I. — Lymphangites et abcès des lèvres
Cet accident n'advient guère que chez les femmes qui n'ont aucun souci de la propreté.
On voit alors survenir un gonfl^ement œdémateux des grandes et petites lèvres. Puis celles-ci se recouvrent de traînées rougeâtres, qui les parcourent en divers sens et
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donnent, quand on les palpe, la sensation de cordons durs, moniliformes et douloureux à la pression.
Sous l'influence du repos, des bains de siège ou des grands bains, de l'application permanente de compresses, imprégnées d'eau bouillie ou boriquée tiède, cette lymphangite disparaît rapidement.
Mais si la malade tarde à intervenir et continue à se négliger, une collection purulente risque de se développer dans l'une ou l'autre des grandes lèvres. Quoiqu'il en soit, dès que l'on constate la fluctuation, il faut se hâter d'ouvrir. Autrement des cicatrices vicieuses seraient à craindre.
Après l'évacuation du pus, la cavité sera lavée avec la liqueur de Van Swieten, et la paroi modifiée à l'aide d'une solution de chlorure de zinc à i/io®. Enfin, l'opérateur favorisera le bourgeonnement en maintenant l'ouverture béante, au moyen d'une mèche de gaze iodoformée, que l'on fixera par un bandage en T.
11 ne faut pas confondre l'abcès des grandes lèvres avec celui des glandes de BarthoHn. Ce dernier est plus profond et siège dans le sillon qui sépare les petites lèvres des caroncules myrtiformes.
On commettrait aussi une grosse erreur, en prenant pour un abcès l'œdème dur, qui accompagne si souvent le chancre syphiUtique de la grande lèvre. A part que la fluctuation n'existe pas, on évitera facilement la méprise, en écartant les lèvres l'une de l'autre et en explorant attentivement la partie tuméfiée. Il sera alors très aisé de découvrir, siégeant habituellement à la partie inférieure, une perte de substance, présentant tous les caractères du chancre huntérien.
Diagnostic DE l'abcès