II. — Formes localisées
1° Localisation à un groupe ganglionnaire superficiel. — L'affection n’intéresse qu'un groupe ganglionnaire à l'exclusion des autres. Ce n’est, Le plus souvent, que le stade initial d’une extension ultérieure, mais celle-ci peut se faire attendre fort longtemps, des années entières. Les symptômes généraux sont nuls ou peu marqués. Sous cette forme le diagnostic est très malaisé. Opérée, la tumeur récidive et une généralisation rapide s'ensuit. L’examen du sang montre une leucocytose neutrophile avec éosinophilie fréquente.
2° Localisation au médastin : forme médiastinale. — Tout comme la lymphosarcomatose de Kundrat, la granulomatose est susceplible de se localiser dans le médiastin antérieur. Cette localisation est contestée, en tant que point de départ du processus granu-
MO RESS lomateux, par les auteurs anglais qui la considèrent comme un lymphosarcome. Pour Ziegler, cette localisation première existe cependant dans le tissu cellulaire, reliquat du thymus:; mais, tout comme l'existence isolée de tumeurs granulomateuses dans l’aisselle ou un autre groupe ganglionnaire, cette origine primitive et isolée est rare. Quoi qu'il en soit, primitive ou secondaire à l'extension de la granulomatose d’un petit foyer ganglionnaire voisin, cervical par exemple, cette localisation détermine la symptomatologie d’une tumeur du médiastin avec ses signes de compression pulmonaire, bronchique, vasculaire et nerveuse, sur lesquels nous ne voulons pas insister. L'état général reste bon pendant fort longtemps, l’anémie est peu marquée, la spléno et l’hépatomégalie ne surviennent qu'à la fin. Mais ici, plus peut-être que partout ailleurs, la granulomatose est susceptible de revêtir une allure maligne et envahissante par infiltration à la périphérie, soit en avant, pour attaquer la musculature et le gril sternocostal, soit pour s'étendre en arrière et provoquer des troubles de compression médullaire.
3 Localis lion aux groupes rétropéritonéaux. — La maladie prend alors une forme fruste qui n’a rien de typique et qui peut pendant fort longtemps dérouter le diagnostic. Ziegler la décrit sous le nom de forme larvée où typhoïde. Le premier stade de la maladie peut être absolument latent, sans même aucun signe prodromique. Parfois, au contraire, un peu de prurit, une éruption cutanée, quelques crises diarrhéiques passagères constituent toute la symptomatologie et, après un temps très variable de durée, on assiste d’em-
Ni blée à l'installation de la cachexie progressive de la seconde période : teinte jaunâtre, état adynamique et typhique avec fièvre irrégulière et élevée, diarrhée, grosse rale, quelques petites éruptions cutanées. Tout contribue donc à faire errer le diagnostic. La maladie évolue souvent par crises avec rémissions nombreuses
el la mort survient après une très longue évolution.