‹ Maladie du sommeilChapitre 10 sur 11 · PIED · texte numérisé non relu

PIED

Comme ces complications ont suivi lérysipèle, il est diffieile de les attribuer au trypanroth plutôt qu’à l’érysipèle.

Les résultats du traitement mixte ont été bons; au point de vue général le malade s’esi amélioré; les ganglions ont diminué considérablement de volume, les accès de fièvre se sont espacés, mais lentement ; par contre, les trypanosomes ont persisté dans le sang, Cela peut tenir à ce que nos doses de trypanroth étaient trop faibles; M. Laveran, pour guérir ses chiens de 10 kilogrammes, a employé 40: centigrammes ; nous aurions dû employer 2 et 3 grammes de trypanroth.

Cela peut tenir aussi à la gravité du cas, car ce malade traité par l'atoxvl a eu une rechute qui a été très tenace et n’a cédé qu’à des doses élevées et répétées d’atoxyl.

Atoxyl. — L'atoxyl est un anilide méta-arsénique.

L'eau froide en dissout 17 0/0; sa richesse en acide arsénique s'élève à 37,69 0/0. Tout en étant 40 fois moins toxique que la liqueur de Fowler, il permet d'introduire dans l’organisme une quantité d’arsenic 10 fois plus considérable qu'avec l'acide arsénieux.

Sa faible toxicité semble due à sa lente décomposition dans l'organisme.

Nous nous sommes servi pour nos essais d’une solution au dixième, qui peut se stériliser à l’autoclave. Chaque centimètre cube contient donc 10 centigrammes du médicament. Nous avons d’abord essayé d’injecter 0,50 tous les 15 jours ; puis nous avons

pu donner facilement 1 gramme tous les 8 jours ; dans un cas.

pour aller vite, nous avons donné sans inconvénient : le premier jour 0,50, cinq jours après 1 gramme, cinq jours après 18,50 et ensuite tous les huit jours 1 gramme.

La dose de 1£,50 est certainement voisine de celle qu'ilne faut pas dépasser ; notre malade n° IV a très bien supporté 1,50, tandis que pour le n° V, qui paraissait plus sensible, nous sommes resté à ! gramme.

Les effets du médicament sont très nets chez l’homme: dès le lendemain de l'injection, les trypanosomes disparaissent du sang, mais ils reparaissent les jours suivants, si l’on ne renouvelle pas les doses assez vite; au début du traitement, nous pensons qu’il faut donner le médicament de cinq en cinq jours. puis de huit en huit jours.

Nous avons noté un point intéressant : très souvent, au début du traitement, les malades ont de la fièvre à la suite de l'injection d’atoxyl, puis à l'injection suivante la fièvre est moins vive et, à la troisième injection, elle est à peu près nulle.

On pourrait croire d’anord que cela tient au médicament et qu'il faut que l’organisme s’habitue à l’atoxyl; cela ne doit pas être, car on voit parfois. de la fièvre, alors que le malade est habitué au médicament.

Cette élévation de température paraît plutôt liée à la présence du trypanosome dans les organes et résulter d’une réaction de l’organisme pour se libérer du parasite. Prenons, par exemple, l’observation IV. Il y a très forte élévation de température (40°) après la première injection, puis une moins forte après la deuxième, et les suivantes n’en ont pas; mais on reste 12 jours sans donner de l’atoxyl, la température remonte avant l'injection à 37°,6, on fait à 2 heures l’injection d’atoxyl et à 8 heures du soir le malade a près de 39°; pour les injections suivantes, le malade n’a plus rien. |

L’atoxyl peut, dans certains cas au moins, agir sur les trypanosomes contenus dans le liquide céphalo-rachidien.

Trois de nos malades n’ont plus de trypanosomes dans le liquide céphalo-rachidien.

Ceci est en contradiction avec les observations de Kopke: mais il faut dire que Kopke à étudié des nègres, et il faut dire aussi que les méninges de nos malades étaient perméables, puisqu'il y avait de l’albumine en assez notable quantité dans ce liquide dans deux cas, IT et IIT, et des traces pour le IV.

Kopke, trouvant que les trypanosomes ne disparaissaient pas du liquide céphalo-rachidien, cherche maintenant à compléter sa thérapeutique en injectant dans le canal rachidien des couleurs et de l’atoxyl.

Ganglions et peau. — Très rapidement l'engorgement ganglionnaire disparaît, les rougeurs et les œdèmes diminuent, puis disparaissent, mais après 3 mois notre n° IV à encore de l’æœdème de la face, surtout marqué à la lèvre supérieure.

Les démangeaisons se calment assez vite.

Poids. — Le premier effet de l’atoxyl est de diminuer le poids des malades. Cela s'explique assez facilement : tous nos malades ont été mis au lit dans les premiers jours de leur

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traitement; de ce fait, leurs œdèmes ont diminué ; mais en plus, sous l'influence de l’atoxyl, les œdèmes diminuent rapidement; aussi avons-nous noté une perte de 3 kilogrammes en moyenne dans les huit premiers jours.

Dans la suite, les malades augmentent de poids progressi vement : environ de 1 à 2 kilos par mois.

Douleurs des pieds. — Comme nous l’avons déjà indiqué, chez deux malades, le IT et le ILE, ces douleurs ont été assez intenses pour gêner la marche et plus de 6 mois après le début du traitement elles persistent, mais ne sont plus une cause de gêne fonctionnelle.

Association de l’aioxyl et de la strychnine. — Deux malades n’ont jamais eu que de l’atoxyl, le n° Il et Le n° IV.

Pendant 1 mois nous avons donné de 1 à 6 milligrammes de strychnine au n° III, qui paraît s’en être bien trouvé.

Au n° V, qui était somnolent et apathique, dès le début du traitement, nous avons donné de la strychnine, car le cas était grave, et nous désirions faire profiter le malade de toutes les ressources thérapeutiques. Comme nous l’avons déjà dit, chez ce malade l'amélioration n’est pas frappante comme chez le n° IV qui n'a reçu que de l’atoxyl; il est vrai que la gravité du cas nous oblige à être très réservé dans l’appréciation de ce mode de traitement.

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