres de change à Brénu [our cent cinquantecinq mille francs.
GUÉRIN
Des lettres de change? qui les acquittera? Je vous previnns que je n'ai pas de fonds.
ioO MAITRE GUERIN.
LOUIS
Rassurez-vous ; vous n'aurez rien à débourser : Brénu vous les présentera aujourd'hui même en payement de son billet.
GUERIN, s'asseyant à droite delà table.
Ce sont, cent cinquante-cinq mille francs que vous prenez dans ma poche !
LOUIS
C'est un emprunt, dont l'intérêt vous sera payé par M. Desroncerets pour cent mille francs, et pour le reste, par le colonel Guérin. Voici une délégation sur ma solde.
DESRONCERETS.
Non, mon ami, toute la dette me regarde, puisque vous l'avez contractée pour moi.
LOUIS
Détrompez-vous... j'ai emprunté cinquante-cinq mille francs pour mon compte. J'avais une dette d'honneur à acquitter.
MADAME GUÉRIN, ù Francine.
Oui , une dette d'honneur.
GUÉRIN, ù part. '''
Elle me payera tout ça là-bas.
DESRONCERETS, à Louis.
Comment vous témoigner ma reconnaissance?
LOUIS
Ah! monsieur, j'oserai peut-être un jour vous on demander une grande preuve.
DESRONCERETS.
Dites tout de suite...
LOUIS
Le seul vœu que je puisse cx|)rimer aujourd'hui, c'est que mademoiselle Francine veuille bien accepter toutes les réparations que je lui offre!... J'ai méconnu la noblesse et la fierté do son âme, ce sera le regret de toute ma vie.