CHAPITRE I
BALANITE
Après les travaux dWstnic, de Hunter, de Desruelle<, ^ Riconl rnfin, pour no citer que les auteurs les plus coddb:. on peut dire que la balanite est aujourd'hui parfaitemet connue. CVst une affection généralement simple et a»a bénigne, et son diagnostic, de même que son traitement, donne rarement de l'embarras an praticien. Cependant, elle n'en a pas moins un certain intérêt, à cause de sa granè fréquence et des quelques complications qu'elle peut présenter. Aussi, bien qu'elle soit plutôt du domaine de la pathologie vénérienne que de la pathologie chirurgicale pi-oprement dite, j'ai cru utile de ne pas la passer complètement sous silence.
La balanite, ai-je dit, est très-fréquente. En etfet, d'après Fournier (1), il sVsl présenté à la consultation de Ricord, à rhôpital du Midi, dans l'espace de trois mois et demi, 66 malades affectés de balanite simple. Toutefois, elle est infmiment moins fréquente que la blennorrhagie, puisque, pour \ cas de balanil»», on observerait 17 cas de blennorrhairie d'après Sigmund (de Vienne), et 24 d'après Fournier.
Causes. -- Toutes les lésions qui affectent quelque naitie du pénis sont susceptibles de déterminer secondairement une balanite. Ainsi, les lésions virulentes, chancres, synhilides, pustules varioliques, les végétations, etc., les lésions Iraumatiques ou inflammatoires. Mais la balanite peut écalement se produire sous l'influiMice de diverses autres causes qui agiss(Mit primitivement, telles que le coït avec des femmes ayant leurs règles ou affectées de leucorrhée ou do catarrhe
(1) Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie* pratiques, article Ba-
LAMIK.
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utérin; le contact de Técoulenient blennorrhagique ; l'usage de topiques irritants, etc. Toutes ces causes, d'ailleurs, agiront d'autant plus sûrement qu'il existera quelque prédisposition, soit constitutionnelle, comme le vice scrofuleux ou le vice herpétique, ou bien organique, consistant en un degré plus ou moins accentué de phimosis. On peut même considérer le phimosis comme la cause de beaucoup plus efficace pour favoriser ou déterminer la production de la balanite. En effet, chez les enfants, qui ont tous ou à peu près un certain degré de phimosis, cette conformation du prépuce suffît pour amener des balanites souvent méconnues, parce qu'elles se produisent très-lentement, sans grande réaction inflammatoire, mais qui favorisent aussi plus particulièrement une complication observée surtout chez les enfants, je veux dire les adhérences du prépuce avec le gland.
Dans tous les cas, on comprend que chez les individus qui ont d'habitude le gland couvert, cet organe soit beaucoup plus sensible à l'action des causes irritantes, telles que l'accumulation du smegma préputial et les autres que nous avons mentionnées.
A ce propos il n'est pas inutile de rappeler, parce que ce fait passe maintes fois inaperçu, que le diabète est souvent une cause de balanite chez les gens à prépuce allongé. Le diabète agirait , en pareil cas , par l'irritation constante qu'exercent sur la muqueuse du gland et du prépuce, soit l'état sucré de l'urine et des sécrétions glando-préputiales, soit les champignons qni se développent dans ces conditions spéciales. Quelques faits isolés ont été publiés par divers observateurs et par moi-même; mais c'est surtout de Beauvais qui, à la Société de médecine de Paris, a attiré l'attention des praticiens sur ce point, dont il a très-bien fait ressortir l'importance (1).
Symptômes. — A son degré le plus simple, la balanite provoque un gonflement assez marqué du gland, en même temps
(t) Gautie des hùjpitaux, 1874, p. 867, 876.
na LBSIOIIS IHPUmiATOIRBS DD PÉKII.
qa'ellf! y délermine une sensation de chaleur int« pagnée de prurit. Dans ces cas, la maladie peut à ta région de la rainure, c'est-à-dire qu'elle compi du K'nnd el la parli<> adjacente du prépuce ; du i portion <U' Ib vergo csl généralement plus intére sommet du gland. Cet organe uhI rouge, luisant ; lium ri'esfolie quelquefois; sa surface exhale un I lin, hiuncliùtre ou jaunâtre : la sécrétion du : activée e( premi une odfur plus dê.'tti^ji-éable. Si C' mation cA abandonnée à elle-mcine, ce^ dirtT^ |ircnnt'nt une iiiten^ilé plus prononcée : la i-uuf« plnuvivo, l'exsudaliun i)lus épaissc, plus colorée enfin. En m6nie teniiis, il se manifeste des exulcéi iju moins étendues, présentant tout k fait l'aspec mis à nu par un vésicatoire. Ces exulcératioiis, qu également ù la face interne du prépuce, sont peut niclèrc le plui) remarquable de la balauite arrivée i degré; elles «ont produites par la chute de l'épit plaques plus ou moins larges qui, en ne réuaissan par occuper presque toute in snri'ace du gland ti ainsi en une plaio unique d'un rouge vineux.
