‹ Maladies blennorragiques des voies génito-urinairesChapitre 25 sur 79 · COMPLICATIONS CHEZ L'HOMME · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS CHEZ L'HOMME

î. — Œdème préputial.

Sv^TPTô:.IEs ly'œdème du prépuce est une des premières complications qui attire l'attention du médecin, lorsque la phlegmasie uréthrale est intense et que le sujet a le gland habituellement recouvert. Cet œdème est indolore et diffère par sa coloration blanche de la teinte rouge de l'empâtement inflammatoire, qui accompagne les chancrelles et de l'infiltration plastique du chancre syphilitique.

Lorsque cette complication se produit, elle est suivie, presque toujours, d'un phimosis transitoire, n'offrant d'ailleurs aucune gravité.

Traitement Le traitement de l'œdème préputial est très simple.- Il faut conseiller au malade de plonger la verge, plusieurs fois par jour, dans un verre rempU d'eau froide et de procéder à quelques injections sous-préputiales avec une petite seringue chargée d'eau boriquée, également froide. Enfin le pénis sera tenu relevé, autant que possible, pour favoriser la résorption de la sérosité.

Accident a craindre

Un autre accident à craindre, lorsque le gland peut être décalotté, c'est le paraphimosis. Aussi, importe-t-il de recommander au malade, quand il tire le prépuce dans le but de déterger la muqueuse, de recouvrir immédiatement l'organe. Autrement, on risquerait de produire, en arrière de la rainure, un bourrelet œdémateux, dont la réduction offre parfois de sérieuses difficultés.

CHEZ L'H0:SDIE

n. — Balanite et balano-posthlte.

Si la blennorrhagie uréthrale provoque l'œdème de l'enveloppe, assez souvent elle est capable, bien que plus rarement, d'infecter le gland par le contact du pus qui s'écoule du méat. On assiste alors au développement d'une balanite ou d'une balano-posthite.

Cette complication s'observ-e presque exclusivement chez les sujets dont le prépuce recouvre complètement le gland et même le dépasse. Elle est tout à fait exceptionnelle en cas de circoncision.

Au début, le malade ressent des picotements ; bientôt après surviennent, à l'extrémité de la verge, des élancements, suivis d'un écoulement blanc jaunâtre, qui devient de plus en plus abondant, parfois sanguinolent. Si l'on découvre la surface glandaire, on constate que la muqueuse est gonflée et d'un rouge \'ineux. En même temps, le prépuce se boursoufle et s'il est possible de le retirer en arrière, pour faciliter le pansement des parties enflammées, il faut se hâter de le ramener dans sa position première, afin d'é\4ter le paraphimosis. Enfin, sous l'effort de la poussée inflammatoire, on a YVL, dans des cas, heureusement rarissimes, la gangrène envahir l'enveloppe. C'est à la face dorsale que le sphacèle se montre ordinairement. Il peut en résulter une brèche qui laisse d'abord échapper les produits sanieux accumulés sous le prépuce, ensuite une portion plus ou moins notable du gland.

Le traitement varie, suivant que la muqueuse glandaire peut être découverte ou qu'il existe un phimosis.

Dans le premier cas, il suffit de laver, plusieurs fois par jour, les parties malades avec une solution de sublimé à I /2000®, puis, avant de recalotter, de les isoler, avec une petite plaque de coton hydrophile interposée entre le prépuce et le gland.

S'il existait quelques points ulcérés, on les toucherait, au préalable, matin et soir, avec une solution de nitrate d'argent à i /50e.

Lorsque la balano-postliite se complique de phimosis, c'est aux injections détersives et modificatrices qu'il faut avoir recours.

Symptômes

Tr.\itement

I06 COMPWCATIONS DE I^A BI.ENNORRHAGIE

A diverses reprises, dans la journée, on injecte, sous le prépuce, le contenu d'une petite seringue chargée d'eau bouillie, de façon à déterger la muqueuse de la matière sa nieuse qui la recouvre ; puis, quand le liquide revient clair, on pratique, matin et soir, une injection de nitrate d'argent à i/5oe.

Il faut avoir le soin de pousser l'embout de la seringue jusqu'à la rainure balano-préputiale. On risquerait autrement de ne pas laver toutes les parties malades et encore moins de les modifier.

Bien entendu, l'instrument aura d'abord été stérilisé en le faisant bouillir, et dans l'intervalle il sera plongé dans l'eau boriquée.

On continuera ainsi les injections, jusqu'à ce que la sécrétion purulente soit complètement tarie.

Si, à un moment donné, le sujet peut décalotter et si la guérison n'est pas complète, le traitement sera celui du premier cas.

Dans l'hypothèse bien exceptionnelle d'une escarre, on entretiendra la propreté des parties avec des lavages d'eau oxygénée à 1/3, puis après la chute de l'îlot mortifié, il appartiendra au chirurgien de procéder à une circoncision.

Page 1