REPRISE DU REFRAIN
(En sanglotant,) Que triste sortî on m' déshérite En m' mettant dehors du troupiau ; Mes moutons, s'il faut que j' vous quille, Mes deux yeux vont se fondre en iau , J' s'rai r plus malheureux d' tout l'hamiau ! Oh! oh! ohl oh! oh! oh!
JOSSEAUME, sortant de chez lui, à Aignelel.
Ah! tu es encore là, gredin!
IGNELET.
Bon vêpre, net* bourgeois, et bonne nuit!
.ÎOSSEAILME.
Tu oses encore te présenter devant moi!
AIGNELET.
Sauf vol' respect, mon doux maître, c'est à cause de ce vilain papiais, où l'on parle, à c' qui disont, de moutons, de juge et d'ajournerie...
JOSSEAUME.
Ouais!... tu fais l'imbécile; mais je te jure que tu ne tueras plus, jamais, au grand jamais, de mouton, qu'il ne t'en souvienne!...
AIGNELET.
Hé, mon doux maître... ne croyez point les médiseux!
josséaume.
Les médiseux... et ne t'ai -je pas surpris, moi-mêmo, cette nuit, tuant unmoutonf
AIGNELET.
C'était pour l'empêcher de mouri' !
JOSSEAUME.
Le tuer... pour Tempêcher de mourir?
AIGNELET.
De mouri' de la clavelée... àjcause, ne vous en déplaise, que , quand ils mouriont de ce vilain mal , ils ne sont plus bons ni à bouillir ni à rôtir...
JOSSEAUME.
Six-vingts moutons en un mois!...
AIGNELET.
Ils gâtiont les autres, par ma fi!...
JOSSEAUME.
Nous verrons ça, ce soir, devant le juge !..
AIGNELET
Devant le juge... à quoi bon, dà?... allons, mon doux maître, conlentais-vous de m'avoir assommais, avec votre gros bâton de coudrier , et , pour le reste, accommodons-nous ensemble... si c'est votre bon plaisir...