Dans certains cas de liaianile, l'épiderme du glan L'I se détache par lamelles qui ont pu simuler pari rence de fausses membruues.
Le prépuce, surtout à sa face interne, participe sus inflammatoire du gland : il rougît, se gonfle, »' pour peu qu'il y ait du phimosis ; il peut mûme a le méat soit obstrué par suite du développement t'œdcme du prépuce, el cette cireonsliiuee ne fait qi lu situation, car l'urine ajoute Mm irritation à celle
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t vénérien 116:5 très-marquées, ou quand Je malade, alieint ' même légèrement, a commis des imprudences sérieuses.
Formes. — La balanite affecte Je plus souvent la forme aiguë, telle que je viens de la décrire. D'autres fois, par suite de la négligence du malade, ou encore par la persistance de la cause pathologique qui lui a donné naissance, la balanite. bien (jue atténuée, peut ne pas disparaître complètement, rester alors stationnaire presque indéiiuibient, ou reparaître sous forme de rechutes subaiguës qui se renouvellent à de courts intervalles, pareillement à ce qui se produit pour l'herpès chronique récidivant des parties génitales, et cela pendant des mois et des années.
Fournier a décrit une autre forme de balanite, qu'il désigne sous le nom à^inter$titicUe ou profonde^ et que nul auteur n'a exposée aussi nett<*ment. « Cette forme, dit-il, <\st le plus souvent limitée à une portion du ^'land ; elle peut cependant l'envahir tout entier. Dans Je premier cas, elle s*obsei*ve presque exclusivement au niveau du méat urinaire, où le plus ordinairement elle est symptomatique d'une phlegmasie ou d'une ulcération de l'urèthre. Elle se traduit alors par les symptômes suivants ; rougeur vive et induration plus ou moins accusée de Textrémité du gland; boursouflure des lèvres du méat; sensibilité des paities à la pression; queb|uefois excoriations, fissures, érosions superficielles de la muqueuse ; douleurs de miction a>sez aiguës, résultant à la fois et du rétrécissement inflammatoire de l'orifice uréthral et du passage de l'urine sur des surfaces dénuées d'épithélium. Notons incidemment que cette induration phlegmasique du sommet du gland peut en imposer facilement pour un chancre induré du canal. Le diagnostic difTérentiel de ces deux lésions est même parfois très-délicat à établir.
« En d'autres cas bien plus rares, l'inflammation s'étend à toute la muqueuse balanique, et constitue alors une lésion très-curieuse que je n'ai trouvée décrite par aucun auteur. D'après queUpies ras que j'ai observés, voici quel devient
171 USIONS INFLAMMATOIRES DU PtSIS.
l'état det> parties : la maquense slnjeete, s'arboris de points d'un rouge foncé ; ses papilles ee faériu pli^noni^ne le plus important, elle a'indurf en sui toute son étendu*^ ; le gland semble alors coiffé d df calotte de parchemin, qui résiste sous le doigt conitnf If ferait une feuille de parchemin; sa«urfa pal*", chagrinée, sèche, couvert» de lambeaux for a??ez semblable à richthyose ; parfois aussi, notai les points recouverts par le prépuce, elle est bui vasstV, fiillonnép de fissures ou d'ex ulcération s in analogues à celles de la balanite superficielle. Cet tion si singulière de la muqueuse n'est due, suj^ probabilitiS, qu'à des exsudais inOammatoires di sein même des tissus malades. Cette forme de d'après Ricord, s'observerait surtout chez les si Ireux (l).i)
Marche, durée, terminaison. — La balanite est trt sous la dépendance d'états pathologiques divers p une marche bien régulière. On peut dire cependant la plus grande majorité des cas, elle se termine pa lulion sons accidents sérieu-x. Ces derniers ne su ordinairement que lorsque la balanite a été provc une maladie vénérienne et qu'il y a en même temp mosis assez marqué.
Complicationx. — La balanite peut se compliquer leucite. de phimosis, de paraphimosis, etc. Je n'ii pour le moment sur ces afTections, dont j'aurai oci parler ultérieurement. Une complication moins ci
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^^^qni ne s'observent que chez les sujets ayant le gland toujours ^couvert, rendent parfois fort ennuyeuse l'opération du phi- ^ mosis. J'en ai rencontré plusieurs cas chez déjeunes enfants, W et souvent j'ai trouvé cette complication fort laborieuse.
