ROSALBA
Née à Venise en 1677, morte en 1757; agréée et reçue académicienne en 1721.
Portrait présumé d’Isabella FornarV.
Elle est debout, de trois quarts à droite, en corsage décolleté de ton crème rosé, orné de bouquets de fleurs, de nœuds de ruban rouge et de guirlandes de perles. Un manteau bleu est indiqué derrière les épaules.
Haut., 57 cent.; larg., 43 cent.
Rosalba Carriera, qui avait débuté par dessiner des modèles pour la dentelle qu’on exécutait à Venise, et qui se mit à travailler le pastel et la miniature quand la vogue de la dentelle vint â passer, semble avoir eu la carrière la plus heureuse qui soit pour un artiste : le succès lui vint rapidement, ininterrompu jusqu’à la fin de sa vie, où une cataracte double, pourtant opérée heureusement, lui enleva l’usage de la vue.
Elle avait une couleur pleine de séduction, en faveur de laquelle on lui passait ses incorrections de dessin, et elle eut certainement le secret de donner aux femmes jolies et élégantes qui se disputaient la faveur de poser devant son chevalet, une expression de charme et de grâce qui n’était peutêtre pas toujours la lettre précise de la vérité, mais qui plut infiniment à ses contemporaines.
On sait que, pour se distraire du grand chagrin qu’elle avait éprouvé en 1718 de la mort de son père, elle vint en 1730 à Paris, où elle descendit
chez Grozat, qui lui avait offert un appartement dans son hôtel de la rue de Richelieu et un carrosse. Son séjour fut triomphal, encore qu’il fût employé à un travail acharné. Dans le journal de son voyage, Rosalba raconte en effet que parfois il lui fallait recevoir ses modèles, bourgeoises de qualité et duchesses, vers six heures du matin. C’est pendant cette année qu’elle fit les portraits de Louis XV, du Régent, de M™® de Parabère, de la Marquise de Prie, de Law, de sa femme et de sa fille, des Princesses de Conti, de la Duchesse de Clermont et de beaucoup d’autres.
Les peintres les plus illustres de l’Académie Royale : Antoine Coypel, Vleughels, François de Troy, Hyacinthe Rigaud, Nicolas de Largillière, Vivien, Charles de la Fosse, Watteau, Lemoine, le sculpteur Falconet, le graveur Gérard Edelinclc, n’avaient pas été les derniers à fêter l’artiste vénitienne, et ils se firent honneur de la recevoir académicienne en 1731.
I. No 4 du catalogue de l’exposition, sous ce titre : Portrait de jeune femme.
Collection de M. Albert Lehmann.
CARRIERA