CLAUDE-JEAN-BAPTISTE
Né à Dijon le 5 juin 1750, mort en juin 1817; élève de F. Devosge et de Greuze; conservateur du musée de Dijon; admis aus expositions du Louvre.
Portrait de Brigard, comédien français'.
C’est un vieillard au masque plein de caractère : regard volontaire, bouche fine, nez puissant, le visage marqué par le sillon des rides. Ses cheveux blancs, rejetés en arrière, découvrent le front et dégagent les tempes. Le personnage porte, sur sa chemise déboutonnée, un foulard bleu noué négligemment et dont les pans jouent sur le revers d’une robe de chambre de couleur beige, garnie de fourrure.
Haut., 55 cent.; larg., 44 cent.
On manquait, sur ce peintre, de documents autres que ceux qui signalent les principales étapes de sa vie. On savait qu’il avait légué au musée de Dijon, dont il fut le conservateur, tous les tableaux qui constituaient son cabinet ; grâce aux savantes études publiées par le Baron Roger Portalis, dans la Galette des Beaux-Arts, on connaît maintenant par le détail la vie de cet artiste, qui marque parmi les plus intéressants du xviii® siècle.
Hoin, que quelques-uns ont le tort d’appeler Houin, ne fut pas seulement peintre; on lui doit également un certain nombre de gravures, signalées par Basan et par Nagler, d’après Van Dyck, Boichot, Fragonard, Greuze et d'après lui-même.
II était membre des Académies de Dijon, Toulouse, Lyon et Rouen.
On sait, par les études du Baron Portalis, que Hoin était un fervent, presque un familier de la Comédie, qu’il y allait souvent, avec des billets à lui donnés. C’est donc à l’époque où il fréquentait au théâtre, époque qui était celle de la pleine vogue de Brizard, que Hoin exécuta ce portrait.
Jean-Baptiste Boitard, dit Brizard {1721-1791), avait débuté par la peinture et son avenir s’annonçait assez brillant, pour que Van Loo en fît un temps son élève préféré. A 18 ans, Boitard concourait pour le grand prix de Rome, sans succès d’ailleurs; quelques tableaux de lui furent acquis par des amateurs.
Mais il avait une voix éclatante, une diction nette, et il se plaisait à déclamer les vers des tragiques ; il n'en fallut pas plus pour que la vocation et les éloges autour de lui murmurés le portassent vers le théâtre ; il débuta en province, et ce n’est qu’en 17^7, qu’il fut engagé à Paris.
Comme il faisait route vers la capitale, un accident sur le Rhône, où il faillit être noyé, lui causa une commotion si vive, que ses cheveux blanchirent en une nuit, ce qui ne fut pas sans accentuer le caractère de son masque puissant.
Il connut, à la Comédie, les triomphes les plus flatteurs et se retira en 1786, avec une pension du théâtre et une pension du Roi.
I. N® 24 du catalogue de l’exposition, sous ce titre : Portrait d’homme.
Collection de M. Théodore Mante.
HOIN