> Diagnostic. — La question du diagnostic de la balanile r présente deux alternatives différentes : le gland peut être déi couvert, ou bien cet organe est inaccessible à la vue. Dans le premier cas, qui est évidemment le plus aisé, on aura à la distinguer des excoriations qui se produisent pendant le coït et qui ne s'accompagnent pas de phénomènes inflammatoires ; des exulcérations que laissent les vésicules d'herpès qui sont par groupes isolés et dont la rougeur vive tranche sur le tissu environnant, libre d'ordinaire de toute inflammation. Toutefois, quand, par suite de la négligence du mfidade, l'herpès a pris une telle extension que les groupes de vésicules sont arrivés à se toucher, il peut, à une période avancée de la maladie, alors que par la rupture des vésicules le gland se trouve à vif sur une assez large surface, présenter fort bien l'aspect d'une balanite très-marquée. Et de fait, c'est bien une balanite qui reste, mais qui a été déterminée par l'herpès et dont les antécédents font aisément reconnaître la nature.
On aura aussi à distinguer la balanite des lésions syphilitiques, telles que chancres, syphilides, qui se présentent sans grande réaction inflammatoire, caractère qui déjà sert un peu à les différencier d'avec la balanite. Le chancre syphilitique a de plus son induration spéciale et le retentissement ganglionnaire qui ne s'observent pas dans la balanite simple. Pour ce qui est des syphilides néiumioins, le diagnostic est plus délicat et il faut beaucoup d'attention, quand par hasard elles se trouvent groupées autour et à la base du gland, pour les distinguer des exulcérations propres à la balanite. La régularité de leur contour, leur coloration moins vive, aident beaucoup à distinguer les plaques muqueuses ; mais il est préférable de «^'appuyer surtout sur les conmiémoratifs pour
"•«"' ««Wn^.,.,,, ,:: ;^^.'*" propret., énJ^^'^^^'U^nte. aI
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l^que qui tend à inudérer beaucoup et abréger même cette l^érlode inflammatoire, c'est Tapplication du nitrate d'argent |jn solution (I à 2 grammes pour 60 grammes d'eau) sur les parties malades ; s'il y a phimosis complet, on inject(»ra le topique entre le gland et le prépuce après avoir fait f)réalablement une injection détersive. Cette pratique recommandée par Ricord et adoptée par la plupart des auteurs est généralement suivie d'un excellent résultat. Les exulcérations seront également touchées, mais très-légèrement, avec le crayon de nitrate d'argent.
Dans les cas d'inflammation excessive, avec étranglement des tissus et menace de gangrène, il faut avoir recours à Tintervention chirurgicale : encore doit-on opérer les débridements nécessaires avec tous les ménagements possibles, parce que dans l'ignorance où Ton est des lésions sous-jacentes, on peut arriver h transformer des incisions en plaies virulentes.
Dans la balanite interstitielle profonde, le badigeonnage des surfaces malades avec la teinture d'iode, répété une ou deux fois par jour, arrive généralement à résoudre i'induralion des parties.
L'érysipAle du pénis se manifeste géDéraleu tlf la pmpagation d'une inllaniniatjon de méi (fponl !«iir les bourses, ou sur la partie înféric ineii, un Mir le haut des cuisses. On voit alo l'iituiK'-r |)ri'si'iiti'r ii'lli' nuiRPur piquetée, l'riysi|ivli- ; elle se Imursimflp, se tuméfie. Qt flaiiniiiitiiin m- poursuit pas sa marche et se d'avoir friiunt^ profondément. D'autres fois elle phli-giiions, {if hi gnn(;rêiie, etc.
La mart'ho, pas plus que le traitement de l'i verjCH, ne pn''si'ntc de particularité spéciale et ce valions qui indiqufint le mieux l'allure de cette conduite à tenir en pareil cas.
Comme exemple d'êrvsipèle'du pénîii, je cite vant, pris dans mon service â la Maison municii
Obs. I.V. Ahtalion d'un cancer du tnlirule. — £ verge. — Gufrhon. — H ; " qui-lijups «nni-es, U eutra vicu un homme iVg^' tic \ingl'trois iins, affecté d'un cane ilont ji? fin l'alilntion. ]>i'U\ jours nprè» surviul h lu face ■ i-uisseï UD i^rysipilii ijui, li' luiuli^maiu, euvaliît l'hjpogi de la \eTgv juHquP sur lu glnnd. Le prépuw détint œdéi luisant, el rén-iiptli' uu tarda pus ■ prendre une forme La verge était eitrùuiemcut douloureuse; toutefois l'te pas à disparaître au l>ou( df queli(ues jours, et il ne m puce ([u'une ploie rirculairc (|ui se cicatrisa sous l'influei inenUbits avec hu linge enduit du ghcfrine.