CLIQUOT, SOPHIE
CLIQUOT entre avec une bouteille de liqueur sous chaque bras, et une lettre à la main , sans voir d'abord Sophie.
Avec une pareille artillerie , je dois faire brèche!... et puis, cette petite note diplomatique que j'ai trouvée sur le carré, tout-à-l'heure en sortant... Un amoureux!,., ah! fleuriste, tu tresses des couronnes !
SOPHIE
^»«^' Eh quoi! monsieur Cliquot, qu'est-ce qui vous ramène?... Est-ce que mon mari...?
CLIQUOT
Renvoyé des fins de la plainte grâce à mon influence, et toujours à l'intérêt qu'on vous porte , charmante cultivatrice des jardins artificiels.
(Il veut lui prendre la taille.)
SOPHIE , reculant.
Qu'est-ce que c'est que ces airs-là ?
CLIQUOT
C'est des airs enivrants... deux petits cordials ( Il pose les bouteilles sur la cheminée.) Crème de juillet... c'est chaud!... Huile de Vénus... c'est doux !... et lé chaud et le doux combinés , c'est l'emblème de mes sentiments!... hé !... hé!.. (Il veut encore lui prendre la taille.) SOPHIE.
KA bas les mains, grand escogriffe!
CLIQUOT
Ah bath ! vous n'êtes pas si gendarme avec tout le monde!...
SOPHIE
Plaît-il ? que voulez-vous dire?
- [T CLIQUOT, lui montrant la lettre.
Oui , oui , la correspondance est au greffe. (Lisant.) « Chère amie, ce soir, à neuf heures... « envoyez ailleurs votre Argus , que j'embrasse « vos genoux... Sigismond ! »
SOPHIE
' Je ne comprends pas...
,f CLIQUOT.
Bah ! tu fais celle qui ne comprend pas... car ça ne peut être que vous, méchante!...
( Il s'approche.) SOPHIE , reculant.
A la fin, laissez-moi, ou je le dirai à mon mari, là.