‹ Maladies chirurgicales du pénisChapitre 66 sur 80 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Le prépuce peut présenter un grand nombre d'anomalies dont quelques-unes offrent un grand intérêt, principalement à cause des accidents qu'elles peuvent déterminer. Je les ai résumées dans le tableau que j'ai placé au commencement de ce chapitre ; je vais les passer en revue dans le même ordre,

ABSENCE nu PRÉPUCE.

Le prépuce manque fort rarement chez les enfants {i) et c'est le plus souvent à la suite de la circoncision ou de l'opération du phimosis que l'on constate pareille difformité. Cependant elle est quelquefois congénitale. Elle laisse ainsi plus ou moins à découvert le gland, qui voit sa sensibilité diminuer ou disparaître, et borne là son influence fâcheuse sur le système génital.

Aussi comprend-on difficilement la nécessité de l'opération que les anciens avaient à cœur de pratiquer pour obvier à cet inconvénient. Je ne dirai pas, comme Richerand, que rien ne peut remédier au défaut du prépuce ; mais j'ajouterai volontiers que rien ne doit remédier à ce vice de conformation ou congénitale ou acquise.

Les anciens avaient des raisons extra-médicales pour prô« ner cette opération. Je vais la rappeler, en peu de mots, à un point de vue purement historique.

Déjà décrite par Celsc et par Paul d'Egine (2), désignée sous le nom de recutiU, cette opération variait selon que le

(!) Richerand, Nosographie chirurgicaliy 181Î, t. IV, p. Si7.

(9) Paul d'Ëgine, traduit par Deflchampw, ohir, fr., LV*ohtp., p. M6.

548 ANOMALIKS DU PÉNIS.

prépuce manquait par vice de conformation congénital a qu'il avait été enlevé par la circoncision.

Dans le premier cas, on tendait la peau des enviroD? ds gland, jusqu a ce qu'elle le couvrît ; puis, on as5ujetlis5âË cette peau au-delà de Textrémité du gland avec un fil. Od incisait circulairement la peau, vers la partie supérieure deli verge, avec la précaution de n'offenser ni lurèthre, ni b vaisseaux qui rampent sur le dos de la verge, ni les corps caverneux. Gela fait, on ramenait doucement la peau vers li ligature, en laissant un vide circulaire à l'endroit de l'incisiôû. On appliquait de la charpie entre les lèvres de la plaie pour y laisser croître des chairs qui pussent remplir cet intervalle ^ qui permissent à la peau de prêter assez pour recevoir le gland. On tenait le prépuce toujours lié jusqu'à ce que la cicatrice fût formée, observant de laisser une petite ouverture pour le passage de Turine.

Cette opération est tombée en désuétude, et ce n'est pa? sans raison ; on avait beau allonger la peau au-delà du gland, on ne pouvait jamais parvenir à lui donner la conformation qui est naturelle au prépuce. J.-L. Petit Ta bien éprouvé : après avoir fait cette opération, avec les précautions indiquées par Celse, il en conçut les plus belles espérances mais elles s'évanouirent au bout de quelques jours. A mesure que la cicatrice se formait, l'intervalle dénué de peau diminuait; le prépuce factice s'étant gonflé formait un bourrelet qui ne cédait point à l'extension, et enfin lendroît de l'incision resta comme étranglé par une cicatrice dure, de sorte que le remède devint pire que le mal même.

A ceux qui avaient été soumis à la circoncision on détachait circulairement la peau de la racine du gland avec le scalpel Ce que Celse prétend n'être pas fort douloureux parce qu'avec la main on peut faire remonter jusqu'à la racine de la verge la peau ainsi détachée, sans grande effusion de sang. Ensuite on retirait cette peau par en bas, jusqu'à ce ou 'elle vînt couvrir le gland. Après avoir fait sur la partie des fomentations avec de l'eau froide, on l'entourait d*un emplâtre

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